Michael Goulian

Spectacle aérien international de Bagotville: des pilotes civils qui méritent l'attention

SAGUENAY — Alors que l’attention est tournée vers les Snowbirds, les vols de démonstration du F-35 et du CF-18, d’autres pilotes acrobatiques civils méritent notre attention lors du Spectacle aérien international de Bagotville (SAIB).

Notons la présence de Michael Goulian et de Mike Tryggvason qui s’exécuteront tour à tour samedi et dimanche au-dessus de la piste principale de la base aérienne de Bagotville, à Saguenay. Ces deux pilotes se démarquent par leur capacité de réaliser des acrobaties avec des avions à hélice. Des performances qui n’ont rien à voir avec les séquences synchronisées comme celles des Snowbirds ou les démonstrations de vitesse et de bruit comme celles du CF-18 Demo ou du F-35. Mais qui valent la peine d’être vues...

Michael Goulian, le vétéran

Pour une première fois en sol québécois, l’Américain Michael Goulian foule le tarmac de la base de Bagotville et émerveillera sûrement les spectateurs du SAIB. «C’est fantastique! Je suis déjà allé à Toronto et à London [Ontario], mais jamais au Québec.»

D’une gentillesse exemplaire, M. Goulian explique au Soleil que pas plus tard que mardi dernier, il participait en Russie à une étape de la série Red Bull Air Race, qu’il a intégrée en 2006. En 2018, il a terminé troisième au championnat des pilotes — sa meilleure marque depuis ses débuts — et présentement, il est troisième au classement. 

«C’est tellement compétitif! Les temps peuvent être aussi serrés que par des centièmes de secondes pour déterminer le gagnant d’une course», dit-il. 

«Pour ce genre de discipline, ça prend beaucoup d’habileté, d’expérience et... d’humanité», ajoute le pilote de 50 ans. «J’ai fait mon premier solo à l’âge de 16 ans!»

Avec son Extra 300SC qu’il utilise pour les spectacles aériens, il peut fait des manœuvres qu’il ne pourrait pas faire avec son Zivko Edge 540 qu’il utilise dans les Red Bull Air Race. «Après trois minutes de vol à fond la caisse dans le Zivko, le moteur surchauffe. De toute façon, cet avion est spécialement équipé pour faire du Red Bull Air Race, avec ses capteurs et tout.»

Il s’exécutera entre 0 et 4000 pieds avec l’Extra, au grand plaisir des spectateurs. 

Michael Goulian vit à temps plein de la voltige aérienne : «50 % les spectacles et 50 % les Red Bull Air Races», ajoute-t-il. Cette année, il participe à 12 spectacles aériens et 8 étapes de la série de Red Bull.

Mike Tryggvason, le jeune

Étant l’un des plus jeunes pilotes dans le circuit des spectacles aériens, le Canadien Mike Tryggvason, 33 ans, cumule au-delà de 6000 heures de vol. 

Pas étonnant, car le jeune pilote travaille vole sur des Airbus A320 — pour une compagnie aérienne dont il tient à taire l’identité — dans la «vie de tous les jours».

À bord de son avion Giles 202, Mike Tryggvason exécute un spectacle d’une durée de huit minutes durant lequel il peut encaisser jusqu’à + 7 G et - 4 G. Cet avion est certifié pour un maximum ± 10 G.

Très jeune, il a été inspiré par les spectacles aériens et il souhaite transmettre sa passion aux plus jeunes que lui. «Après ma performance, il me fait toujours plaisir de raconter mon parcours et dire comment devenir pilote», dit-il.

Il a aussi la chance d’être un ami du premier et seul pilote canadien du Red Bull Air Race, Pete McLeod. «En 2006, j’ai travaillé dans les compagnies aériennes de brousse des parents à Pete. C’est là que je l’ai connu avant qu’il fasse des spectacles aériens et qu’il devienne pilote du Red Bull Air Race.»

Par ailleurs, Mike Tryggvason a fait ses études comme ingénieur à l’Université Western Ontario. «Lorsque j’étais aux études, j’étais à l’université l’hiver et je volais l’été. Ç’a été très instructif!»

La «danseuse du ciel» n’y sera pas

Jeudi matin, Le Soleil a appris qu’Anna Serbinenko, alias The Sky Dancer, n’a pas pu partir de Vancouver — où elle réside — jusqu’au Saguenay. La météo n’était pas de la partie. 

«Le plafond dans les Rocheuses était trop bas. Contrairement aux Prairies où on peut voler plus bas, on ne peut pas faire ça dans les Rocheuses. Ni voler trop haut, je n’ai pas un avion qui peut voler à 35 000 pieds!» explique-t-elle.

Son spectacle aurait été différent de ce qu’on est habitués de voir dans les spectacles aériens. Elle exécute une séquence qui tient plus du ballet aérien sur l’Ave Maria. «Je vole des vitesses plus basses à la limite du décrochage», dit-elle. Elle pilote un American Champion Decathlon qui vole à une vitesse moins rapide que l’Extra 300SC de Goulian ou le Giles 202 de Tryggvason.

Bon an mal an, Mme Serbinenko participe à une douzaine de spectacles aériens. Cette année, elle n’en fera que trois, car son école de pilotage a obtenu le contrat de donner le cours de pilote privé à 24 cadets de l’aviation qui ont obtenu une bourse de pilotage motorisé.

Dommage qu’elle n’a pas pu venir au Saguenay, Anna Serbinenko, Ukrainienne d’origine, s’exprime très bien en français. Elle aurait fait un tabac ici.

Mike Tryggvason

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DES NAVETTES EN DEMANDE

Saguenay — La compagnie de transport interurbain du Saguenay Intercar offre depuis le Spectacle aérien international de Bagotville (SAIB) un service de navette spécifiquement pour les gens de la capitale. 

Le départ se fait tôt le matin, à 6h, et le retour tout de suite après la fin des prestations aériennes à 17h, chaque jour du SAIB.

Un service en demande, selon les gens d’Intercar. «Quand la date du SAIB approche, plusieurs nous contactent pour savoir si nous faisons le service de navette entre Québec et Bagotville», dit Vicky Roy, responsable des communications chez Intercar. «Nous avons nolisé deux autobus le samedi [112 personnes] et un dimanche [56 personnes] cette année.»

En 2017, Intercar avait nolisé deux autobus par jour pour le SAIB. «C’est probablement dû au fait que le dimanche [23 juin] est trop collé sur la Saint-Jean-Baptiste cette année», croit Mme Roy. Paul-Robert Raymond