Québec accueillera la première station à l’hydrogène de la province

La Ville de Québec accueillera l’an prochain la première station québécoise de recharge pour véhicules à hydrogène au Québec. Un projet-pilote de 5 millions $ qui alimentera une première flotte d’une cinquantaine de véhicules de marque Toyota.

C’est une première véritable station dans le domaine public en province, si on exclut celles des installations de Toyota à Brossard et de l’Institut de recherche sur l’hydrogène à Trois-Rivières. 

La station sera implantée chez le marchand Esso situé à l’intersection du boulevard Hamel et de la rue Saint-Jean-Baptiste, près de l’autoroute Henri-IV. Le site a été choisi pour sa proximité des autoroutes.

Le coût de l’équipement est de 5 millions $. Il est partagé entre le gouvernement du Québec (2,9 millions $), le fédéral (1 million $) et Harnois, Groupe pétrolier (1,1 million $). Il s’agira de la première station multicarburants où il sera possible de se procurer, outre l’hydrogène, de l’électricité aux bornes d’alimentation, du carburant et du propane, se félicite Serge Harnois, du groupe du même nom.

Johanne Gélinas, PDG de Transition énergétique Québec, le bras «vert» du ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles, précise que c’est un projet-pilote qui permettra de  «collecter de l’information technique, d’évaluer la satisfaction des utilisateurs et faire un suivi de la performance des véhicules.»

50 Toyota Mirai

Le centre de gestion des équipements roulant du gouvernement du Québec s’est engagé à acquérir 50 automobiles Toyota Mirai pour l’expérience. De ce nombre, la Ville de Québec en utilisera quelques-uns pour ses propres besoins. La Mirai n’est pas encore accessible au grand public.

C’est que le marché des véhicules à l’hydrogène est actuellement inexistant au Québec. La construction de cette station est en lien avec la volonté de Toyota de faire du Québec un banc d’essai pour sa Mirai.

L’hydrogène sera produit sur place par électrolyse. Il s’agit d’extraire l’hydrogène en passant un courant électrique dans l’eau. L’avantage de ce procédé est qu’il n’émet aucun gaz à effet de serre.

Le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Moreau, rappelle que ce projet s’inscrit dans la politique énergétique 2030 de son gouvernement. «La transition énergétique, ce n’est pas une option, c’est une obligation, tranche-t-il, en parlant de prospérité verte. Au Québec, il y a un marché potentiel intéressant pour le développement de la filière à hydrogène en raison de notre potentiel hydraulique et de notre capacité de stockage [...]. Nous avons la chance de produire de l’hydrogène propre qui pourrait nourrir un marché d’exportation [...] fait à partir d’une source d’énergie inépuisable, l’électricité.»  

Il en coûte 10 dollars le kilo pour faire le plein d’hydrogène. Avec cinq kilos, la Mirai peut parcourir 500 kilomètres. Pour le projet-pilote, le coût de production égale quasiment le prix de vente. Il faudrait peut-être revoir la structure des coûts, advenant la vente à grande échelle, pour que le consommateur trouve un avantage financier à se procurer un véhicule à hydrogène. Mais on n’en est pas encore là, a précisé le ministre Moreau, soulignant au passage qu’il ne s’agit pas ici de faire concurrence aux véhicules à alimentation par borne électrique, mais de diversifier l’offre. 

La prochaine étape consistera à installer une seconde station dans la métropole pour constituer le début d’un réseau d’alimentation. 

Illustration du projet de station à hydrogène

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EN QUELQUES MOTS

Hydrogène: Élément le plus abondant dans l’univers, il est présent dans les plantes, l’eau et le fumier animal. Il est produit par plusieurs procédés de séparation.

Électrolyse: Réaction par laquelle l'hydrogène est extrait en passant un courant électrique dans l’eau.

Vaporeformage: De la vapeur à haute température est combinée à un gaz ou un liquide contenant de l’hydrogène. La réaction qui s’enclenche permet de séparer et d’extraire l’hydrogène.

Gazéification: Même principe que le vaporeformage. Des matières organiques comme les déchets de bétail remplacent le gaz ou un liquide.

Véhicule à hydrogène: L’hydrogène est acheminé à une pile qui envoie de l’énergie au moteur électrique en mélangeant l’hydrogène avec l’oxygène de l’air. Le véhicule est aussi muni d’une batterie qui stocke l’énergie pendant la décélération et fournit une puissance d’appoint pendant l’accélération.