Des recherches sont menées dans la rivière Yamaska, à Farnham, pour donner une occasion aux plongeurs de s'exercer et pour trouver tout indice qui permettrait de retrouver Mélina Martin.

Recherches dans la rivière Yamaska: raviver l’espoir

Une étincelle d’espoir a été ravivée pour les proches de Mélina Martin, disparue depuis 13 ans. Sept plongeurs de Sauvetage médical Québec ont scruté une section de la rivière Yamaska à Farnham, dimanche, une opération de recherche qui n’avait jamais été menée depuis la disparition de l’adolescente, en janvier 2005.

Mélina Martin, alors âgée de 13 ans, s’est rendue au parc Bourbonnais de Farnham le 23 janvier 2005 où se déroulait une fête hivernale. Plus tard ce jour-là, elle ne s’est jamais présentée au lieu de rendez-vous qu’elle avait convenu avec sa mère, Françoise Algier.

Meurtres et disparitions irrésolus du Québec, un organisme à but non lucratif lancé par Stéphane Luce, tenait son premier exercice d’investigation criminelle sous l’eau, ce dimanche, en partenariat avec Sauvetage médical Québec et en totale indépendance de la Sûreté du Québec.

L’équipe a investi le Centre de la nature de Farnham pour mener des recherches dans la rivière, en gardant toujours à l’esprit la disparition de Mélina. Au terme de la journée, les plongeurs ont décidé d’un commun accord de revenir au printemps pour scruter davantage les nombreuses fosses se trouvant dans ce secteur de la rivière.

« On veut donner un peu d’espoir à la famille, explique M. Luce. C’est sûr que ça fait longtemps, mais au moins ça leur montre qu’il y a quelque chose qui se fait encore pour leur fille. »

François Dalgier était sur place avec ses filles. Avec Mélina Martin, elle a eu cinq filles et deux garçons. Elle espère toujours retrouver celle qui manque à l’appel depuis 13 ans.

« D’une certaine façon, ça fait du bien d’avoir une aide qu’on n’a jamais eue, confie-t-elle. On voit quelqu’un qui s’occupe de Mélina. Ça va peut-être faire avancer quelque chose. On est ici, mais on ne veut pas la trouver dans la rivière non plus. »

La mère de Mélina Martin, Françoise Algier, était sur place pour observer les opérations de recherche. Mélina a été portée disparue il y a treize ans.

Relance

« J’ai l’impression que c’est comme une relance de l’histoire de Mélina, remarque sur place le maire de Farnham, Patrick Melchior. C’est un exercice, mais on s’entend qu’il y a un certain espoir. Je trouve ça extraordinaire que les gens se mobilisent. En tant que maire, j’étais nécessairement touché par la situation. Ça va remettre Mélina Martin dans la mémoire collective. Le fait de ne pas avoir de réponse, c’est ça qui est terrible. »

Sept plongeurs formés en investigation criminelle sous l’eau ont vidé 18 bouteilles d’air comprimé pour ratisser le fond de la rivière.

« Ça se passe bien malgré le froid. La visibilité au fond est d’environ un pied. C’est rocailleux. J’ai sorti une grosse clé anglaise de 2 pieds de long, raconte en tremblant de froid Antonio Alves, qui prenait la parole au nom de ses confrères. Ce qui est difficile, c’est la vase qui se lève en basse profondeur. »

Même si l’eau frôlait les quatre degrés Celsius, les plongeurs étaient tous heureux de pouvoir prendre part à cet exercice. Après s’être réchauffés dans une tente, ils voulaient tous retourner dans l’eau. Certains équipements ont toutefois eu un peu plus de difficulté. Un mécanisme restait ouvert à l’occasion, ce qui faisait en sorte que la bouteille d’air se vidait plus rapidement que prévu. Un remplacement de pièce a été nécessaire pour éviter de mettre les plongeurs en danger.

Sept plongeurs formés en investigation criminelle sous l’eau ont vidé 18 bouteilles d’air comprimé pour ratisser le fond de la rivière.

Cinq autres sorties ailleurs au Québec

L’organisme Sauvetage médical a été approché par Meurtres et disparitions irrésolus du Québec, qui lui avait été sollicité par la famille de Mélina Martin.

Il s’agit d’une première expérience du genre et d’une première association entre les deux organismes à but non lucratif. « Ça fait longtemps qu’on a des plongeurs, mais on a des professionnels qui se sont intégrés à notre équipe pour accentuer le côté nautique de l’organisme », explique le vice-président de Sauvetage médical, Jimmy Fournier.

Sauvetage médical existe depuis 1995 et compte sur la participation de 46 bénévoles pour réaliser des sauvetages hors route. Ils interviennent par exemple sur les accidents de motoneige ou de véhicule tout terrain, pour retrouver une personne disparue en forêt ou encore pour un écrasement d’avion.

Dans le cas d’une recherche sous l’eau, les grands corps policiers utilisent leurs propres plongeurs, si bien que le délai peut être long avant que l’organisme des Basses-Laurentides soit appelé en renfort. Dans le cas des recherches menées à Farnham dimanche, la Sûreté du Québec avait été avisée, sans plus.

Meurtres et disparitions irrésolus du Québec planifie effectuer cinq autres sorties du genre en 2019. « Les endroits n’ont pas encore été décidés officiellement, mais officieusement on a plusieurs endroits à aller vérifier l’année prochaine », affirme Stéphane Luce.