«On travaille actuellement à faire en sorte de pouvoir attirer par des façons différentes, par beaucoup de créativité, des gens qui vont avoir envie de travailler, et de tomber en amour avec ce travail-là», a indiqué mercredi la ministre des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais.

Québec veut embaucher 30 000 préposés aux bénéficiaires

En réponse à la pénurie criante de préposés aux bénéficiaires, le gouvernement Legault entend embaucher 30 000 nouveaux employés d’ici 5 ans pour les Centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD).

Le nombre de 30 000 préposés aux bénéficiaires (PAB) serait suffisant pour combler la demande, dans un contexte de vieillissement de la population. Selon le gouvernement, 15 % du total de la main-d’œuvre actuelle des CHSLD seront en route pour la retraite dans les prochaines années.

Les ministres Danielle McCann (Santé et Services sociaux), Marguerite Blais (Aînés et Proches aidants) et Jean Boulet (Travail, Emploi et Solidarité sociale) ont annoncé mercredi la création d’un programme de bourses afin de rendre la profession plus attirante.

Un montant de 15 millions $ sera dégagé pour 2000 bourses de 7500 $ chacune, à l’intention des personnes intéressées à acquérir la formation nécessaire pour devenir préposé aux bénéficiaires. Ces derniers pourront donc obtenir une rémunération pendant la formation. 

Les boursiers devront s’engager à travailler pendant deux ans, une fois leur formation complétée et réussie, dans l’établissement qui aura parrainé leur apprentissage.

Les étudiants qui ne décrocheront pas leur diplôme devront rembourser la bourse reçue au gouvernement.

Problème alarmant

À l’heure actuelle, dans le réseau des CHSLD, donc le secteur public, quelque 5100 postes de préposés sont vacants et cherchent preneur.

La relève se fait rare, au moment même où les besoins augmentent. Dans les circonstances, ce dossier constitue désormais une priorité du gouvernement, a assuré la ministre de la Santé, Danielle McCann.

Cette priorité devrait d’ailleurs, selon elle, trouver un écho favorable, lors de la prochaine ronde de négociations des conventions collectives des réseaux public et parapublic, qui s’amorce cet automne.

«On manque de personnel un peu partout au Québec, mais il faut s’occuper du personnel dans nos établissements de santé et services sociaux. Ils doivent être en mesure de poursuivre leur travail. Ce n’est pas seulement de faire à manger et de donner les soins d’hygiène, c’est de prendre le temps. Prendre le temps de lui parler et de découvrir son histoire de vie. Pour moi, c’est tellement important. Pourquoi on n’a pas valorisé ce travail-là depuis tant d’années? Pourquoi on a coupé le personnel?» a exprimé Mme Blais. 

«On travaille actuellement à faire en sorte de pouvoir attirer par des façons différentes, par beaucoup de créativité, des gens qui vont avoir envie de travailler, et de tomber en amour avec ce travail-là», a-t-elle aussi ajouté.

Depuis des années, les préposés se plaignent d’être sous-payés et de voir leur tâche se complexifier un peu plus chaque jour, en raison du manque de personnel et d’une clientèle en fin de vie très vulnérable, souffrant souvent de pertes cognitives sévères.

Les ministres ont convenu qu’il était pressant de revaloriser le métier de préposé pour attirer davantage de candidats.

Avec Judith Desmeules