Thomson Reuters supprimera 12% de son effectif mondial

MONTRÉAL - Le groupe de médias américano-canadien Thomson Reuters a annoncé mardi la suppression d’ici deux ans de 3.200 emplois dans le cadre d’un plan de restructuration entraînant la fermeture de 30% de ses bureaux dans le monde.

Cette agence d’information financière et généraliste a expliqué lors d’une conférence aux investisseurs à Toronto que ces réductions de postes devaient toucher 12% de sa main-d’oeuvre.

L’objectif est de réduire la présence mondiale de l’agence pour opérer en 2020 dans seulement 133 villes.

«La majorité des employés (concernés) ont déjà été informés» de ces mesures, a indiqué à l’AFP un porte-parole de l’entreprise, David Crundwell.

Thomson Reuters vise parallèlement une croissance annuelle de 4,5% en 2020, contre 3,5% actuellement, avec une simplification de son offre commerciale et une augmentation de son nombre de clients.

L’entreprise, basée à Toronto, veut ramener ses dépenses de capital à hauteur de 7 à 8% de son chiffre d’affaires en 2020, contre 10% actuellement.

«Thomson Reuters cherche continuellement à diriger ses opérations mondiales avec plus d’efficacité. Cette approche disciplinée comprend parfois des changements dans le personnel, ou autres, afin d’ajuster nos ressources internes avec les besoins de nos clients dans un environnement concurrentiel», a relevé le porte-parole.

Mi-novembre, l’agence de presse Reuters News --spécialisée dans l’information générale et qui représente 6% du chiffre d’affaires du groupe-- avait confirmé une réorganisation de ses bureaux européens se traduisant par des suppressions de postes, notamment dans les services qui produisent en deux langues en Italie, en Allemagne et en France.

Ces annonces interviennent en pleine transformation du groupe. Il vient de céder au fonds d’investissement Blackstone sa division «Financial and Risk», qui comprend les terminaux financiers et les données de marché les alimentant, afin de se réorienter vers le conseil juridique et fiscal ainsi que l’information.

Dans le cadre de cette transaction, Blackstone doit verser chaque année, et durant 30 ans, 325 millions de dollars à Reuters News, qui lui fournira en échange ses informations.

Les marchés financiers saluaient ce plan de restructuration: le titre de Thomson Reuters gagnait 1,17%, à 50,40 dollars, vers 18H30 GMT aux bourses de Toronto et de New York.

Reuters News est l’une des trois grandes agences de presse mondiales, aux côtés de l’Agence France-Presse (AFP) et de l’Américaine Associated Press (AP). Ces médias alimentent en informations leurs clients -journaux, magazines, télévisions, radios- qui sont durement frappés par l’érosion du lectorat et la chute des revenus publicitaires.

Début octobre, l’AFP avait annoncé un projet de suppression nette de 125 postes sur cinq ans (5% des effectifs), dans le cadre d’un «plan de transformation» qui vise à ramener le résultat net de l’entreprise à l’équilibre en 2021.