Il y a une semaine, on apprenait qu’une soirée karaoké avait bien mal tourné au bar Kirouac à Québec. Pas moins de 58 personnes y ont contracté la COVID-19. Plusieurs autres propriétaires de bar retiennent leur souffle, leurs représentants soumettront des lignes directrices entourant cette activité.  
Il y a une semaine, on apprenait qu’une soirée karaoké avait bien mal tourné au bar Kirouac à Québec. Pas moins de 58 personnes y ont contracté la COVID-19. Plusieurs autres propriétaires de bar retiennent leur souffle, leurs représentants soumettront des lignes directrices entourant cette activité.  

Soirées karaoké: de nouvelles directives à venir

Judith Desmeules
Judith Desmeules
Le Soleil
Il y a une semaine, on apprenait qu’une soirée karaoké avait bien mal tourné au bar Kirouac à Québec. Pas moins de 58 personnes y ont contracté la COVID-19. Plusieurs autres propriétaires de bar retiennent leur souffle, leurs représentants soumettront des lignes directrices entourant cette activité.  

La tournure des événements a fait naître une crainte envers les soirées karaoké. Une multitude de bars dans la province ne sont fréquentés que pour cette activité. Est-ce qu’on allait empêcher complètement l’organisation de soirées chantées?

«Il y en a qui vivent que de ça! On a fait parvenir des suggestions jeudi à la santé publique, on a demandé ce qu’on pouvait faire de plus. L’objectif est de poursuivre nos activités en sécurité», indique Renaud Poulin, président-directeur général de la Corporation des propriétaires de bars, brasseries et tavernes du Québec (CPBBTQ).

Certains propriétaires ont devancé M. Poulin et ont rapidement instauré des mesures supplémentaires, karaoké ou pas. Personne ne veut risquer une éclosion. Certains avaient déjà mis en place la totale pour les soirées chantées : des plexiglas entre les tables, les chanteurs dos au public, l’utilisation unique du matériel…

M. Poulin est impatient de recevoir la réponse de la santé publique, s’il existe d’autres mesures, il fera en sorte qu’elles seront ajoutées à celles déjà soulevées. Les propriétaires de bars sont prêts à bien faire les choses.

«On travaille sur un mémo d’informations qu’on va envoyer à nos membres en début de semaine. C’est une activité différente et plus à risque, elle nécessite des mesures plus sérieuses. On ne savait pas qu’en chantant, ça pouvait pousser plus loin des gouttelettes. On n’était pas au courant, là on le sait et on va agir en conséquence», insiste M. Poulin.

L’industrie retient son souffle. Les propriétaires de bars s’inquiètent, ils s’informent. La fermeture de leurs établissements serait le coup de grâce pour plusieurs d’entre eux. Renaud Poulin ne fait que préparer le pire depuis des semaines. Lui et son équipe prient les propriétaires d’adopter toutes les mesures nécessaires pour éviter un dénouement comme celui du bar Kirouac

«La problématique, c’est les gens qui pensent qu’il n’y a pas de danger et qui se fichent des règles. Il faut faire attention. Je dis aux propriétaires de ne pas attendre avant d’intervenir ou d’appeler la police. Dans ce cas-là, l’amende du non-respect des consignes va au client, pas à l’établissement.»

Des sanctions plus sévères pour les clients récalcitrants? M. Poulin s’en réjouit. Selon lui, si les gens savent qu’ils peuvent payer cher, ils respecteront davantage les consignes.

Conséquences régionales 

La grande crainte des propriétaires de bars demeure d’être punis pour les actions des autres. Si un bar de la région crée une éclosion, la santé publique pourrait décider de fermer tous les bars des alentours du même coup.

«Ça va être catastrophique pour les régions. Faut que les gens soient solidaires et doivent respecter les consignes. Ce n’est pas une critique contre le Kirouac, mais il faut apprendre des erreurs commises.»

M. Poulin ne croit pas que les bars perdront cote. «Il faut faire du cas par cas», martèle-t-il. Peut-être que les gens seront plus craintifs quelque temps de participer à un karaoké, croit-il, mais ils ne délaisseront pas longtemps leurs établissements préférés si toutes les mesures sanitaires sont bien respectées.

«S’il vous plait, pas de fermeture» 

Chose certaine, si les établissements venaient à refermer leurs portes pour une durée indéterminée en raison de la fameuse deuxième vague, ce serait le pire scénario.

«On ne peut pas se permettre de fermer encore toute l’industrie, les faillites vont s’accumuler, ça va affecter les assureurs, les fournisseurs. Les compagnies de bière nous causent déjà des problèmes, le marché est perturbé. Plusieurs n’ont même pas encore remonté la pente après la première fermeture! Plusieurs sont en difficultés», déplore M. Poulin.

Déjà, les établissements doivent fermer à minuit. Puis les terrasses disparaitront bientôt avec l’arrivée de l’automne, ce qui obligera les propriétaires d’accueillir moins de clients. Les salles intérieures doivent demeurer à 50 % de leur capacité.

«Il faut être prudents. Ça nous encourage de nous faire traiter comme les autres secteurs, et de traiter le problème de propagation par région et ne pas fermer tous les bars en même temps. Ça nous motive», termine Renaud Poulin.

La Corporation des propriétaires de bars, brasseries et tavernes du Québec demeure en constante communication avec la santé publique. Pour l’instant, une autre fermeture complète n’a pas été discutée.