Après avoir conduit ses derniers résidents vers leur nouvelle demeure, le propriétaire de la Résidence Sawyerville, Alain Parenteau, doit répondre à des soupçons de maltraitance financière portés par le CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Résidence Sawyerville: une autre tuile sur Alain Parenteau

Les cinq derniers résidents ont quitté la Résidence Sawyerville mercredi, la majorité d’entre eux transportés par le propriétaire Alain Parenteau, qui a reçu une autre mauvaise nouvelle de la part du CIUSSS de l’Estrie-CHUS au cours de cette difficile journée.

La Résidence Sawyerville, qui était occupée par ses 23 résidents ainsi que ses cinq bénévoles et autres membres du personnel il y a deux semaines seulement, est maintenant déserte. Ce vide illustre le sentiment d’Alain Parenteau après qu’il soit allé reconduire les aînés qui ont dormi une dernière nuit dans leur havre de paix.

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« Ça a été une journée mouvementée, on a dû aller porter trois des derniers résidents à leur nouvelle demeure. L’un d’eux ne voulait vraiment pas partir et avait peur d’embarquer avec un inconnu. Je l’ai donc conduit moi-même à sa résidence. Je suis resté avec lui le temps de le rassurer, mais il avait l’air terrifié et déboussolé par ce brusque changement », confie le propriétaire de l’établissement.

Une résidente se dirigeant dans un CHSLD a aussi dû être transportée par M. Parenteau, le véhicule de transport adapté envoyé par le CLSC n’ayant pas les courroies nécessaires pour sécuriser convenablement son fauteuil roulant. 

« Ils m’ont demandé de leur prêter des courroies de déménagement pour attacher le fauteuil dans le véhicule de transport adapté. Je me sentais trop mal pour la laisser partir dans ces conditions, donc on est allée la porter elle aussi », poursuit-il.

Un moment positif est toutefois survenu quand, dans un geste de solidarité émouvant, les employés de la Résidence Sawyerville sont venus une dernière fois sur les lieux de leur travail pour soutenir M. Parenteau et faire le ménage des chambres, qui sont maintenant vacantes pour de bon. 

« Les membres du personnel sont revenus cet après-midi pour faire le ménage de toutes les chambres bénévolement. Ce sont vraiment des personnes en or, on voit à quel point ils avaient les résidents et cet endroit à cœur. »

Dossier d’intervention

Une autre tuile est tombée sur la tête d’Alain Parenteau en fin de journée lorsqu’il a reçu une lettre du CIUSSS de l’Estrie-CHUS l’informant que l’institution allait ouvrir un dossier d’intervention quant à de la maltraitance financière potentielle, après qu’il ait négligé de fournir des documents aux inspecteurs qui sont venus lui annoncer le retrait de sa certification le 19 novembre. 

« C’est de l’entêtement et de l’acharnement sur quelqu’un qui est déjà au sol, estime-t-il. Ils sont venus m’annoncer que ma résidence allait fermer dans neuf jours et que mes 23 résidents doivent se trouver des nouveaux logements immédiatement. Je n’ai pas eu de confirmation écrite qu’ils voulaient les documents pour le 23 novembre et, bien franchement, j’avais des choses plus pressantes à faire pour le bien-être des résidents. On parle quand même des quatre premiers jours après qu’on ait reçu l’annonce. »

Cette plus récente action entreprise par le CIUSSS de l’Estrie-CHUS n’était pas nécessaire, juge celui qui a administré la Résidence Sawyerville depuis 10 ans. Il déplore aussi le ton que l’institution utilise dans ce drame humain depuis le début des procédures.

« Ça illustre bien l’attitude inquisitrice du CIUSSS tout au cours de cette affaire. Je trouve très ironique qu’ils nous accusent essentiellement de maltraitance alors que ce sont eux qui ont ordonné la relocalisation de 23 aînés dans des conditions hivernales avec neuf jours d’avis, en plus d’avoir à en assumer les coûts et de les obliger à payer pour des journées qu’ils ne passeront pas ici. C’est de l’acharnement et de l’intimidation », accuse M. Parenteau, convaincu que cette action vise à le décourager d’ouvrir une nouvelle résidence dans le même bâtiment.

Pas question de baisser les bras

La fermeture imposée de la Résidence Sawyerville a mené à une importante mobilisation de la communauté, qui réalise l’importance d’avoir une résidence pour aînés dans le village afin de pouvoir y passer ses vieux jours.

« On a reçu tellement d’appui de la part des gens du village qu’un regroupement a été formé pour travailler à relancer la résidence, confirme Alain Parenteau. Le projet, appelé Une communauté qui se tient debout, va tout faire pour que la résidence reprenne ses activités. »