Le conseil de quartier de Lairet se mobilise pour convaincre la Ville de construire le garage d’entretien du tramway ailleurs que sur les terrains d’Hydro-Québec de la 41e Rue entre les 1re et 4e Avenues.

Tramway: l’emplacement du garage d’entretien contesté

Le conseil de quartier de Lairet se mobilise pour convaincre la Ville de construire le garage d’entretien du tramway ailleurs que sur les terrains d’Hydro-Québec de la 41e Rue entre les 1re et 4e Avenues. Le choix du site freine les ambitions de ses membres qui y voient la construction d’habitations et l’aménagement d’espaces publics.

«Lorsqu’Hydro-Québec a annoncé l’enlèvement des pylônes, on espérait que les terrains servent à construire autre chose qu’un garage.» Pour le vice-président du conseil, Jean-François Vallée, c’est bien comme ça qu’il faut appeler le centre d’entretien et d’exploitation secondaire du tramway. Peu importe le nom qu’on lui donne. Peu importe la promesse de construire un bâtiment esthétique. Ça restera un immense garage à la limite du quartier.

«Au lieu de faire quelque chose qui peut améliorer le quartier, de voir ça comme une opportunité de développement, paf, on fait une coupure à un endroit stratégique, reproche-t-il à la Ville.»

«Au départ, on nous disait qu’on ne pouvait pas faire d’habitation parce qu’il y a une importante conduite d’eau. On avait alors proposé d’y aménager des espaces publics mixtes comme un parc, un terrain de soccer, des jardins communautaires», poursuit celui qui trouve aujourd’hui curieux que cette même conduite ne nuise pas à la construction du garage pour le projet de tramway.

L’an passé, le conseil adoptait une résolution à l’intention des candidats aux élections provinciales, leur demandant la restitution des terrains. Pour eux, il était prioritaire d’aménager une coulée verte à usage mixte.

D’autres avenues

Julie Poisson est aussi membre du conseil de quartier. L’architecte de formation comprend mal le choix de la Ville. «Un bâtiment fermé de cette dimension, ce n’est pas l’idéal pour l’émergence d’une vie urbaine», lance-t-elle, aussi du fait que l’ensemble des installations occupera tout l’espace d’est en ouest entre la 4e Avenue et la 1re Avenue.

«Il ne faut pas oublier que c’est un quartier résidentiel. On souhaite participer à d’autres solutions avec la Ville. Pourquoi ne pas construire le centre en souterrain, interroge-t-elle. Ou encore, ont-ils songé à retravailler tout le secteur en incluant les Galeries Charlesbourg, situés en face où il y a de grands stationnements qui créent des îlots de chaleur?»

Selon elle, l’emplacement choisi pour le garage va à l’encontre même des grandes orientations de développement urbain. «Il y a eu un colloque sur l’habitation la semaine dernière à Québec. On a parlé des façons de rendre la ville plus attractive. Ce projet ne va pas dans ce sens-là. Il y a comme une contradiction. Je pense qu’il y a moyen de faire autrement que d’occuper les terrains qui pourraient servir à autre chose.»

Coupure anticipée

Julie Tremblay-Potvin, partage l’avis de ses deux collègues. «On craint une coupure du tissu urbain. Pour les piétons qui circulent dans l’axe nord-sud, ça va créer un détour. Dans un contexte de mobilité urbaine, ce n’est pas l’idéal.»

Évidemment, personne n’est contre le projet de tramway et tous savent qu’il faut construire un garage. Cependant, ils estiment que la Ville pourrait pousser sa réflexion un peu plus loin. 

«Nous pensons qu’il serait préférable de construire le garage sur la 41e Rue plus vers l’ouest près de la rue de la Concorde où sont situées les bretelles d’autoroute. C’est un lieu où il n’y a aucun intérêt pour du développement résidentiel ou des espaces publics», souligne Mme Tremblay-Potvin.

Le conseil de quartier souhaite informer les citoyens du quartier des intentions de la Ville pour qu’ils se joignent à la mobilisation. Au cours de l’été, le conseil devrait adopter une résolution qui demande à la Ville de réévaluer son choix d’emplacement.

«Si nous voulons agir, c’est maintenant pendant qu’il est encore temps. Lorsque les plans définitifs seront faits en 2021, il sera trop tard», conclut Mme Tremblay-Potvin.

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«ON EST OUVERT À TOUT REVOIR»

Le président du Réseau de transport de la Capitale (RTC), le conseiller Rémy Normand, a voulu se faire rassurant à la suite des craintes exprimées par le conseil de quartier de Lairet. Il promet de soumettre ses inquiétudes au bureau de projet du tramway pour «trouver la meilleure solution».

«On n’a pas juste en tête les considérations financières. Il y a aussi l’acceptabilité sociale. On fait ce projet-là pour les citoyens. On ne leur rentrera pas ça dans la gorge», a commenté M. Normand lundi en marge du conseil municipal.

L’emplacement choisi pour construire le centre d’entretien et d’exploitation du tramway sur la bande de terrain de la 41e Rue, entre les 1re et 4e Avenues est perçu comme une potentielle «plaie urbaine» qui couperait le quartier Lairet, au sud, de Charlesbourg, au nord.

«C’est un projet de mobilité. On ne fera pas un projet de mobilité qui va empêcher les gens d’être mobiles. On a un tracé de référence qui est la solution optimale. Je veux bien qu’on nous alerte. On va prendre ça et on va le donner au bureau de projet qui travaillera à trouver la meilleure solution. On est ouvert à tout revoir», a précisé le porteur du dossier de réseau structurant de transport en commun.

Il rappelle que sa collègue responsable de l’aménagement du territoire, la conseillère Marie-Josée Savard, présentera une vision d’aménagement de la 1re Avenue qui devra tenir compte des préoccupations des citoyens comme celles liées à la construction du centre d’entretien.

Si M. Normand doute de la construction d’un centre d’entretien en souterrain, parce que trop coûteux, il souligne que l’implantation du centre plus à l’ouest avait été envisagée. Enfin, aucune discussion n’a eu lieu pour un projet qui inclurait un réaménagement du secteur, en y incluant les Galeries Charlesbourg.