Le nouveau gouvernement de François Legault ne fait pas exception à la règle et se trouve en période de «lune de miel» durant laquelle les nouveaux élus sont particulièrement populaires.

Sondage Mainstreet: la CAQ en pleine «lune de miel»

Les élections sont généralement suivies d’une période de «lune de miel» où le nouveau gouvernement est particulièrement populaire, et celui de François Legault ne fait pas exception à la règle. Si un scrutin avait eu lieu ce mois-ci, la Coalition avenir Québec (CAQ) aurait obtenu 44,5 % des votes — soit sept points de mieux que les 37,4 % qui lui ont valu un gouvernement majoritaire en novembre dernier.

C’est du moins ce qu’indique un sondage Mainstreet mené les 17 et 18 janvier auprès de 979 personnes (marge d’erreur de ± 3,1 % 19 fois sur 20). L’enquête statistique accorde également 26 % des intentions de vote au Parti libéral du Québec (PLQ) et 16 % à Québec solidaire (QS) après répartition des indécis, soit des scores à peu près identiques à l’élection d’octobre (25 et 16 % respectivement). Le Parti québécois (PQ), lui, n’obtient qu’un maigre 9 %.

«La lune de miel, c’est un phénomène qu’on constate à tous les niveaux de gouvernement. D’un côté, il y avait une soif de changement et là, on voit ce changement-là enfin arriver. De l’autre, on a tendance à être plus indulgent avec un gouvernement qui vient juste d’arriver, on laisse la chance au coureur», indique Luc Fortin, ex-ministre libéral qui dirige maintenant les activités de Mainstreet au Québec.

«Et cette lune de miel s’est même intensifiée pour la CAQ, poursuit-il. […] Quand on regarde les données pour l’ensemble du territoire, on constate que la CAQ obtient 50 % ou plus des intentions de vote partout, sauf dans l’île de Montréal.»

Dans la région de Québec, le parti de François Legault jouit même de 58 % de la faveur populaire, alors que les «trois autres» doivent se contenter des miettes — entre 9 et 14 %. Les sous-échantillons régionaux sont cependant petits et leur marge d’erreur est plus grande, notons-le.

Le PLQ ne semble pas trop souffrir de ne pas avoir de chef, mais sa légère progression d’un point depuis le scrutin est surtout concentrée à Montréal, note M. Fortin. Chez les francophones, groupe où la CAQ domine (52 %), il stagne toujours aux environs de 15 %.

L’idée d’une conservation des acquis s’applique aussi à QS, qui n’a pas fait de progrès, mais qui a gardé la faveur des 18-34 ans, une partie de l’électorat sur laquelle le parti de gauche avait beaucoup misé et dont il a conservé la faveur. QS est toujours premier chez les «jeunes», à 31 %.

Inquiétant pour le PQ

«Par contre, les chiffres sont beaucoup plus inquiétants pour le PQ», souligne M. Fortin. En plus de ne pas avoir de chef pour l’instant, analyse-t-il, les péquistes se sont fait sortir de l’île de Montréal et de la région de Québec, «les deux principaux pôles médiatiques du Québec». Ce qui n’aide pas à obtenir de la visibilité.

«Mais pratiquement tous les indicateurs sont en baisse pour le PQ», insiste M. Fortin. Les femmes, un groupe qui a longtemps penché pour les péquistes, ne sont plus que 8 % à vouloir voter péquiste, et le parti fondé par René Lévesque n’a plus que 10 % d’appui chez les francophones, loin derrière la CAQ, QS (17 %) et même le PLQ (16 %). Historiquement associé aux babyboomers, le PQ ne recueille plus que 10 % de la faveur des 65 ans et plus. Et même en «régions», où la majorité des élus péquistes se trouvent maintenant, le parti n’obtient que 10 %.