René Kègle

René Kègle tabassé en prison

TROIS-RIVIÈRES — L’enquête préliminaire de René Kègle, qui devait commencer mardi matin en lien avec le meurtre d’Ophélie Martin-Cyr et une tentative de meurtre sur une autre jeune fille, a été suspendue jusqu’à jeudi matin après que ce dernier ait été battu en prison avec des boîtes de conserves.

Cette raclée lui a été infligée la veille à la prison d’Orsainville à Québec. Son transport à Trois-Rivières a donc été annulé afin qu’il puisse rencontrer un médecin. Il a ensuite été envoyé dans un centre hospitalier pour y recevoir des soins appropriés à son état. 

En début de journée mardi, son avocate Me Anne-Sophie Bédard a indiqué au juge Jacques Trudel qu’elle ignorait la nature et la gravité des blessures infligées à son client. Elle espérait alors pouvoir communiquer avec lui et avec le médecin pour en apprendre un peu plus sur son état de santé et savoir s’il pourrait être conduit à Trois-Rivières ou du moins, s’il serait en mesure de consentir à ce que l’enquête préliminaire se déroule sans lui. Elle a précisé que la veille, elle avait discuté avec lui avant que les événements ne surviennent. Il était alors dans un état mental qu’elle a qualifié de troublant. 

Au cours de la matinée, Me Bédard a finalement réussi à obtenir davantage d’informations. Le médecin lui aurait fait savoir que René Kègle était encore confus et qu’il n’était pas en mesure de fournir un consentement quelconque. 

Il a donc été convenu de reporter le début de l’enquête préliminaire à jeudi matin. Un mandat a d’ailleurs été émis pour s’assurer de la présence de René Kègle en cour si son état de santé le lui permet. Sinon, on souhaite qu’il soit en mesure de consentir à son absence afin que les audiences se tiennent. Le juge a demandé aux avocats de lui faire un compte rendu de la situation mercredi en fin de journée.

Clairement, les parties agissent de façon à ce que l’enquête préliminaire se tienne le plus rapidement possible. Quatre jours avaient été prévus cette semaine. Compte tenu du retard à prévoir, de nouvelles dates ont été proposées en juillet. 

Me Benoît Larouche, le procureur de la Couronne qui pilote ce dossier avec l’aide de Me Martine Tessier, n’a pas caché que l’ordre des témoins (ils sont une dizaine) sera nécessairement modifié. Ainsi, les témoignages des experts dont un pathologiste et un technicien en identité judiciaire seront reportés en raison de leurs disponibilités. Si les audiences commencent jeudi comme prévu, c’est  Francis Martel qui pourrait  être le premier à se faire entendre. Ce dernier est accusé lui aussi du meurtre au premier degré d’Ophélie Martin-Cyr et de complicité après le meurtre. La jeune fille qui se trouvait dans le véhicule des deux suspects avec Ophélie Martin-Cyr, devrait elle aussi témoigner prochainement. C’est elle qui avait réussi à sauter du véhicule pour échapper aux deux suspects. Il est à noter par contre qu’une ordonnance de non-publication nous empêchera de dévoiler le contenu de la preuve et des témoignages à ce stade des procédures. 

Rappelons qu’une enquête préliminaire vise à déterminer si la preuve est suffisante pour justifier la tenue d’un procès. Dans le cas présent, le renvoi à procès pour le meurtre d’Ophélie Martin-Cyr n’est pas contesté par la défense contrairement à l’accusation de tentative de meurtre. Les audiences permettront aussi d’évaluer la crédibilité des témoins. 

René Kègle est aussi accusé des meurtres de Steve Lamy et de Jean-Christophe Gilbert mais ces dossiers seront traités distinctement plus tard au cours de l’année.