Scène de désolation à la suite du passage d'une tornade dans la région de la capitale nationale.

Réveil brutal après la tornade

Le Cégep de l’Outaouais s’est transformé en centre de crise et en résidence de fortune pour des centaines de victimes de la tornade dévastatrice de vendredi soir.

Le secteur Hull s’est réveillé d’une soirée brutale et sans pitié, samedi matin.

Visiblement exténués, des sinistrés déambulaient en pyjama, témoignant d’une soirée tranquille à la maison rapidement devenue cauchemardesque.

D’autres, en souliers vernis et en veston-cravate défraîchi, témoignaient sans parler d’un retour du travail qui s’est bien mal terminé, la veille.

Tête cachée sous une couverture, des sinistrés prennent des allures d’itinérants, couchés au sol, entourés de quelques effets personnels arrachés à la dernière seconde, dans ce qui était leur logement, vendredi soir.

D’autres ont érigé un lit de camp dans des locaux d’associations étudiantes.

Le gymnase du cégep accueillait d’ailleurs des dizaines de lits de camp semblables, en rangée.

La file d’attente pour l’inscription à la « liste des sinistrés » s’allongeait rapidement, en avant-midi. Les bénévoles de la Croix-Rouge et les intervenants du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais ont multiplié les dialogues avec les victimes, question de s’assurer de leur moral tienne bon, malgré tout.

Des sinistrés ont été pris en charge par la Croix-Rouge.

« Peur pour l’avenir »

Les traits tirés, Yusef tentait d’attraper les dernières nouvelles, sur son cellulaire. « Le réseau n’est vraiment pas bon, dit le jeune père de famille. Tout le monde regarde son cellulaire. »

Couverture de la Croix-Rouge sur les épaules, deuxième café en main, Yusef se demandait s’il devait donner son nom complet au Droit. « Je n’ai pas d’assurances et je ne sais pas si cela va me nuire dans mes demandes d’aide financière. Vraiment, j’ai un peu peur pour l’avenir. »

Son logement, près du Cégep, est une perte totale, selon lui. « On voit à travers les murs. Quand j’ai fui, ça sentait déjà le caoutchouc brûlé. »

Il est 9 h, le soleil, radieux, incite les propriétaires de chiens à sortir marcher avec leur animal, et peut-être fumer une énième cigarette, en attendant on ne sait quoi.

« Je n’ai pas de cellulaire, j’espère que ma fille qui habite à Montréal va voir ce qui se passe ici », dit Huguette Fortin, qui espérait une visite rapide de ses proches, en début de journée.

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Plusieurs sinistrés sont toujours sans logement au lendemain de la catastrophe.

LOGEMEN'OCCUPE S'ADRESSE AU GOUVERNEMENT QUÉBÉCOIS

Logemen’occupe demande à Québec de réactiver « rapidement » le Programme d’aide d’urgence aux ménages sans logis et aux municipalités qui avait été mis en place lors de la crise du logement des années 2001 à 2005. L’organisme demande la création d’un comité de relocalisation «avec l’ensemble des partenaires qui ont une expertise dans ce domaine, dont le CISSSO».

Le porte-parole de l’organisme, François Roy, demande au premier ministre Philipe Couillard de réactiver ce programme pour permettre aux autorités des villes de Gatineau et de Pontiac d’offrir le transport des biens et des meubles des ménages sinistrés, ainsi que des sites d’entreposage temporaire.

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La tornade a fait d'importants ravages dans Mont-Bleu.

LA TORNADE TOUCHE DES CITOYENS PEU FORTUNÉS

Une douzaine d’appartements sous la responsabilité de l’Office municipal de l’habitation de Gatineau (OMHG) a été lourdement endommagée par la catastrophe de vendredi soir, dans le secteur Hull.

Les locataires des 73 et 75, rue Jumonville, ont été évacués. Les bâtiments sont inhabitables à l’heure actuelle.

« Nous sommes à pied d’œuvre, évaluons les dommages et tentons de rejoindre les ménages affectés par la tornade », explique Alexandre Héroux-Thériault, directeur des services techniques à l’OMHG.

Actuellement, 11 ménages sur 12 ont été rejoints. « Sur les 11 ménages, 7 sont avec la Croix-Rouge, 3 sont logés chez des amis ou de la famille et une personne est hospitalisée, car elle a été blessée par la tempête », a précisé Annick Désormaux, responsable du service de la location à l’OMHG.

Les sinistrés qui ont été pris en charge par la Croix-Rouge sont relogés temporairement au Cégep de l’Outaouais. Cette prise en charge ira au-delà des 72 heures habituelles.

L’OMHG recherche actuellement des logements de 2 et 3 chambres à coucher sur les territoires de Hull et Gatineau.