Bianca Cordeau est prête à prendre la route cet été avec son unité mobile de distribution d’eau potable.
Bianca Cordeau est prête à prendre la route cet été avec son unité mobile de distribution d’eau potable.

Station Boire: un bar à eau prêt à prendre la route

Une nouvelle PME de Granby veut rendre l’eau potable accessible à tous lors des festivals, concerts et rassemblements sportifs. Sa solution : un bar à eau mobile, réfrigéré, polyvalent, qui permet de désaltérer jusqu’à 1800 personnes à l’heure. Une façon écologique de réduire la vente de petites bouteilles d’eau de source en plastique à usage unique.

En développement depuis l’an dernier, le bar à eau de la Station Boire sera prêt à prendre la route cet été, a affirmé lundi l’entrepreneure à l’origine du projet, Bianca Cordeau.

« C’est accessible autant pour les événements qui ont accès à l’eau potable — une source d’aqueduc—, qu’à ceux organisés, par exemple, dans un parc où il n’y a pas d’accès à l’eau », relève Mme Cordeau.

L’unité mobile s’adapte aux circonstances. Sa réserve d’eau potable interne est de 1000 litres.

« Souvent, il y a de l’eau sur les sites, mais il n’y a pas de façon de la distribuer. Des bouteilles d’eau sont vendues parce que même s’il y a un ou deux abreuvoirs dans un parc, comme le parc Daniel-Johnson à la Saint-Jean-Baptiste, ce n’est pas suffisant pour la quantité de gens présents. Le bar à eau est fait pour ça : désaltérer un grand nombre de personnes en très peu de temps », ajoute celle qui est également agente immobilière.

Bianca Cordeau affirme avoir eu l’idée de développer Station Boire après avoir observé l’existence de concepts similaires lors d’événements. Mais il y avait toujours une file d’attente devant les unités de distribution d’eau potable, raconte-t-elle.

D’où son désir de trouver une façon de faciliter l’opération. Selon la Granbyenne, son bar à eau, avec ses huit robinets latéraux, permet de servir huit personnes à la fois. Remplir une bouteille de 500 ml prend moins de quatre secondes.

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT

Bianca Cordeau a ainsi passé les derniers mois à développer, améliorer et peaufiner son concept d’unité mobile de distribution d’eau potable.

« Un des volets qui a représenté un défi, c’est l’électricité. Souvent, les autres équipements qu’on a vus sur le marché demandaient un branchement à l’électricité. Notre bar à eau fonctionne avec des panneaux solaires. Il peut être autonome durant quatre jours, sans branchement à l’électricité. Et l’eau reste fraîche », souligne la propriétaire de l’entreprise.

L’investissement est qualifié « d’important », mais la jeune femme d’affaires préfère taire le montant.

Bianca Cordeau affirme être actuellement en discussion avec les organisateurs d’événements de toutes sortes, prévus autant dans la région qu’ailleurs dans la province.

« Les organisateurs essaient de voir comment ils peuvent intégrer ça. Souvent, les gros événements ont déjà des contrats avec les distributeurs de bouteilles d’eau. Plusieurs veulent faire la transition, mais ils doivent respecter les contrats déjà conclus et attendre qu’ils se terminent. Les autres feront le virage tranquillement », fait-elle valoir.

Il n’en coûte pas un sou aux festivaliers ou autres participants de divers rassemblements pour remplir leur gourde. Ce sont les organisateurs d’événements qui assument les coûts de location de l’unité mobile. La facture varie selon divers facteurs, dont la durée des festivités, ainsi que la présence ou non d’une source d’eau potable, souligne Bianca Cordeau.

Les organisateurs peuvent en outre utiliser l’unité mobile pour effectuer de l’affichage média, glisse celle dont les bureaux de l’entreprise logent à l’Usine 231, rue Saint-Charles.

VIRAGE

S’il n’en tient qu’à Bianca Cordeau, Station Boire sera sur la route tous les week-ends cet été. « Mon objectif à long terme, ça serait que tous les événements aient un bar à eau et que ça devienne naturel, que les festivaliers le demandent », dit-elle.

Pour l’heure, Station Boire compte un seul bar à eau mobile. Mais ce nombre pourrait être appelé à grimper à court et moyen terme, si la demande est au rendez-vous.

« C’est un projet qui me tentait, qui m’allumait. Il faut prendre le virage. Pourquoi on achète des bouteilles d’eau ? C’est parce qu’on n’a pas l’outil pour rendre l’eau accessible et c’est ce qu’on a voulu faire », conclut Bianca Cordeau.