Laverdière, 56 ans, a plaidé coupable au vol et admis que durant les trois mois de la campagne, il a pigé à 26 reprises dans le compte du candidat Duclos.

Quinze mois de prison pour l’ex-agent officiel du ministre Duclos

L’ancien agent officiel du ministre Jean-Yves Duclos, Denis Laverdière, est condamné à 15 mois de prison pour avoir pigé 20 000 $ dans la caisse électorale lors du scrutin fédéral de l’automne 2015.

Laverdière, 56 ans, a plaidé coupable au vol et admis que, durant les trois mois de la campagne, il a fait 26 retraits dans le compte du candidat Duclos. Son statut d’agent officiel et de responsable des finances lui donnait toute latitude.

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Aux représentations sur la peine, Denis Laverdière a expliqué son geste en disant qu’il avait emprunté 20 000 $ à un prêteur usuraire. Il devait le rembourser sous peine de graves représailles.

Pas une excuse, tranche le juge Christian Boulet de la Cour du Québec. «Ses gestes sont répétés, planifiés et prémédités, rappelle le magistrat. Il aurait dû appeler la police plutôt que de procéder comme il l’a fait.»

Denis Laverdière a abusé de la confiance du candidat Duclos et des citoyens donateurs, constate le juge Boulet. Son crime n’est pas sans conséquence, ajoute le magistrat.

«Les deniers dérobés provenaient de donateurs exerçant leur droit démocratique de contribuer à l’élection d’un candidat, en faisant confiance au processus électoral et aux gens qui y oeuvrent, rappelle le juge Boulet. Les citoyens risquent d’être désabusés par de tels comportements et de perdre confiance en nos institutions publiques.»

Des antécédents de fraude

Denis Laverdière a été condamné en 1994 à une peine de deux ans moins un jour de prison pour 24 infractions d’utilisation de faux documents et pour une fraude totalisant 172 000 $.

L’individu, détenteur de baccalauréat en comptabilité, a par la suite travaillé pour le Conseil du Trésor, à l’unité des produits de la criminalité.

Lors de son arrestation en juillet 2016, les responsables du PLC n’avaient pas voulu indiquer s’ils étaient au courant des antécédents criminels de Laverdière au moment de son embauche pour la campagne de Jean-Yves Duclos.

La division des petites créances de la Cour du Québec a déjà condamné l’ex-agent officiel à rembourser 15 000 $ à l’organisation du PLC. La chambre criminelle a ajouté vendredi un 4400 $ d’ordonnance de remboursement pour que la somme entière soit couverte. L’accusé a consenti à ce remboursement.

De son côté, le ministre Duclos a répété qu’il était important que le politique ne se mêle pas des affaires judiciaires et que ce n’était pas à lui de faire plus de commentaires.

«Ces histoires-là sont toujours tristes. La seule chose que je vois de positif ici, c’est que la justice a fait son travail», a-t-il simplement mentionné lors d’une rencontre de presse pour un autre sujet. Avec Sébastien St-Onge