Jeudi matin, donc, nous avons retrouvé la troupe de l’officière de plongée Marie-Pierre Lessard à la station touristique Duchesnay, une propriété de la Société des établissements de plein air du Québec (SÉPAQ).
Jeudi matin, donc, nous avons retrouvé la troupe de l’officière de plongée Marie-Pierre Lessard à la station touristique Duchesnay, une propriété de la Société des établissements de plein air du Québec (SÉPAQ).

Station touristique Duchesnay: une pêche aux déchets qui donne de l’espoir [PHOTOS ET VIDÉO]

Baptiste Ricard-Châtelain
Baptiste Ricard-Châtelain
Le Soleil
Il y avait des détritus de toutes sortes dans leurs besaces : des bouteilles et canettes de bière, bien sûr ; des contenants en plastique ; un petit drapeau ; une bouée ; deux casquettes ; des lunettes fumées ; un poignard de bonne dimension ; une serviette ; une ancre… Tout ça repêché au fond du lac Saint-Joseph.

C’est maintenant une tradition : depuis trois ans, l’équipe de plongeuses de l’Aquarium du Québec sort des bassins à poissons de la capitale pour une journée de nettoyage aquatique en nature. Après deux visites à la plage du lac Saint-Joseph — où la récolte a été faste — c’était le temps de changer d’air. 

Jeudi matin, donc, nous avons retrouvé la troupe de l’officière de plongée Marie-Pierre Lessard à la station touristique Duchesnay, une propriété de la Société des établissements de plein air du Québec (SÉPAQ). Là, près de la petite plage et des quais, neuf volontaires se sont lancés à l’eau afin d’accomplir un petit geste environnemental.

Et puis ? Pour avoir assisté à la première corvée, en 2018, le butin de cette année semblait menu. Voilà qui est positif ! s’est néanmoins réjouie Mme Lessard. «On est content de ne pas trop en ramasser.»

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Pardon ? Le but de l’exercice n’est-il pas justement d’en récupérer en quantité, comme les quelque 500 livres [227 kilos] de l’édition 2019 ? «C’est encourageant de voir qu’il n’y a pas tant de déchets que ça et que ceux qu’on trouve sont plutôt anciens que nouveaux.» 

Voilà un signe que les messages sur la protection de l’environnement, des plans d’eau, font leur chemin dans la psyché collective, analyse Marie-Pierre Lessard.

Car l’eau a souvent fait office de dépotoir pour l’humain… «Ce n’est pas parce qu’un déchet est rendu sous l’eau, qu’on ne le voit plus, qu’il n’existe plus.»

Le bilan 2020 : 190 livres [86 kilos], incluant une grosse ancre métallique.

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«Ne brisez pas les bouteilles!»

C’était durant le breffage de sécurité, en matinée. Christian Saint-Pierre, plongeur d’expérience propriétaire de la Scubathèque, a pris la parole devant l’équipe de l’Aquarium du Québec. Il a évoqué la profondeur, la visibilité, le danger des bateaux, pointé les zones à explorer… Puis il a saisi un livre sur les bouteilles de verre. C’est à ce moment qu’il a demandé aux plus jeunes de faire preuve de doigté : «Certaines valent vraiment cher !»

Parmi la dizaine de plongeuses présentes, sa passion était déjà connue. Un rire a d’ailleurs accueilli l’ultime mise en garde.

Aussi, au retour des troupes sur la terre ferme pour le dîner, M. Saint-Pierre a eu l’air d’un enfant dans un magasin de bonbons. Toujours dans l’eau, accoté au quai, il feuilletait sa bible de la bouteille à la recherche de l’histoire et de la valeur des plus anciennes récoltées par ses acolytes. 

Celle-là, c’est une bouteille de lait américaine qui se vendrait entre 75 $US et 100 $US si le dessin n’était pas effacé, jaugeait-il les yeux émerveillés. Les plus beaux spécimens de l’autre, ayant peut-être contenu des cornichons, sont évalués à 1000 $US, 2000$US… mais pas celle qu’il a en main sur laquelle n’était pas gravée la recherchée cathédrale. Une autre a dû contenir du gin il y a fort longtemps.

Que va-t-il faire de son butin ? En garder, en donner. Il donne, ne vend pas. Le militaire retraité s’amuse.

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Mission 100 tonnes

Sur les quais de la station touristique Duchesnay, nous avons croisé Jimmy Vigneux, cofondateur de la Mission 100 tonnes.

L’initiative québécoise a germé en 2018. Cette année-là, la cible était de 10 tonnes de déchets récupérés dans les océans, dans les cours d’eau. Trop facile ! Il a fallu 75 jours pour y arriver. «On a atteint l’objectif super rapidement, alors on a relancé avec un nouvel objectif : 100 tonnes.»

Selon le site Web de l’organisation [https://www.mission100tonnes.com/], plus de 81 tonnes auraient été repêchées jusqu’à maintenant, notamment durant les activités pilotées par l’Aquarium de Québec.

D’autres infos sur Facebook : www.facebook.com/mission100tonnes/