Egan Bernal est devenu le premier Colombien à remporter les grands honneurs.

Tour de France: Bernal vainqueur, Alaphilippe héros

PARIS — Un Tour de France mémorable a couronné Egan Bernal qui, à 22 ans, est devenu le premier vainqueur sud-américain de la plus grande course cycliste, sur les Champs-Élysées.

Le Colombien à l’instinct meurtrier sur la route s’est avéré le plus fort des 176 coureurs qui ont pris le départ à Bruxelles, le 6 juillet.

Depuis 2012, la plus riche et la plus puissante équipe du peloton n’a laissé échapper qu’une seule fois la victoire (en 2014). Elle a poursuivi sa série, même sans aligner son numéro un, Chris Froome, victime cette année d’une grave chute à la mi-juin.

«On ne peut pas faire mieux que premier et deuxième», note le patron de l’équipe, Dave Brailsford, à propos du doublé réalisé par Egan Bernal et le Gallois Geraint Thomas (2e à 1 min 11 s), le vainqueur de 2018. Mais, à l’évidence, la concurrence s’est rapprochée. Pour gagner, l’équipe britannique a dû changer de stratégie. Et tenir compte du rendement moindre de plusieurs de ses cadres (Kwiatkowski, Moscon).

Comme le veut la tradition, la dernière étape a été lancée à un rythme protocolaire, dans la joie.

Parlant en français avant le départ, Bernal a remercié «la France, pour l’organisation de la plus belle course au monde. C’est la plus grande victoire de ma vie.»

Les coureurs ont parcouru 3336 km, lors du Tour le plus captivant depuis des décennies.

Les supporteurs colombiens faisaient la fête bien avant que les 155 coureurs restants s’élancent pour la 21e et dernière étape à Rambouillet, à l’ouest de Paris.

Mais la multitude de fans français qui ont longé les routes de la Grande boucle, à travers l’est, le centre et le sud de la France, et dans les Pyrénées et les Alpes, se trouvaient devant un dénouement doux-amer.

Le Colombien de 22 ans Egan Bernal est le premier Sud-Américain à remporter le Tour de France.

Emballés par les Français

Ils ont été emballés par les coureurs français Julian Alaphilippe, qui a mené pendant 14 jours, et Thibaut Pinot, qui a remporté le premier des sept sommets se concluant à plus de 2000 mètres d’altitude, lors du Tour le plus élevé de l’histoire à ce chapitre.

Mais la joie s’est transformée en douleur lorsque leurs chances de devenir le premier vainqueur de la France depuis 1985 ont été cruellement anéanties, au fil de la dernière semaine.

Alaphilippe a enfilé le maillot jaune une première fois au terme de la troisième étape. Il l’a perdu dans la sixième tranche, mais l’a repris deux étapes plus tard. Il symbolise finalement ce Tour dont il a porté 14 jours durant le maillot jaune.

«C’est lui qui a allumé la mèche», relève Prudhomme, séduit par l’audace et la simplicité du numéro un mondial. «Il a changé la course», affirmait Brailsford avant les Alpes.

Le Français, cinquième finalement après avoir flanché dans les deux dernières étapes de montagne, avoue finir «au bout du rouleau». Qu’importe, il a «vécu une expérience inoubliable» durant trois semaines dingues qui vont marquer sa carrière et le public.

Alaphilippe est resté en contrôle dans les Pyrénées et à l’entrée des Alpes où Bernal a frappé, ayant grandi en altitude et se voyant à l’aise dans les hauteurs.

Le Colombien a fracassé le peu d’écart qui le séparait du meneur dans la 19e étape, prenant même une bonne avance.

Une tempête de grêle a ensuite stoppé la Grande boucle. Comble de malheur, Pinot a abandonné la course en larmes, s’étant déchiré un muscle de la cuisse gauche.

Le champion en titre Geraint Thomas a mis à profit la dernière montée pour consolider sa deuxième place, donnant un doublé à l’équipe Ineos.

La troisième position a été l’affaire du Néerlandais Steven Kruijswijk, régulier comme un métronome.

Les Canadiens Michael Woods et Hugo Houle ont terminé la 20e étape aux rangs 32 et 91, respectivement.

De façon remarquable, aucun coureur parmi les trois premiers n’a remporté d’étape. Alaphilippe, cinquième, en a remporté deux.

«J’ai laissé ma peau sur ces routes ces dernières semaines», a dit Alaphilippe, cité par L’Équipe.

Au lieu d’une célébration en bleu-blanc-rouge, les couleurs à l’honneur étaient plutôt le bleu-jaune-rouge, celles de la Colombie.

C’était «le Tour le plus beau» de ces dernières années pour Christian Prudhomme, le directeur de la Grande Boucle. «Le plus excitant», pour Dave Brailsford.  Avec AFP

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CLASSEMENT GÉNÉRAL FINAL

1. Egan Bernal (Ineos)

82 h 57:00

2. Geraint Thomas (INE)

à 1:11 du meneur

3. Steven Kruijswijk (JUM)

à 1:31

4. Emanuel Buchmann (BOR)

à 1:56

5. Julian Alaphilippe (DEC)

à 4:05

6. Mikel Landa (MOV)

à 4:23

7. Rigoberto Uran (EF1)

à 5:15

8. Nairo Quintana (MOV)

à 5:30

9. Alejandro Valverde (MOV)

à 6:12

10. Warren Barguil (ARK)

à 7:32

11. Richie Porte (TRE)

à 12:43

12. Guillaume Martin (WGG)

à 22:08

13. David Gaudu (FDJ)

à 24:03

14. Fabio Aru (UAE)

à 27:41

15. Romain Bardet (ALM)

à 30:28

32. Michael Woods (EF1)

à 1 h 21:00

56. Tony Gallopin (ALM)

à 2 h 03:00

60. Thomas De Gendt (LOT)

à 2 h 10:33

82. Peter Sagan (BOR)

à 2 h 44:24

91. Hugo Houle (AST)

à 2 h 56:11