C’est dans le charnier du cimetière de Caplan que la dépouille a été frappée à coups de pelle.

Six mois de prison pour un profanateur de cadavre de Bonaventure

NEW CARLISLE – La juge Andrée Saint-Pierre, de la Cour du Québec, impose une peine de six mois de prison à Jean Roy, un homme de 19 ans de Bonaventure ayant admis le 26 septembre sa culpabilité à des accusations de profanation de dépouille mortelle et d’entrée par effraction.

Jean Roy avait 18 ans le 5 mai 2018 quand lui, deux adolescents et un autre homme sont entrés dans le charnier du cimetière de Caplan pour frapper, parfois à coups de pelle, la dépouille d’une octogénaire.

La juge Saint-Pierre a indiqué dans son verdict qu’elle n’avait pas décelé de remords de la part de Jean Roy depuis les premières comparutions, quelques jours après les événements de mai. Elle a remarqué que les regrets exprimés par Roy visaient à décrire les effets que ses actes avaient eus sur lui-même.

La mise en ligne sur un réseau social de la profanation du cadavre a constitué un facteur aggravant pour Jean Roy, a souligné la juge. Cette mise en ligne avait rejoint des étudiants de l’école Aux quatre vents, fréquentée par trois des quatre auteurs du crime. Elle avait même forcé la Commission scolaire René-Lévesque à offrir un appui psychologique à certains étudiants.

La juge a de plus indiqué qu’elle ne croyait pas la version de Jean Roy quand il a affirmé en cour ne pas se souvenir des événements du 5 mai alors qu’il était supposément sobre ce soir-là. Elle l’a décrit comme un homme impulsif et immature, ayant intérêt à développer une conscience des actes qu’il commet.

Elle a limité la sentence à six mois parce qu’il a collaboré avec la justice, parce qu’il n’avait pas d’antécédents criminels et parce que le risque de récidive est faible.

Quatre mois avant de plaider coupable, Jean Roy avait affirmé en cour qu’il avait conscience que ses actes le suivraient toute sa vie. La sentence est allégée de 26 jours puisqu’il avait passé 17 jours en détention préventive en mai, une période valant tant et demi.

À la direction des poursuites criminelles et pénales, Florence Frappier-Routhier, avait demandé une peine de 12 à 15 mois lors des représentations sur sentence le 18 décembre. Elle n’est quand même pas déçue par la sentence finale. «Ça se tient, en droit. Plusieurs principes s’entrechoquent dans cette cause. Le fait qu’il n’avait aucun antécédent a joué», dit-elle.

Jean Roy devra s’abstenir de posséder une arme à feu pendant 10 ans. Il devra respecter une probation de deux ans et un suivi additionnel de 18 mois. Un prélèvement de son ADN a été réalisé.

Les deux adolescents avaient aussi reconnu leur culpabilité dans cette cause. L’un a écopé une sentence d’un an en centre jeunesse et l’autre de 200 heures de travaux communautaires. L’autre adulte, Jérémie Bugeaud-Ferlatte, reviendra en cour sous peu, probablement pour règlement.