Les apprentis policiers sont de retour à l’École nationale de police du Québec à Nicolet.
Les apprentis policiers sont de retour à l’École nationale de police du Québec à Nicolet.

Reprise des cours à l’École nationale de police du Québec: une gymnastique complexe

NICOLET — Depuis dimanche, les 70 aspirants policiers faisant partie de la 210e cohorte de l’École nationale de police du Québec (ÉNPQ) sont de retour à Nicolet, après avoir vu leur stage de 15 semaines être interrompu en raison de la mise sur pause complète du Québec en mars dernier. Par contre, les deux dernières semaines qu’ils passeront sur le campus nicolétain ne ressembleront en rien aux 13 premières…

Les activités de formation ont en effet repris, lundi matin, après une pause de trois mois. Mais en raison des règles émises par la Santé publique et la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), le retour des aspirants et des membres des forces de l’ordre devant suivre des formations de mise à niveau a nécessité l’élaboration d’un plan logistique complexe.

«Ça fait des semaines que la rentrée à l’École nationale de police se prépare. Nous sommes en discussion avec la Santé publique depuis un mois», soutient le directeur des communications, Pierre St-Antoine, avant d’ajouter que certaines formations à distance ont néanmoins pu avoir lieu pendant la période de confinement.

Comme ils devront prendre part à des exercices de formation au cours desquels il sera impossible de respecter les deux mètres de distanciation recommandés et qu’ils proviennent des quatre coins du Québec, les apprenants ont dû se soumettre à un confinement de 14 jours avant de remettre les pieds sur le campus. Un exercice similaire sera également nécessaire lorsqu’ils le quitteront le 25 juin. Ceux qui les suivront le 28 juin ainsi que les futurs constables spéciaux – qui sont également formés à l’ÉNPQ – doivent présentement et devront respecter les mêmes règles.

Le port du masque de protocole est obligatoire lors des exercices nécessitant le non-respect des deux mètres pendant plus de 15 minutes par jour (un total cumulatif). Lors des activités impliquant des contacts physiques, notamment les mises en scène impliquant des comédiens, les apprentis devront également porter des lunettes protectrices ou une visière. Le reste du temps, un couvre-visage en tissu suffira. Évidemment, des règles similaires doivent être respectées par les membres du personnel.

Les membres du personnel ainsi que les apprenants doivent porter des équipements de protection pendant les exercices.

En plus de ces mesures, qui ressemblent beaucoup à celles imposées aux personnes œuvrant dans d’autres secteurs en déconfinement, les apprentis policiers devront obligatoirement rester sur le campus pendant leur stage, et ce, sept jours sur sept et 24 heures sur 24. Autre nouveauté, ils dormiront dans des chambres individuelles, alors qu’ils étaient logés dans des dortoirs avant la mise sur pause de leur formation à la mi-mars. Un système de bulles sociales a également été instauré afin de limiter les contacts.

«Les apprentis seront divisés en groupe de six et porteront des bracelets de couleurs différentes, comme dans les ‘‘resorts’’. Tous les exercices avec contacts physiques, comme la patrouille ou les combats, se feront entre membres d’un même groupe. Ça diminuera de beaucoup les risques de propagation», poursuit M. St-Antoine. Ce dernier précise qu’un protocole strict de nettoyage des installations est également en place.

Une graduation virtuelle

Toujours en raison des contraintes reliées à la COVID-19, les finissants de la 210e cohorte n’auront pas droit à la même cérémonie de graduation que leurs prédécesseurs. Par contre, la direction de l’ÉNPQ mettra tout en œuvre afin de souligner le plus normalement possible la fin de cette étape importante pour ces jeunes hommes et jeunes femmes.

«On va les graduer avec uniquement eux et le directeur général dans le gymnase. On va leur remettre le diplôme, mais il y aura une table [entre eux et le directeur]. Ça sera filmé pour les membres des familles. On tient à faire une cérémonie virtuelle car c’est important que les membres de leur famille et leurs amis puissent en être témoins», reconnaît M. St-Antoine, avant de laisser entendre qu’il espère que les règles de déconfinement qui frappent son établissement soient assouplies prochainement.

Encore une douzaine de patients

Malgré la reprise des cours, le bâtiment de l’ÉNPQ qui accueille des personnes souffrant de la COVID-19 depuis plusieurs mois est toujours occupé par le CIUSSS MCQ et le demeurera pendant encore quelque temps. Présentement, une douzaine de patients affectés par le virus y sont hébergés. M. St-Antoine assure qu’il n’existe aucun risque d’être infectés pour les apprentis policiers, les membres du personnel et les fournisseurs ou les autres personnes qui seront appelées à visiter le campus.

«C’est un bâtiment indépendant relié uniquement par une passerelle. Il n’y a que du transport de nourriture qui se fait par là. Même les employés du CIUSSS ne mangent pas dans notre cafétéria. Ils restent dans leur secteur», précise-t-il.