Devenu vedette bien malgré lui de cette saga, l’un des propriétaires, Jean-Guy Pinard, se dit satisfait de la vente de sa maison.

Site contaminé: solution permanente recherchée

Bécancour — Un an après la mise au jour de terres contaminées à Bécancour, les maisons environnantes ont été achetées par la Société du parc industriel et portuaire et le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC) cherche toujours une solution permanente et définitive pour restaurer l’endroit et faire cesser les rejets de contaminants autour du site.

Les plus récentes étapes franchies dans ce dossier consistent en l’attribution d’un contrat en août 2017 à une firme externe, SNC-Lavalin GEM Québec inc., afin qu’elle réalise une étude de préfaisabilité concernant la mise en place d’un écran gelé (cryogénisation) pour contenir les matières dangereuses résiduelles enfouies sur le site. Et en novembre 2017, un contrat a été octroyé à une autre firme externe, WSP Canada inc., pour la réalisation d’une étude de faisabilité et de plans préliminaires pour la mise en place d’un écran d’étanchéité et d’un recouvrement final à l’endroit du lieu d’enfouissement.

«Parallèlement à ces démarches, le ministère a pris le site en charge et posé les gestes requis dans le but d’assurer la sécurité de la population et la protection de l’environnement», précise un porte-parole, Daniel Messier.

En plus d’avoir sécurisé les lieux en exerçant notamment la surveillance nécessaire par caméras, le MDDELCC procède également à une surveillance continue et intensifiée de la qualité de l’eau potable, sur un territoire plus étendu. Les eaux souterraines et de surface font également l’objet d’un suivi serré par le ministère. Les résultats sont rendus publics régulièrement. 

«Le MDDELCC et la direction de santé publique (DSP) de la région assurent le suivi de l’information auprès des citoyens concernés. Ainsi, un protocole de communication efficace a été défini afin que la population, le MDDELCC, la Municipalité, la Société du parc industriel et portuaire de Bécancour et la DSP puissent suivre l’avancement des interventions», ajoute le relationniste.

D’ailleurs, le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, se montre satisfait d’un tel suivi. «Ils ont été très fidèles à l’entente qui a été faite. On a eu régulièrement des rencontres. L’objectif, c’est d’éviter qu’il y ait une contamination des sites environnants. On n’a pas encore trouvé la grande solution pour éliminer le problème. Les ingénieurs travaillent là-dessus, tout comme le comité de suivi», commente celui qui parle d’un «handicap contrôlé» pour la Ville.

Du côté de la Société du parc industriel et portuaire de Bécancour, le processus d’acquisition des propriétés est réglé, et ce, «depuis longtemps, à la satisfaction des propriétaires», précise Maurice Richard. «On avait déjà l’argent, mais il a fallu que j’attende un décret ministériel. Dans le cas des deux maisons unifamiliales, les contrats sont signés. On a tout fait pour accommoder chacun des propriétaires pour que ça leur convienne. Dans le cas des deux maisons à logements, on devrait finaliser les contrats en janvier», explique le président-directeur général qui envisage la démolition de trois bâtiments, le quatrième étant susceptible de servir à un exercice d’incendie pour les pompiers.

Devenu vedette bien malgré lui de cette saga, l’un des propriétaires, Jean-Guy Pinard, se dit satisfait de la vente de sa maison et envisage de déménager à Nicolet dès le mois de juin. «Mon garçon demeure là et on a trouvé une maison. Après 34 ans, on pensait finir nos vieux jours ici. Mais ce n’était plus revendable et c’était menaçant. On ne sait pas ce qu’ils vont faire avec le site, ce n’est même pas encore assuré si tout est sous contrôle. Ce n’était pas dans nos prévisions. On aimait ça vivre en campagne», a-t-il confié.

On se rappellera que l’entreprise RAQ avait exploité un site d’enfouissement de matières dangereuses résiduelles au 7505, chemin Louis-Riel, dans le parc industriel de Bécancour, de 1986 à 2003, laissant le site très contaminé. De nombreux échanges ont eu lieu à ce sujet entre RAQ (ou les entreprises et particuliers qui ont acheté le site par la suite) et le MDDELCC, mais sans succès.

Le 2 décembre 2016, pour donner une nouvelle impulsion au dossier, le ministre David Heurtel en avait confié la direction à la sous-ministre de l’époque et demandé une enquête externe sur les informations véhiculées et sur la gestion du dossier. Ainsi, un mandat d’enquête sur la gestion du dossier a été confié à la Direction de la vérification interne et des enquêtes administratives (DVIEA) du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale. Le ministre avait alors également fait
connaître les orientations du plan d’action ministériel qui permettait de redresser la situation. Ce plan d’action comporte des volets d’enquête, de gestion du site, de surveillance des eaux, de restauration du site et de communication.

En décembre 2016, devant l’inaction du propriétaire actuel du site, le ministère est intervenu en vertu de l’article 115.1 de la Loi sur la qualité de l’environnement, afin que des travaux soient entrepris sur le site pour nettoyer, recueillir et contenir les contaminants.

Le 14 juillet 2017, le rapport d’enquête de la DVIEA sur la gestion du dossier a été publié. Il concluait que le dossier avait été géré en conformité avec les lois et règlements en vigueur. La direction régionale du MDDELCC a donc repris le suivi de ce dossier.