Lorsque la Nissan Altima 2014 d’une dame de 70 ans a commencé à s’enflammer, Claude Champagne s’est précipité pour aller lui porter secours, pendant que sa conjointe appelait le 9-1-1. Un autre bon Samaritain qui conduisait une camionnette est arrivé presque au même moment.

Sauvée d’une auto en flammes: les bons Samaritains témoignent [VIDÉO]

Claude Champagne revenait des Galeries de la Capitale par le boulevard Lebourgneuf lorsqu’il a aperçu de la fumée noire s’échapper d’une voiture blanche conduite par une aînée.

Le dessous de la Nissan Altima 2014 commençait à s’enflammer quand la conductrice s’est immobilisée sur la rue Le Mesnil. 

M. Champagne s’est précipité pour aller lui porter secours, pendant que sa conjointe appelait le 9-1-1. Un autre bon Samaritain qui conduisait une camionnette est arrivé presque au même moment. 

La conductrice de 70 ans semblait prisonnière de son véhicule, comme si les portes ne se déverrouillaient plus. Les deux hommes avaient beau essayer de les ouvrir, sans succès. 

Par chance, le conducteur de la camionnette transportait une longue manivelle qui servirait à dévisser les conduites d’eau. Il a essayé de défoncer la vitre du côté passager, mais celle-ci résistait à ses assauts. 

Claude Champagne, un gaillard de 6 pieds et de près de 250 livres, a essayé à son tour de fracasser la vitre à l’avant dans un élan de baseball. En vain.

Il a eu plus de chance avec une vitre arrière, qui a fini par éclater sous les coups de la manivelle. 

«Là, on a essayé de débarrer les portes par l’intérieur, mais rien à faire : c’est comme s’il y avait un circuit électrique qui empêchait les portes de débarrer. C’est là que j’ai crié à la dame : “Passez à l’arrière du véhicule, on va vous sortir par la fenêtre.”»

Pendant que la septuagénaire se déplaçait vers l’arrière, Claude Champagne voyait des flammes qui montaient sous le tableau de bord du véhicule. Il respirait l’épaisse fumée noire qui s’emparait de l’habitacle. 

«On a réussi à sortir la dame tête première, raconte M. Champagne. Moi, je l’ai prise par l’épaule gauche, lui, l’épaule droite. On a rentré notre main dans l’auto pour lui prendre la cuisse au-dessus du genou.»

Les deux sauveteurs ont éloigné la conductrice le plus vite possible. Quelques secondes plus tard, la voiture s’embrasait. «Ç’a brûlé comme une torche, dans le temps de le dire», décrit Claude Champagne. 

Selon ce dernier, le sauvetage a duré entre 10 et 15 minutes. 

Réfugiés au resto

Coupés légèrement par la vitre, la conductrice et ses deux sauveteurs se sont réfugiés au Deli Libanais Lebourgneuf, juste en face, sur la rue Le Mesnil. 

Une vidéo tournée par une caissière du restaurant expose la violence de l’incendie. Les images montrent aussi hors de tout doute que les deux bons Samaritains ont sauvé la vie de la conductrice, qui a failli être brûlée vive.

«Quand je suis retourné la voir dans le restaurant, elle m’a sauté dans les bras», raconte Claude Champagne.

L’aînée semble avoir ensuite perdu la mémoire. Elle a été transportée à l’hôpital pour un choc nerveux. 

Environ deux semaines après le sauvetage, M. Champagne, un retraité qui a travaillé dans le domaine du génie électrique, s’interroge sur les causes de l’incendie. 

Il croit la conductrice, qui aurait affirmé que sa Nissan Altima a subitement cessé de fonctionner à peu près au même moment où le feu commençait sous le véhicule.

Claude Champagne dit avoir vu les flammes prendre naissance entre le moteur et la transmission. 

M. Champagne a hâte de connaître les résultats de l’inspection de Transports Canada, qui examinera la voiture carbonisée dans les plus brefs délais. 

Comme le rapportait Le Soleil la semaine dernière, la septuagénaire était au volant d’une Nissan Altima 2014, un modèle qui a fait l’objet d’un rappel en octobre 2015 pour un risque d’incendie. 

Chose certaine, Claude Champagne va s’acheter un marteau de secours pour briser les vitres de sa voiture au cas où il se retrouve dans une situation semblable. 

Il aimerait aussi avoir des nouvelles de l’aînée dont il n’a pas eu le temps d’apprendre le nom. «J’espère qu’elle va bien.»

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Normand Beaulieu est un des héros qui ont sauvé une femme de sa voiture en flammes sur la rue Le Mesnil. On le voit ici avec la barre de fer qui a permis de fracasser la vitre par laquelle la conductrice a été secourue.

Normand Beaulieu est l'autre bon Samaritain qui a sauvé une femme de sa voiture en flammes sur la rue Le Mesnil.

Après avoir lu le témoignage de Claude Champagne dans Le Soleil, mercredi, sa conjointe nous a contactés et nous avons pu parler à M. Beaulieu au téléphone.

Sans hésiter et au péril de sa propre vie, Normand Beaulieu a été le premier à porter secours à la femme prisonnière de son véhicule.

Sa version des faits diffère toutefois un peu de celle de M. Champagne. M. Beaulieu affirme notamment avoir été celui qui a brisé la vitre arrière du véhicule avec une barre de fer et avoir dit à la conductrice de se déplacer à l'arrière de l'auto.

«Quand j'ai vu que la dame ne pouvait pas sortir, je suis retourné à mon camion pour aller chercher la barre de fer dont je me sers pour les contenants à recyclage. Je suis retourné à la voiture et j'ai fracassé la vitre arrière côté conducteur», raconte M. Beaulieu.

M. Beaulieu, puis M. Champagne, ont tenté de briser la vitre avant. Mais elle n'a pas cédé.

Alors que les flammes montaient à l'avant du véhicule, la conductrice s'est déplacée vers l'arrière. Les deux hommes ont réussi à extirper la femme de sa voiture par la fenêtre brisée.

Le véhicule s'est embrasé peu de temps après. M. Beaulieu est heureux d'avoir pu secourir la conductrice sans qu'elle soit blessé gravement et espère lui aussi qu'elle se porte bien deux semaines plus tard.

Après l'incendie, Normand Beaulieu a reçu les félicitations d'un policier. «Il m'a dit : "vous avez sauvé cette femme de la mort"».