La vice-première ministre Geneviève Guilbault
La vice-première ministre Geneviève Guilbault

Tramway à Québec: le gouvernement Legault attendra le rapport du BAPE

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
Le gouvernement Legault attendra le rapport du BAPE, en novembre, avant de reconfirmer son appui au projet de tramway à Québec.

La vice-première ministre du Québec, Geneviève Guilbault, l’a affirmé mardi matin, lors de l’étude des crédits budgétaires ministériels pour la Capitale-Nationale. Le ministre des Transports, François Bonnardel, a renforcé ces propos, quelques heures plus tard.

Députée de la circonscription de Louis-Hébert, située dans le secteur ouest de Québec, Mme Guilbault est aussi ministre responsable de la région.

«Le projet a subi des modifications importantes, dans les dernières semaines. On est en train d’analyser ces modifications, on se doit de faire les choses correctement», a d’abord répondu la ministre Guilbault, à une question du député libéral Enrico Ciccone, porte-parole de son parti pour la Capitale-Nationale.

«Le BAPE [Bureau d’audiences publiques sur l’environnement] déposera son rapport en novembre et le ministère des Transports mène sa propre étude d’achalandage. L’échéancier initial prévoyait une approbation en novembre, alors par respect pour le travail des experts, ça suit son cours, a-t-elle indiqué. 

«Une saine gestion commande une analyse sérieuse et attentive de ces modifications-là, poursuit Mme Guilbault. Oui, un réseau structurant de transport en commun pour Québec est très important. Mais à la lumière des modifications déposées, on doit s’assurer que nos trois conditions initiales pour appuyer le projet sont toujours respectées, c’est-à-dire : la desserte adéquate des banlieues, une connexion avec la Rive-Sud et l'absence de dépassement de coûts», tranche la ministre.

«Il n'y a pas de retard»

Affirmation précisée par son collègue ministre des Transports, lors de l'étude des crédits budgétaires de son ministère, en fin de journée.

François Bonnardel «suit l'échéancier prévu», donc l'appel des propositions s'amorcera «fin octobre, début novembre». «Je sais que le maire [Régis Labeaume] aurait aimé accélérer, mais pour moi, il n'y a pas de retard. On est dans le processus normal», a souligné M. Bonnardel. «Ce projet est immensément important, j'y crois à 150 %. Mais je veux avoir tous les éléments en main», ajoute-t-il.

Le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) ne hâtera donc pas l'octroi des pouvoirs à la Ville de Québec de procéder à l’appel de propositions pour la réalisation des travaux, phase qui prend de 12 à 14 mois. Ce qu'avait pourtant demandé l'administration du maire Labeaume.

Cet échéancier forcera le projet de réseau structurant de transport en commun à être soumis à l'échéance électorale municipale de l'automne 2021.

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La séance d'une heure et demie d'études des crédits de la Capitale-Nationale a été presque entièrement consacrée aux questions de transport. Tramway, mais aussi troisième lien, port et pont de l'île d'Orléans étaient au menu des partis d'opposition, représentés par M. Ciccone (Parti libéral), Gaétan barrette (Parti libéral), Sol Zanetti (Québec solidaire) et Pascal Bérubé (Parti québécois).

Détails du troisième lien, «ça s'en vient»

La ministre Guilbault indique que les plans, coûts et détails du projet de troisième lien routier entre Québec et Lévis, «ça s'en vient». Même que sans la pandémie de COVID-19, la présentation au public serait sans doute déjà faite, ajoute-t-elle.

Le député péquiste Bérubé lui a demandé à répétition si elle connaît le montant global du projet, sans même avoir à le dévoiler. Mais la ministre Guilbault s'en est tenue à redire que cette information sera dévoilée «en temps et lieu».

Le ministre Bonnardel a pour sa part admis ne «pas [avoir] le coût total présentement de ce futur tunnel Québec-Lévis».

Les libéraux ont aussi soulevé que la loi 26 sur le Réseau structurant de transport en commun de la Ville de Québec, sanctionnée en juin 2019, oblige le gouvernement à «rendre public un rapport sur l’état d’avancement de ces travaux, à chacune de ces dates, quant au respect de l’échéancier et du budget». Deux fois par année, au plus tard 45 jours après le 30 mars et après le 30 septembre. Ce qui n'a pas encore été fait.

Il n'est toutefois pas clair si cette obligation s'applique à l'ensemble du projet, comme le croit le PLQ, ou juste à sa phase de réalisation, comme le croit le gouvernement.

«Une croix sur le tracé plus à l'est»

Chose sûre, le gouvernement de la CAQ a «mis une croix sur le tracé [initial] plus à l'est» d'un tunnel routier entre Québec et Lévis et «se concentre sur le plus récent tracé» reliant les deux centres-villes, assure M. Bonnardel, aux Transports.

L'année de livraison d'un nouveau pont reliant Québec à l’île d’Orléans demeure fixée à 2027. Mais la mise en œuvre du projet de loi 61, bloqué par les oppositions en juin, pourrait permettre d'accélérer le projet, selon Mme Guilbault, ministre responsable de la région.

Quant aux projets de terminal de conteneurs du port et de déménagement du Salon de jeux situé à Fleur de Lys, dans les deux cas, la CAQ attend un rapport avant de se faire une tête sur la question. De la part de l'Agence d'évaluation d'impact du Canada pour Laurentia et de la part de Loto-Québec pour le Salon de jeux.