Beenox a eu le mandat de «réimaginer» le célèbre jeu Call of Duty : Modern Warfare.

Studio Beenox: la nouvelle vie de Modern Warfare [VIDÉO]

Depuis qu’il a embarqué dans le train de la franchise Call of Duty en collaborant à Black Ops 3, sorti en 2015, Beenox n’a pas chômé. Le studio de Québec a dévoilé vendredi le fruit de sa participation au tout nouveau Call of Duty : Modern Warfare, une quatrième collaboration à la populaire série de jeux de tir à la première personne.

Il y a deux ans, l’entreprise avait contribué à remastériser Call of Duty 4 : Modern Warfare, un jeu qui avait marqué les esprits il y a plus de 10 ans. Cette fois, il ne s’agit ni d’une suite aux trois premiers titres de la série Modern Warfare, mais bien d’une «réimagination» de l’univers du premier jeu, où les adeptes retrouveront des visages familiers, comme le capitaine John Price. «On traite d’un conflit géopolitique moderne qui va impliquer les États-Unis, la Russie et des pays du Moyen-Orient. Ce qui est important de comprendre, c’est que l’histoire ne tente pas de dresser un portrait noir ou blanc d’une réalité. Dans la guerre, tout est en tons de gris, on veut créer une histoire moralement complexe», a décrit Thomas Wilson, directeur créatif et codirecteur du studio. 

C’est un autre studio californien d’Activision, Infinity Ward, créateur original de la série Call of Duty, qui a agi comme développeur principal. Beenox est venu en appui pour réaliser la version PC, destinée aux ordinateurs. Le studio a aussi eu comme mandat de rendre possible le support du clavier et de la souris sur console, pour ceux qui préfèrent cette méthode de jeu à l’utilisation d’une manette. 

Ces développements sont d’ailleurs en lien avec une nouveauté importante, celle du jeu interplateformes. Pour une première fois, le mode multijoueurs de Call of Duty permettra à des joueurs de différentes plateformes, ordinateurs et consoles, de jouer dans une même équipe. 

«C’est un bon défi, faire en sorte que tous ces appareils se parlent, explique Thomas Wilson. Il faut s’assurer que l’expérience soit agréable pour tout le monde. Il peut y avoir la perception que quelqu’un qui a un clavier et une souris a plus de chance de réussir que quelqu’un qui a une manette, mais en fait c’est faux. Tout ce qui compte, c’est l’habileté du joueur.»

L’esthétique de Call of Duty : Modern Warfare repousse encore un peu plus les limites du réalisme dans les jeux vidéos. Marc-Alexandre Milot, directeur de jeu, a présenté quelques caractéristiques du nouveau produit aux médias. Au rayon des principales améliorations : la vision de nuit, qui a été repensée pour imiter au plus près possible le fonctionnement de vraies lunettes de vision nocturne. L’utilisation de la photogrammétrie, une technique qui permet de photographier un objet sous tous ses angles pour l’intégrer dans l’environnement du jeu, a grandement amélioré le réalisme. «Ça permet en peu de temps d’avoir des textures vraiment authentiques, qui auraient pris un temps fou à créer par nos artistes», a expliqué le directeur de jeu. 

Utilisation de drones, capture de mouvements sur des acteurs en chair et en os, «rien n’est laissé au hasard» dans ce genre de mégaproduction, a relaté Marc-Alexandre Milot. «On veut vraiment que les joueurs ressentent beaucoup d’émotions dans les visages des personnages, comme dans un film d’action», a-t-il ajouté. 

Ce genre de jeu hyperréaliste contraste avec le dernier né de Beenox, Crash Team Racing Nitro-Fueled, un jeu de course avec une esthétique de dessin animé. «Je dis souvent à la blague que Beenox est un studio Mini-Wheats, avec un côté nutritif et bon goût et un petit côté givré et sucré», lance Thomas Wilson en riant.