La situation ne s’améliore pas aux soins intensifs de l’hôpital de Granby.

Sit-in aux soins intensifs

La situation ne s’améliore pas aux soins intensifs de l’hôpital de Granby. Les infirmières de l’équipe de jour ne sont pas entrées au travail lundi matin et ont organisé un sit-in pour dénoncer leurs conditions de travail.

« C’est très désolant quand ça arrive. Mais les gens sont à bout », a fait valoir la présidente du Syndicat des professionnelles en soins des Cantons-de-l’Est, affilié à la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ-SPSCE), Sophie Séguin.

La situation n’a eu aucun impact sur les patients, précise Mme Séguin. L’équipe de nuit est demeurée en place jusqu’à ce que la direction déplace une « équipe volante », dit-elle, en soulignant que cette mesure n’aurait cependant pas entraîné un « écart négatif » de personnel ailleurs.

Habituellement, quatre infirmières sont en poste de jour aux soins intensifs. Lundi, l’une d’elles était toutefois absente. « Les gens de jour sont tannés d’être en écart négatif, et surtout d’être obligés de rester régulièrement, même très régulièrement, en temps supplémentaire et en temps supplémentaire obligatoire de soir parce qu’il manque du monde. C’est une petite équipe. Comme elles sont quatre de jour, leur tour revient vite », expose Sophie Séguin.

« Elles ont décidé de ne pas entrer au travail à 8 h dans ces conditions-là en sachant qu’il manquait aussi quelqu’un ce soir (lundi). C’était sûr qu’une des trois devait rester. Elles savent aussi qu’il y a plusieurs nuits où il manque des gens... », ajoute la présidente du syndicat.


«  Il y a beaucoup de [gens en congé de] maladie et de gens en congé pour études. Cela fait en sorte qu’ils sont régulièrement, sur les trois quarts de travail, en écart négatif de personnel, déjà prévu à l’horaire.  »
Sophie Séguin
Sophie Séguin, présidente du Syndicat des professionnelles en soins des Cantons-­de-l’Est, affilié à la FIQ

Comité de travail 
La situation n’est pas nouvelle. La « structure de postes » aux soins intensifs fait l’objet de discussions avec l’employeur depuis 2013, soit depuis qu’un poste de soir a été fermé, dit Sophie Séguin.

« Il y a des problématiques aux soins intensifs depuis ce temps-là. Dès qu’il y a une surcharge de soir, il n’y a personne et ça force le personnel de jour à rester et celui de nuit à rentrer plus tôt. Il y a beaucoup de [gens en congé de] maladie et de gens en congé pour études. Cela fait en sorte qu’ils sont régulièrement, sur les trois quarts de travail, en écart négatif de personnel, déjà prévu à l’horaire », expose-t-elle.

Un comité de travail, axé sur l’unité des soins intensifs, a été mis en place il y a près de deux ans. Les résultats tarderaient cependant à se faire sentir.

« Je viens d’avoir un appel pour peut-être avoir une rencontre cette semaine avec la gestionnaire responsable des soins intensifs pour pouvoir regarder ça. Mais je vous dirais qu’on trouve que c’est très long ce dossier-là », laisse tomber la présidente du Syndicat des professionnelles en soins des Cantons-de-l’Est, affilié à la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ-SPSCE).

Solutions
Sophie Séguin estime néanmoins que certaines actions pourraient être mises en place à court terme. « J’ai demandé que ça soit fait en accéléré. Il y a des choses qui pourraient être stabilisées en attendant qu’on regarde la structure de postes. Il y a des gens qui ont de l’expertise aux soins intensifs, mais qui ne sont pas placés là. C’est important que la direction pose les gestes qu’il faut pour stabiliser l’équipe », estime Sophie Séguin.

Selon elle, les trois infirmières qui ont réalisé le sit-in lundi matin ne devraient subir aucune réprimande.

Cet événement s’ajoute à la fermeture temporaire de l’unité des soins intensifs il y a deux semaines par manque de personnel, ainsi qu’aux différents cris du cœur lancés par des infirmières à bout de souffle.

Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS n’a pas souhaité commenter la situation lundi. La conseillère en communication de l’organisation, Geneviève Lemay, a souligné que la direction est en contact avec le syndicat de la FIQ dans ce dossier.