Le ministre de la Famille, Luc Fortin, a aussi annoncé que 3800 places en CPE qui avaient été mises sur la glace pourront être créées.

Québec crée 2000 nouvelles places en CPE

Le gouvernement crée 2000 nouvelles places dans des Centre de la petite enfance (CPE) et des garderies subventionnées, après s’être livré à un grand exercice de cartographie des besoins des parents québécois.

Le ministre de la Famille, Luc Fortin, a admis lors de l’annonce mardi à Montréal, que les fonds étaient déjà disponibles dans le budget de son ministère et qu’aucune nouvelle enveloppe n’était requise pour arriver à créer ces places. Sa préoccupation était plutôt d’annoncer un plan pour «que chaque place soit créée à la bonne place».

Son prédécesseur, le ministre Sébastien Proulx, avait enclenché au printemps 2017 un vaste exercice de révision des places en garderie au Québec. En se basant sur les renseignements du guichet centralisé Place 0-5 ans et sur les prévisions de naissances, le ministère de la Famille a produit pour la toute première fois des cartes géographiques de tous les secteurs du Québec, qui montrent s’ils sont en surplus, en équilibre ou en déficit de places. 

Ces données, qui devraient dorénavant guider le développement du réseau, seront mises à jour deux fois par année. Le ministère de la Famille n’a pas l’intention de retirer des places de garde subventionnées aux régions qui sont en surplus, mais il n’en créera pas de nouvelles, ou agira avec plus de parcimonie. 

Après des années où il a laissé se développer des garderies privées non subventionnées, le gouvernement libéral fait volte-face dans son approche et octroie 85% des 2000 nouvelles places à CPE, le reste allant à des garderies privées subventionnées.

Retards

Le ministre Fortin a aussi annoncé que 3800 places en CPE qui avaient été mises sur la glace pourront être créées. Ces places avaient au départ été prévues pour 2015. Québec avait en mains 275 projets approuvés, dont 92 pourront aller de l’avant à la suite d’une réévaluation des besoins sur le territoire.

Les restrictions budgétaires et, surtout, les nouvelles règles de financement imposées aux CPE expliquent le retard dans la mise en oeuvre de ces projets.

Tous les projets de développement en CPE qui impliquent des immobilisations étaient autrefois financés à 100% par le gouvernement, mais celui-ci a décidé, au début du mandat des libéraux de Philippe Couillard, qu’il n’en financerait plus que la moitié, les CPE devant assumer l’autre moitié.

Le ministre Fortin a annoncé mardi que l’on n’exigerait plus que 25% du financement de la part des CPE et même que Québec absorberait la totalité des coûts d’immobilisation pour les projets situés dans des villes ou des quartiers défavorisés, dans les régions ressources et dans les milieux autochtones.

L’Association québécoise des CPE a accueilli avec beaucoup de réserves cette annonce.

Son président-directeur général, Louis Senécal, qui était présent au CPE où elle a eu lieu, s’est certes réjoui de la création de 2000 nouvelles places, mais a rappelé que les 3800 autres accusaient au moins quatre ans de retard.

Selon lui, cet ajout demeure un «coup d’épée dans l’eau» par rapport aux besoins toujours existants des familles québécoises.

Suzanne Gagnon, de l’Association des garderies non subventionnées en installation (AGNSI), est heureuse que le gouvernement ait produit des cartes géographiques qui vont aider la prise de décision de ceux qui veulent ouvrir des garderies. Elle déplore toutefois que le manque de reconnaissance du gouvernement à l’égard de ses membres, qui subiront la concurrence des nouvelles places subventionnées. «Le gouvernement était content qu’on soit là dans les années où il n’avait pas les moyens d’investir dans les CPE, mais aujourd’hui, il n’y rien pour nous», affirme Mme Gagnon.  Avec La Presse canadienne

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NOUVELLES PLACES SUBVENTIONNÉES PAR RÉGION

Montréal: 988

Capitale-Nationale: 307

Outaouais: 191

Chaudière-Appalaches: 155

Laurentides: 74

Centre-du-Québec: 65

Montérégie: 62

Mauricie: 50

Estrie: 34

Bas-Saint-Laurent: 25

Lanaudière: 25

Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine: 24

Côte-Nord: 0

Saguenay-Lac-Saint-Jean: 0

Laval: 0

Nord-du-Québec: 0

Abitibi-Témiscamingue: 0

Source: Données du ministère de la Famille. Les places sont attribuées à des sous-régions précises à l’intérieur de ces régions.