Si la Granbyenne Francine Brodeur a interpellé La Voix de l’Est, c’est pour lancer un cri du coeur aux propriétaires de chiens et les inviter à faire preuve de prudence avec leur animal, même s’il n’a jamais démontré le moindre signe d’agressivité.

Sa chienne tuée devant ses yeux

Cinq jours après le drame, Francine Brodeur a encore le cœur gros. La Granbyenne vit très mal le deuil de sa petite Luna, une petite chienne de race morkie, dévorée vivante par un chien de son quartier jeudi dernier.

Comme tous les jours, Mme Brodeur promenait Luna dans son quartier. Or, la balade de jeudi après-midi a connu une fin tragique à l’angle de la rue Joseph-Dion lorsque, sans crier gare, un molosse du voisinage s’est jeté sur la petite chienne, issue d’un croisement entre un bichon maltais et un yorkshire. Luna n’a eu aucune chance.

« Luna pèse à peu près cinq livres, estime sa maîtresse. L’autre doit peser entre 40 et 50 lbs. C’était David contre Goliath : ça n’a pas pris trente secondes. »

Un des locataires demeurant dans la résidence où habite la propriétaire du chien a entendu les cris de Mme Brodeur et s’est précipité à l’extérieur pour lui venir en aide.

Malheureusement, il était trop tard. Luna étant mal en point, sa maîtresse l’a emmenée d’urgence chez le vétérinaire, qui a constaté le décès de la petite chienne.

« Si je l’avais prise dans mes bras à ce moment-là pour la protéger, est-ce que le chien m’aurait aussi sauté dessus ? », se questionne Mme Brodeur.

La petite Luna n’a eu aucune chance.

Plainte

Celle-ci a déposé une plainte auprès du Service de police de la Ville de Granby. « Selon les informations au dossier, le chien de type pitbull n’était pas attaché et a attaqué un petit chien et l’a secoué à quelques reprises », indique Daniel Tanguay, porte-parole du service policier de la municipalité.

Deux constats d’infraction, assortis d’amendes, ont été émis à l’endroit du propriétaire de l’animal, notamment pour avoir laissé celui-ci errer à l’extérieur de son terrain sans laisse et pour les blessures qu’il a causées.

Le molosse, également croisé avec la race labrador a-t-on appris, a pour sa part été pris en charge par la SPA des Cantons pour une période de dix jours, le temps de procéder à son évaluation.

Le directeur de la SPA des Cantons, Carl Girard, explique que l’évaluation de l’animal est d’abord menée en fonction du danger qu’il représente pour les humains. « Notre priorité est de déterminer si le chien présente un risque pour l’humain, indique-t-il. Le chien est encore ici, on l’évalue et après nous émettrons des recommandations. »

« Comme il n’a pas attaqué un humain, ils vont sûrement le retourner [à ses maîtres] en leur disant de l’attacher, laisse tomber Mme Brodeur, qui craint une récidive. Là, c’est arrivé au mien, mais ça aurait pu et ça pourrait arriver à d’autres. »

C’est en effet le corps policier qui décidera, au terme des conclusions de la SPA, si le chien sera retourné à sa propriétaire ou non. Le retour de l’animal pourrait être assorti de conditions à respecter.

Responsabiliser les maîtres

Sans avoir eu vent d’autres incidents impliquant l’animal agresseur, Mme Brodeur craignait déjà celui-ci, qui se promenait librement et sans surveillance dans le quartier. « Il n’était jamais attaché, relate-t-elle. Deux jours avant [l’incident], je l’ai surpris en bas des marches de mon perron, alors que je me préparais à aller promener Luna. Qui sait s’il ne l’aurait pas attaquée ce jour-là. »

La dame a appris par la suite que l’animal « ne tolérerait ni chat ni chien ». « Quand je l’ai su, ça m’a mis en colère. Ce n’est pas le chien le problème, c’est le propriétaire. Les gens ne sont pas responsables avec leurs animaux », se désole Mme Brodeur.

Si la Granbyenne a interpellé La Voix de l’Est, c’est pour lancer un cri du cœur aux propriétaires de chiens et les inviter à faire preuve de prudence avec leur animal, même s’il n’a jamais démontré le moindre signe d’agressivité. « Il faut que les chiens soient attachés », a-t-elle martelé.

« [Luna] c’était mon bébé, ma coloc. Je voulais m’en occuper pendant ma retraite, larmoie Francine Brodeur. Je n’ai jamais aimé un chien autant que celui-là. »

La propriétaire du chien fautif n’était pas à son domicile lors du passage de La Voix de l’Est. En fin de journée lundi, elle n’avait pas rappelé le journal, qui avait laissé ses coordonnées à l’occupant des lieux rencontré sur place.