Jonathan Defoy, créateur de l’application mobile FoodHero, qui offre aux consommateurs des rabais sur des produits invendus. Cette application est déployée dans une centaine d'épiceries Metro au Québec, dont 20 dans la région de la Vieille-Capitale.
Jonathan Defoy, créateur de l’application mobile FoodHero, qui offre aux consommateurs des rabais sur des produits invendus. Cette application est déployée dans une centaine d'épiceries Metro au Québec, dont 20 dans la région de la Vieille-Capitale.

Sauver de l’argent et éviter le gaspillage: l’application FoodHero déployée dans 100 épiceries Metro

Jean-François Tardif
Jean-François Tardif
Le Soleil
Lancée sous forme de projet-pilote dans cinq épiceries Metro de Montréal en novembre dernier, l’application mobile FoodHero, qui offre aux consommateurs des rabais de 30 à 50 % sur des produits invendus dont la date de péremption approche tout en réduisant le gaspillage, est déployée depuis jeudi dans une centaine de Metro au Québec. De ce nombre, une vingtaine ont pignon sur rue dans la région de Québec.

«C’est un grand jour», a mentionné lors d’un entretien téléphonique Jonathan Defoy, fondateur de FoodHero. «Ce qui se passe aujourd’hui (jeudi) aurait dû se passer au mois de mars. Mais comme bien des gens, nous avons été victimes de la COVID. Notre projet-pilote s’était terminé officiellement le 28 février. Nous étions en train de nous activer afin de déployer notre plateforme quand la pandémie s’est déclarée. Et comme tout le monde, nous avons été pris de court. 

«C’est donc entre le mois de juin et la semaine dernière qu’a été fait le déploiement de la plateforme dans les magasins. Ils sont maintenant actifs. Et nous avons déjà beaucoup de ventes et beaucoup de clients.»

«FoodHero s’ajoute à notre programme Ensemble, évitons le gaspillage qui offre 30 % de rabais sur les produits dont la date de péremption approche, en plus de nous offrir une voie additionnelle pour réduire la quantité de produits invendus destinés à l’enfouissement et ainsi contribuer à notre engagement de réduire de 50 % le gaspillage alimentaire relié à nos opérations d’ici 2025», a commenté par voie de communiqué Richard Frenkcuec, vice-président, exécution détail et expérience client, Metro.

Depuis son implantation en tant que projet-pilote, l’application FoodHero a connu un succès qui ne s’est jamais démenti. Les cinq épiceries Metro de la région de Montréal qui collaboraient au projet ont reçu près de 6000 commandes. Et c’est plus de 30 000 produits qui ont été vendus.

Pouvant être téléchargée gratuitement sur n’importe quel type de téléphone intelligent, l’application FoodHero permet de commander en ligne des produits invendus.

«En cette période où beaucoup de gens ont malheureusement perdu leur emploi, l’application devient encore plus pertinente. Il y a le côté écologique qui est super important mais il y a le côté économies qui l’est tout autant. Des rabais de 30 à 50 %, c’est quand même substantiel. C’est un projet qui est arrivé avec un bon timing

M. Defoy a indiqué qu’il y avait de très beaux produits sur FoodHero. «Je n’aime pas dire qu’ils sont là parce que la date de péremption approche. Ce n’est pas nécessairement le facteur qui fait qu’un produit se retrouve offert sur la plateforme. On parle dans notre jargon d’invendus. Et ça peut arriver pour toutes sortes de raisons. Des épiceries, pourraient, par exemple, décider de stocker de la viande à BBQ parce du beau temps est annoncé pour la fin de semaine suivante. Mais finalement parce qu’il pleut toute la fin de semaine, elles en vendent beaucoup et elles se retrouvent avec des surplus. C’est un exemple d’aliment qui pourrait se retrouver sur FoodHero le dimanche ou le lundi.»

Simple et amusant

C’est en mars 2016, au lendemain de la vente de son entreprise que Jonathan Defoy, un entrepreneur originaire de Saint-Romuald, sur la rive-sud de Québec, et un diplômé de l’Université Laval possédant une vingtaine d’années d’expérience en technologie, a eu l’idée de créer FoodHero.

«Je m’étais toujours dit que si je repartais quelque chose, je voulais absolument que ça ait un impact social. Ça ne me tentait plus de faire de la business pour de la business. J’avais besoin d’avoir la motivation d’avoir un impact sociétal et de régler un vrai problème.

«J’avais toujours eu une conscience écologique. Un jour j’ai vu à la télévision un reportage sur l’ampleur du gaspillage alimentaire. C’est là que l’étincelle est venue. Cette idée de projet correspondait non seulement à mes expertises mais il rejoignait aussi tout ce que je recherchais à ce moment-là.»


« Je m’étais toujours dit que si je repartais quelque chose, je voulais absolument que ça ait un impact social. J’avais besoin d’avoir la motivation d’avoir un impact sociétal et de régler un vrai problème »
Jonathan Defoy, entrepreneur derrière FoodHero

Pouvant être téléchargée gratuitement sur n’importe quel type de téléphone intelligent, l’application FoodHero permet de commander en ligne des produits invendus. L’utilisateur pourra choisir lui même la manière dont il pourra être localisé, soit en géolocalisant son téléphone quand il utilisera l’application, soit en donnant son code postal ou soit en indiquant manuellement sa ville. Une fois localisé, l’utilisateur aura accès en temps réel à l’inventaire d’aliments disponible à la vente dans les épiceries Metro les plus près de sa localisation. Il pourra ensuite faire ses achats en ligne, les payer et indiquer à quel moment il passera les chercher.

«Des nouveaux produits sont mis en ligne sur FoodHero deux fois par jour soit à 10h et à 15h30. Ils le sont sous forme d’enchères inversée. Les prix diminuent avec le temps. Sauf que lorsque l’on attend, on prend la chance que le produit disparaisse parce que les quantités offertes auront été toutes vendues.

«Ce qui est bien agréable aussi c’est qu’à chaque fois que l’on met un produit dans son panier, même avant de l’acheter, il y a une petite fenêtre qui s’ouvre et qui dit combien de CO2 on aidera à éliminer, le poids de déchets qui n’ira pas au dépotoir et combien d’argent on économisera. Et ces chiffres sont cumulatifs. Les clients pourront voir dans leur application leurs économies d’argent, le CO2 qu’ils ont aidé à éliminer et le poids de déchets n’étant pas allé à l’enfouissement.»