Trois ans de probation pour le harcèlement du clown Atchoum

Une résidente de l’Outaouais, coupable de harcèlement envers le clown Atchoum, évite la prison alors que le juge qui a entendu l’affaire lui impose une période de probation de trois ans.

Maude Gaumont a plaidé coupable, cet hiver. Le juge Benoit Gariépy, de la Cour du Québec, a rendu sa décision sur la peine, mardi, au palais de justice de Saint-Hyacinthe.

Mme Gaumont, 29 ans, de Mayo, en Outaouais, bénéficie d’un sursis de sentence. Elle devra suivre certaines thérapies pour gérer ses émotions et ses impulsions. Le tribunal lui interdit aussi d’utiliser les réseaux sociaux sans surveillance, de communiquer avec la victime et de se présenter aux événements auxquels l’artiste participe.

À LIRE AUSSI: Atchoum le clown harcelée par une résidente de l'Outaouais

Le rapport présentenciel décrit Mme Gaumont comme une femme vivant avec des troubles anxieux, et factice.

« Je me suis excusée, dit-elle en entrevue, ajoutant avoir honte de ses gestes. C’est important pour moi. Maintenant, je vais me concentrer sur mes thérapies. »

Acharnement

Atchoum le clown, incarné par Véronique Gagné, est bien connu dans l’industrie du spectacle jeunesse. Les tout-petits et leurs parents le connaissent bien. Mme Gagné prend ces excuses avec un certain recul. « On verra le sérieux de sa démarche dans deux, trois ans. »

Les choses ont tourné au vinaigre lorsque Mme Gaumont a rencontré l’actrice, dans le cadre d’un spectacle. L’accusée, qui a sous sa responsabilité un enfant malade, a eu une « fixation » sur Mme Gagné.

Elle a multiplié les rencontres, assistant à des représentations aux quatre coins du Québec, avec l’enfant, un admirateur du personnage clownesque.

Les communications par messagerie électronique se sont faites harcelantes. Sur la scène, l’artiste apercevait régulièrement la femme dans sa salle de spectacle.

Véronique Gagné dit avoir reçu de faux messages provenant de plusieurs personnages différents. « Ces personnes, dit la victime, c’était elle, et j’ignorais alors que tout cela venait d’elle », confiait Mme Gagné, cet hiver.

Mme Gaumont dit avoir créé huit profils, alors que la Couronne parlait d’une quarantaine, cet hiver.

Les événements se sont déroulés de juillet 2017 à mars 2018.

Mardi, Véronique Gagné disait toujours craindre, par réflexe, sa présence à ses spectacles. Elle est devenue très vigilante lorsqu’elle reçoit des messages de parents.

« Je l’ai entendue s’excuser devant le tribunal, mais elle sait jouer sur l’empathie. Je ne crois pas à 100 % sa sincérité lorsqu’elle s’excuse. Je me demande si elle joue la comédie. »

L’affaire judiciaire s’est réglée à Saint-Hyacinthe, d’où elle a appelé la police pour la première fois.

En entrevue téléphonique, Mme Gaumont explique avoir été intimidée à un plus jeune âge, et d’avoir eu une sorte de comportement surprotecteur envers l’enfant sous sa responsabilité. Elle veut profiter de sa deuxième chance, et dit avoir eu sa leçon, avec la judiciarisation de cette histoire.