L’aéroport croit pouvoir répondre aux exigences inhabituelles du sommet tout en offrant le service à sa clientèle de tous les jours.

Sommet du G7: l’aéroport s’attend à un impact minime

À l’occasion du Sommet du G7 du début juin, le gouvernement fédéral accaparera un «secteur» de l’aéroport de Québec (YQB) où transiteront des participants, dont des chefs d’État.

«Il est vrai que l’équipe en charge de l’organisation du G7 va s’installer dans un secteur à l’aéroport de Québec», confirme au Soleil la conseillère communications et relations publiques, Laurianne Lapierre. «Par contre, sachez que c’est un secteur distinct, isolé des passagers “réguliers”. Le fait qu’on vient juste d’ouvrir notre nouvelle aérogare nous permet de leur dédier une zone et que ça n’ait pas d’impacts sur les opérations.»

Des documents que nous avons consultés indiquent qu’entre 30 et 40 fonctionnaires et sous-traitants du gouvernement s’affaireront en retrait des voyageurs habituels. Ils seront particulièrement actifs du 7 au 9 juin.

«Le Sommet se déroulera à La Malbaie au Québec au Canada, rappelle la documentation. Des employés et des fournisseurs d’Affaires mondiales Canada seront à YQB pour les arrivées et départs des délégations.»

Mais la brigade ne pourra aller et venir à sa guise. Les troupes devront notamment manger sur place. Voilà pourquoi le fédéral cherche une entreprise pour les alimenter. «En raison des dispositions de sécurité particulières en vigueur pendant l’événement, les employés et fournisseurs devront être nourris dans l’enceinte de l’aéroport où les services de restauration de l’entrepreneur seront servis.»

Il faudra aussi prendre soin des «VIP», les passagers de marque. Eux patienteront dans des «salons d’accueil» où les rafraîchissements et collations seront servis : fromages, fruits frais, barres de céréales, crudités, lait, jus, café... 

Service maintenu

Ces activités tout à fait hors de l’ordinaire, cet afflux de voyageurs diplomatiques, nuiront-ils aux opérations normales de l’aéroport de Québec? L’administration de l’établissement se veut rassurante : «Pour l’instant, on n’envisage pas d’impacts pour le passager “régulier”», déclare la porte-parole Laurianne Lapierre. «En allouant un secteur au groupe organisateur du G7, on s’assure que l’impact va être minimisé.»

L’équipe de YQB évalue donc être en mesure de répondre aux exigences inhabituelles du fédéral tout en offrant le service à sa clientèle de tous les jours. «On jongle avec les deux balles du mieux qu’on peut pour s’assurer que nos usagers ne soient pas… on ne peut pas dire “impactés du tout”, parce qu’on ne sait jamais ce qui peut arriver, mais on s’assure de minimiser tous les impacts possibles sur nos passagers. Notre priorité, c’est leur sécurité et leur confort.»

Il pourrait néanmoins survenir des changements. «C’est certain qu’on fait partie des discussions, des groupes opérationnels. Si c’est appelé à changer, on va s’assurer que les passagers soient informés rapidement et on va mettre en place toutes les mesures possibles pour faciliter les opérations.»

Laurianne Lapierre veut cependant être claire : «Donc, on ne parle pas encore de modifications d’horaires de vol, on n’a pas besoin non plus que les passagers arrivent plus tôt à l’aéroport. On parle d’impacts assez minimes.»

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L'ENJEU DU NIVEAU DES OCÉANS AU COEUR DES DISCUSSIONS À QUÉBEC

Un vent du large soufflera sur Québec durant le Sommet du G7 des 8 et 9 juin! Une douzaine de chefs d’État dont le territoire est menacé par l’élévation du niveau des océans seront reçus dans la capitale, a constaté Le Soleil. Du nombre, des représentants des Caraïbes.

«Nous prévoyons qu’une douzaine de chefs d’État et de gouvernement représentant plusieurs régions du monde et ayant un intérêt à discuter de l’enjeu des océans seront présents», nous répond une porte-parole d’Affaires mondiales Canada, Jessica Seguin. «Le premier ministre devrait annoncer qui seront ces dirigeants très prochainement.»

La ministre du Développement international, Marie-Claude Bibeau, a toutefois déjà laissé couler sur les médias sociaux que la communauté des États des Caraïbes (CARICOM) figure au nombre des convives. Des journalistes haïtiens ont précisé que la délégation sera menée par leur gouvernement, le président Jovenel Moïse occupant la tête de la CARICOM. 

Pourquoi ces non-membres du G7 débarqueront-ils ici? «Traditionnellement, lors de la seconde journée du Sommet, les chefs d’État et de gouvernement d’autres pays, ainsi que des représentants d’organisations internationales sont invités à participer à une séance élargie», explique Mme Seguin. «Il s’agit d’une occasion pour les leaders du G7 d’engager un dialogue avec ces invités sur des enjeux et défis clés auxquels ils font face.»

«Le Canada a fait des changements climatiques, des océans et de l’énergie propre l’un des thèmes centraux de sa présidence du G7 en 2018», poursuit-elle. «La liste va donc entre autres inclure des petits États insulaires qui pourraient cesser d’exister un jour en raison de l’élévation du niveau de la mer.» Et ils passeront tous par la capitale : «Les dirigeants des pays non membres du G7 invités à participer au Sommet transiteront par l’Aéroport international Jean-Lesage pour participer à l’événement.»

Le Groupe des 7 est composé du Canada, du Royaume-Uni, de l’Italie, du Japon, des États-Unis, de la France et de l’Allemagne. L’Union européenne participe également aux échanges. 

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L'ONU, LE FMI, L'OCDE ET LA BANQUE MONDIALE PRÉSENTS

Il y aura de la grande visite au Québec durant le Sommet du G7 de La Malbaie. Affaires mondiales Canada a indiqué au Soleil que plusieurs organisations diplomatiques et économiques internationales ont confirmé leur présence. 

Ainsi, le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (ONU), António Guterres, participera aux échanges. La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, aussi. Tout comme les dirigeants de la Banque mondiale et de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). 

Au moment d’écrire ces lignes, le fédéral ne pouvait toutefois pas nous dire s’ils atterriront dans la capitale, à Mont­réal ou à Bagotville.