Les paysages dans le secteur de la forêt Hereford ne seront pas défigurés par l’apparition de pylônes, puisque Hydro-Québec travaille sur l’enfouissement de ses lignes de transport de l’électricité.

Québec-New Hampshire : les câbles seront enfouis

Hydro-Québec a soumis au gouvernement la documentation nécessaire concernant l’enfouissement d’une portion de la ligne d’interconnexion Québec-New Hampshire dans le secteur de la forêt Hereford, a confirmé lors de son passage à Sherbrooke, lundi, le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Moreau.

Ce dernier a rencontré au bureau de son collègue de la circonscription de Saint-François, Guy Hardy, des représentants des municipalités de Saint-Herménégilde et East Hereford ainsi que de l’organisme Forêt Hereford. Il a confirmé l’enfouissement de la ligne sur la dernière portion du tracé en sol estrien, soit une quinzaine de kilomètres le long du Rang 9 jusqu’à la frontière américaine via les chemins de Coaticook, Lépine et Houle.

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Le gouvernement du Québec et Hydro-Québec sont prêts à enfouir partiellement la ligne puisque le projet demeure rentable et qu’un tracé souterrain est techniquement réalisable à cet endroit, a-t-on fini par trancher. Les coûts supplémentaires engendrés par l’enfouissement ne seront pas refilés aux contribuables québécois, assure le ministre Moreau, mais payés à même les profits générés par les exportations.

« C’est une excellente nouvelle », se réjouit Sylvie Harvey, porte-parole de Forêt Hereford, l’organisme désigné comme gestionnaire de la montagne cédée par l’Américain Neil Tillotson sur une superficie de 5300 hectares de forêt.

« On vient d’ajouter la troisième patte du développement durable en greffant à l’économie et à l’environnement la notion de l’acceptabilité sociale, poursuit Sylvie Harvey. C’est là le meilleur compromis pour passer dans le coin en évitant de briser l’héritage naturel des futures générations. »

« On démontre ainsi la même sensibilité envers la population du Québec que celle dont on fait preuve envers la population de la Nouvelle-Angleterre », note encore Sylvie Harvey.

Encore des questions

Le tiers de la portion du trajet de 300 kilomètres traversant le New Hampshire sera enfoui, en partie dans la campagne, en partie dans les Montagnes Blanches.

« Il reste encore du travail d’information à faire auprès des citoyens de la MRC, reprend Sylvie Harvey. Il y aura des citoyens impactés même avec l’enfouissement, il faut répondre aux questions des gens. Hydro-Québec devrait s’occuper de cette partie informative avant les Fêtes. »

Hydro-Québec doit aussi obtenir un certificat d’autorisation du ministère de l’Environnement, souligne le député de Saint-François Guy Hardy. « Mais ça devrait être une simple formalité », insiste-t-il, heureux que la concertation régionale ait porté fruit.

« Il y a eu beaucoup de négociations, entre autres avec Forêt Hereford et Hydro-Québec, mais le résultat est heureux pour tout le monde », note-t-il.

Aux États-Unis, le permis présidentiel a été accordé la semaine dernière à Eversource Energy, le partenaire américain d’Hydro-Québec dans ce projet de ligne de transport d’électricité Northern Pass. L’appel d’offres lancé en mars dernier par le Massachusetts avait suscité l’intérêt. Près d’une vingtaine de projets avaient été déposés, dont celui de Northern Pass évalué à 620 millions $ pour la partie québécoise et 2,1 milliards $ du côté américain. La décision doit être rendue en janvier.

Rappelons que lors de son passage en Estrie la semaine dernière, le premier ministre du Québec Philippe Couillard avait joint sa voix à celles de ses collègues de l’Estrie Guy Hardy et Luc Fortin, en se disant favorable à l’enfouissement du tronçon.