La ministre canadienne des Affaires étrangères Chrystia Freeland a été sacrée diplomate de l'année par la revue Foreign Policy. Elle a reçu le prix des mains de la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, accompagnée de Jonathan Tepperman, mercredi soir à Washington.

Surtaxes américaines: «illégales et absurdes», dit Freeland

WASHINGTON — La ministre canadienne des Affaires étrangères était à Washington mercredi, notamment pour dénoncer les surtaxes «illégales et absurdes» de l’administration Trump sur l’acier et l’aluminium. Chrystia Freeland a réitéré l’opposition du Canada aux tarifs douaniers après une rencontre avec les membres de l’influent comité des affaires étrangères du Sénat américain.

Mme Freeland est la première politicienne canadienne à mettre les pieds à Washington après les attaques personnelles de l’administration Trump contre Justin Trudeau, la fin de semaine dernière, à l’issue du sommet du G7 de La Malbaie.

La ministre est restée au-dessus de la mêlée en ce qui concerne la guerre de mots, mais elle n’a pas hésité à dénoncer l’utilisation de la clause 232 de la loi américaine sur le commerce pour justifier les tarifs. Cette section de la loi concerne la sécurité nationale des États-Unis. Une justification que Mme Freeland a qualifiée de «franchement absurde».

Mercredi soir à l’occasion d’un discours important sur la politique étrangère, la plus haute diplomate du Canada a élargi le spectre avec une vaste défense d’un aspect auquel M. Trump accorde très peu d’attention — le cadre de règles internationales que les États-Unis ont contribué à créer après la Seconde Guerre mondiale.

Mme Freeland a affirmé à une foule de diplomates, d’universitaires et de politiciens, à quelques pas de la Maison-Blanche, qu’elle prend conscience que certains Américains ne croient plus que l’ordre mondial les sert d’une façon ou l’autre, bien qu’ils aient participé à sa création et «signé les plus grands chèques» pour le soutenir.

«Nous constatons cela de la manière la plus évidente dans les tarifs de l’administration américaine sur l’acier et l’aluminium canadiens», affirme la ministre dans le texte de son discours d’acceptation pour le prix de la diplomate de l’année remis par le média Foreign Policy.

«[Ces tarifs] sont un exemple clair des États-Unis mettant leur doigt sur la balance, en violation précisément des règles qu’ils ont contribué à écrire», a-t-elle ajouté.

Mme Freeland a argué que les Nations unies, la Banque mondiale, l’Organisation mondiale du commerce et d’autres institutions mondiales créées en 1945 n’ont jamais été parfaites, mais qu’elles demeurent les gardiennes de valeurs démocratiques libérales en une ère où le populisme et l’autoritarisme «sont en marche» en Russie, en Chine, au Venezuela et ailleurs.

«Nous savons tous que nous serons plus forts avec les États-Unis dans nos rangs — et même au premier rang. Mais peu importe ce que le choix de ce grand pays sera — laissez-moi indiquer clairement que le Canada sait où il loge», a affirmé la ministre.

Dans son discours, Mme Freeland n’a jamais mentionné M. Trump par son nom.