Yvon Laramée, maire d’Eastman.

Sauver le Théâtre La Marjolaine: pas de solution miracle

Même s’il reconnaît la valeur du Théâtre La Marjolaine, le maire d’Eastman, Yvon Laramée, voit difficilement comment sa municipalité pourrait jouer un rôle majeur dans la sauvegarde de cette icône culturelle estrienne. Il se montre néanmoins prêt à écouter, si le propriétaire de l’endroit, le comédien Marc-André Coallier, interpellait sa municipalité.

« C’est un bâtiment qui n’est pas conçu pour recevoir des gens durant les mois les plus froids de l’année et qui est vraiment fait pour le théâtre d’été. Pouvez-vous imaginer combien ça coûterait pour faire de La Marjolaine un lieu capable d’accueillir des gens à l’année longue? En plus, on a le Cabaret Eastman maintenant chez nous. C’est un endroit parfait pour les spectacles », indique M. Laramée.

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Le maire d’Eastman laisse également entendre que la mission d’une municipalité n’est pas d’exploiter un théâtre d’été, signifiant ainsi que l’idée d’une municipalisation du lieu ne l’enthousiasme guère.

« Ce n’est pas la première fois que Marc-André Coallier parle de l’avenir de ce théâtre et de son désir d’obtenir un meilleur soutien du milieu, rappelle Yvon Laramée. Mais nous, au conseil municipal, ce n’est pas un dossier dont on a parlé depuis mon arrivée à la mairie, il y a cinq ans. »

Il importe de souligner que Marc-André Coallier serait prêt à continuer à produire des spectacles à l’intérieur de la vieille grange abritant son théâtre. Dans un article publié mercredi par La Tribune, le comédien soutient essentiellement qu’il serait préférable que ce bâtiment appartienne à « une instance, une municipalité ou une corporation » plutôt qu’à un entrepreneur privé seul.

« Le jour où je m’en vais, il va arriver quoi? L’acheteur pourrait transformer le théâtre en hôtel ou décider de cultiver la terre et de s’en servir comme grange », remarquait-il.

Des hypothèses

Malgré sa prudence manifeste, Yvon Laramée affirme qu’Eastman « sera toujours prête à sauver des icônes » de son milieu. La municipalité a d’ailleurs acquis l’église du village ces derniers mois. Le prix de vente avait été fixé à 1 $ et la transaction a permis à Eastman de mettre la main sur des terrains avantageusement situés.

« Je ne sais pas où Marc-André Coallier s’en va exactement. Mais moi il n’est jamais venu me voir pour me proposer quoi que ce soit en lien avec l’avenir de ce lieu. Pour qu’on s’implique, des discussions seraient nécessaires et, pour le moment, on est simplement dans l’hypothétique », fait valoir M. Laramée.

Préfet de la MRC de Memphrémagog, Jacques Demers n’a pas davantage de solution miracle à proposer pour assurer l’avenir de La Marjolaine à long terme. Il reconnaît de plus que l’avenir de ce théâtre d’été n’a pas fait l’objet de discussions au conseil des maires de sa MRC récemment.

« On a déjà aidé La Marjolaine financièrement pour des projets plus précis, mentionne M. Demers. Par contre, c’est difficile d’offrir des subventions récurrentes pour un tel lieu. Il y a plein de belles initiatives juste à Eastman et on doit en soutenir le plus possible. Et est-ce qu’on serait capables de reprendre la place? Disons que ce n’est pas dans nos habitudes. De toute façon, personne ne nous a approchés pour ça. »