Les esthéticiennes doivent garder leurs outils propres, rappelle le juge.

Son feu sauvage grimpe jusqu'à ses oreilles, elle poursuit son esthéticienne

Un juge de la Cour du Québec ordonne à une esthéticienne de rembourser une cliente qui a vu son feu sauvage à la bouche grimper jusqu’aux oreilles, à la suite d’un maquillage permanent des lèvres.

Dans sa décision, le juge Steve Guénard rappelle aux esthéticiennes l’importance de garder ses outils propres et stériles, et de ne pas s’aventurer en terrain contaminé.

Il ordonne par ailleurs à une entreprise de Gatineau, Micro-Pigma Tammy Gagnon, de verser une indemnité de 1 954,14 $ à une cliente qui s’est retrouvée dans une position fort inconfortable.

L’histoire remonte à juillet 2017, lorsque la cliente a approché l’esthéticienne pour obtenir, de manière permanente, un sourire avec une « couleur naturelle foncée ».

Le résultat des premières séances étant trop foncé, les deux parties se sont entendues pour procéder à un « détaouage » des lèvres, avant de prendre un nouveau rendez-vous, pendant lequel la couleur appliquée était convenable.

Mais la cliente a perdu le sourire dans les jours suivants, lit-on dans la décision rendue le 17 avril dernier.

« La preuve démontre que la cliente, lors de ce rendez-vous, informe la défenderesse qu’elle a, au coin de la bouche, un "début de feu sauvage". L’esthéticienne ne s’en inquiète pas, précisant à sa cliente qu’elle "n’ira pas dans ce coin-là".

Les faits rapportés à la Cour du Québec n’ont pas été contestés par l’entreprise. Sa représentante était absente lors de l’audience du tribunal. Aucune autre plainte du genre ne semble avoir été déposée contre l’entreprise.

«Malheureusement pour la cliente, des douleurs assez intenses commencent à se faire sentir deux jours après l’intervention. La douleur est à ce point intense qu’elle se rend à l’urgence.»

Une photo déposée en preuve a démontré l’importance des rougeurs importantes autour de la bouche.

Le médecin, à l’urgence, a rendu un diagnostic clair. «Madame a une prolifération de feux sauvages au visage, qualifiés, en l’espèce, d’herpès buccal.»

Toujours selon la décision du juge Guénard, «la prolifération de feux sauvages se répand au niveau de son visage, allant jusque dans les oreilles».

Dans un échange par écrit entre la cliente et l’esthéticienne, cette dernière a avoué rapidement que son maquillage permanent était la source de ce problème. Elle a conseillé à la cliente de respecter sa prescription à la lettre.

Même un fond de teint n’a pas pu cacher les rougeurs grimpantes.

La cliente a dit avoir ressenti des douleurs intenses, des difficultés à manger, à boire, à parler et à dormir.

«Le tribunal n’a aucun doute que cette période a dû être douloureuse et très pénible», conclut le juge Guénard.