Les employés du Parc de la Chute-Montmorency ont accueilli les visiteurs avec des piquets de grève, mercredi. La grève passera à la vitesse supérieure le 20 juillet, date à laquelle 1500 employés de 23 parcs nationaux du Québec se joindront au mouvement de débrayage, pour marquer le début des vacances de la construction.

Sépaq: vacances en péril pour des milliers de personnes [VIDÉO]

La grève des syndiqués de la Sépaq attendue samedi dans 23 parcs nationaux privera des milliers de personnes de nombreux services sur les sites. D’autres devront carrément faire une croix sur leur séjour.

Vous avez réservé un hébergement en Yourtes au Bic pour la fin de semaine? Vous voulez faire une descente en rivière sur la Jacques-Cartier? Vous désirez faire une croisière en bateau-mouche dans les Hautes-Gorges-de-la-Rivière-Malbaie? Vous devrez trouver un «plan B» si les 1500 employés des parcs visés tombent en grève comme prévu.

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La Sépaq a déjà envoyé 7000 courriels aux usagers dont le séjour de la fin de semaine serait affecté par un débrayage. La liste des services et des établissements touchés est disponible sur le site Internet de la Sépaq (www.sepaq.com).

Location de vélos et de canots, restauration et plusieurs secteurs d’hébergement en camping et en chalet sont des exemples de services fermés pour la durée de la potentielle grève.

Le responsable des relations avec les médias à la Sépaq, Simon Boivin, indique que les usagers qui le désirent peuvent obtenir un rabais ou même un remboursement. Plusieurs qui ont réservé dans une zone d’hébergement fermée devront changer leur plan de vacances.

Une ligne téléphonique est aussi accessible tout au long du conflit pour ceux qui voudraient obtenir des informations relatives à leur réservation : 1 800 665-6527.

Au Parc de la Chute-Montmorency, mercredi, un des premiers sites affectés, les visiteurs avaient comme seule option de marcher dans le sentier et photographier la chute. Le téléphérique, la via ferrata et la tyrolienne, comme la boutique du Manoir et de la Gare, la restauration et les activités d’interprétation étaient inaccessibles.

Loin d’une entente

Faute d’entente mardi soir, 300 syndiqués de la Société des établissements de plein air du Parc de la Chute-Montmorency et du Manoir, du Camping des Voltigeurs à Drummondville et des centres touristiques du Lac-Kénogami au Saguenay et du Lac-Simon en Outaouais ont débrayé.

Depuis lundi, les négociations ont eu cours pour dénouer l’impasse et éviter la grève. Le Syndicat de la Fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) a refusé la plus récente offre salariale déposée lundi en soirée. Il a fait une contreproposition à laquelle l’employeur n’a pas donné suite.

Plutôt, la direction de la Sépaq a demandé tard mardi la désignation d’un conciliateur au dossier. Cette voie est considérée comme la seule possible à emprunter pour parvenir à une entente négociée. 

«Nous sommes en accord avec la conciliation pour que quelqu’un de l’externe puisse approcher les deux parties parce que nous sommes vraiment loin l’un de l’autre», reconnaît le président général du SFPQ, Christian Daigle.

Les conditions salariales sont au cœur du litige. «Nous, on demande quelque chose d’environ 1,5 % à 2 % qui correspond à l’augmentation du coût de la vie avec un petit de rattrapage [salariale] parce qu’on a perdu un pouvoir d’achat au cours des dernières années», estime M.Daigle. De 2014 à 2018, ils avaient obtenu 7 % sur cinq ans. Selon ses dires, la dernière offre de l’employeur proposait une hausse de moins de 1 % par année, jugée nettement insuffisante.

De plus, le syndicat réclame l’uniformisation des échelles salariales entre les neuf unités syndicales afin qu’un employé touche le même salaire pour le même type d’emploi, peu importe où il travaille.

La direction choquée

«Nous avons été choqués et déçus de la dernière contreproposition [mardi], soutient Simon Boivin, responsable des relations avec les médias à la Sépaq. Ça dépasse la capacité de payer de l’employeur d’autant plus qu’elle est plus élevée que la demande initiale, avance-t-il. Ça dépasse plusieurs fois ce que les travailleurs de la fonction publique ont obtenu lors des plus récentes négociations», lance-t-il, sans vouloir entrer dans les détails des pourparlers.

En 2015, la majorité des syndicats des secteurs publics et parapublics obtenait une hausse d’environ 10 % sur cinq ans. «Nous ne perdons pas espoir d’une entente d’ici le 20 juillet avec la nomination du conciliateur», poursuit M. Boivin.

La grève passera à la vitesse supérieure le 20 juillet, date à laquelle 1500 employés de 23 parcs nationaux du Québec se joindront au mouvement de débrayage, pour marquer le début des vacances de la construction.

Le pdg de la Sépaq, Jacques Caron, a promis de garder ouvert l’ensemble des établissements en cas de grève. Mais les services pourraient être réduits dans plusieurs.

Carte des parc nationaux touchés par la grève des travailleurs de la SÉPAQ