Dennis Oland, un ancien conseiller en investissement, a été inculpé du meurtre de son père en 2013 et a toujours maintenu son innocence. Sa condamnation de 2015 avait été annulée en 2016 par la Cour d’appel, qui a ordonné un nouveau procès.

Reprise du procès de Dennis Oland, accusé du meurtre de son père

SAINT-JEAN, N.-B. — Un policier à la retraite de Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, n’a pu retenir ses larmes lundi alors qu’il se rappelait la douleur d’avoir été invité à mentir à la barre lors du procès pour meurtre de Dennis Oland.

Le sergent retraité Mike King a réitéré son allégation qui avait soulevé la controverse lors du premier procès Oland, selon laquelle le chef du service de police de Saint-Jean aurait suggéré de modifier son témoignage.

Encore une fois, dans le cadre du deuxième procès de M. Oland dans une salle d’audience à Saint-Jean, M. King a déclaré que l’inspecteur Glen McCloskey lui avait dit qu’il n’avait pas à dire au tribunal que ce dernier avait visité les lieux du crime.

Lors de son témoignage au nouveau procès de Dennis Oland pour le meurtre non prémédité de son père, Richard, M. King a affirmé qu’il avait été offensé par la demande de M. McCloskey, qui aurait été faite lors d’une conversation privée en 2014, avant l’enquête préliminaire.

M. King a parlé de la demande de M. McCloskey à plusieurs autres policiers et proches parents. Cependant, lors du premier procès, M. McCloskey a nié avoir demandé à M. King de modifier son témoignage et a admis avoir visité la scène du crime sanglante à deux reprises, dont une par curiosité.

Mike King a éclaté en sanglots, lundi, à la suite de l’interrogatoire de l’avocat de la défense, Alan Gold, au sujet de la déclaration de M. McCloskey, selon laquelle M. King aurait menti, car il avait des comptes à régler avec lui et le corps de police.

MGold a demandé s’il avait été «facile» pour lui de révéler ces informations sur M. McCloskey. «Non», a-t-il dit en pleurant.

«Avez-vous aimé ça?» a-t-il ajouté. «Non», a-t-il répondu.

M. McCloskey n’a pas encore témoigné lors du deuxième procès, mais pourrait être appelé à la barre plus tard cette semaine.

Le fait que les policiers se soient rendus sur les lieux du crime, souvent sans équipement de protection, est un problème pour la défense lors du procès. Les avocats de la défense accusent la police de Saint-Jean de ne pas avoir sécurisé le lieu du crime pour prévenir la contamination.

Pas une scène normale

Également lundi, le constable Tony Gilbert a raconté une partie de la confusion entourant la découverte initiale du corps de Richard Oland, le matin du 7 juillet 2011.

M. Gilbert a relaté que lui et un autre enquêteur qui avaient été envoyés au bureau de Richard Oland matin-là, croyaient se rendre à une scène de décès typique, et supposait que la victime était peut-être décédée d’une crise cardiaque.

Cependant, une fois que M. Gilbert a vu le corps meurtri de Richard Oland gisant dans une mare de sang sur le sol de son bureau, il s’est rendu compte que la mort n’était pas normale. Avec l’autre policier, ils ont soigneusement retracé leurs pas hors du lieu du crime.

Il a déclaré qu’il ne serait pas entré sur les lieux du crime s’il avait su qu’il s’agissait d’une mort suspecte.

Les procureurs ont fait valoir que Dennis, le fils unique de Richard Oland, était allé voir son père le soir du 6 juillet 2011 pour lui demander une aide financière. La fortune de Richard Oland valait environ 37 millions $, tandis que Dennis était profondément endetté.

Dennis Oland, un ancien conseiller en investissement, a été inculpé du meurtre de son père en 2013 et a toujours maintenu son innocence. Sa condamnation de 2015 avait été annulée en 2016 par la Cour d’appel, qui a ordonné un nouveau procès.

Ce nouveau procès, devant juge seul, s’est amorcé en novembre et a repris lundi après une pause de trois semaines pour les vacances des Fêtes. Le procès devrait durer en tout quatre mois.