L’enseignant Raphaël Beaumont avait un contrat d’enseignement de l’anglais à l’école des Sentiers. La commission scolaire a appris mercredi matin que des accusations avaient été portées contre lui. Il a été aussitôt été relevé de ses fonctions.

Prostitution juvénile: un enseignant de l’école des Sentiers relevé de ses fonctions

Un enseignant de l’école secondaire des Sentiers, à Charlesbourg, fait partie des cinq «clients» épinglés par la police de Québec dans une série d’arrestations liées à la prostitution juvénile.

Raphaël Beaumont, 24 ans, a été arrêté début février pour avoir présument tenté d’acheter les services sexuels de mineures. Comme quatre autres hommes de la région de Québec épinglés dans le coup de filet du Service police de police de la Ville de Québec (SPVQ), il a comparu mercredi, au palais de justice de Québec. Il demeura en liberté durant les procédures, mais doit observer plusieurs conditions. 

La secrétaire générale de la commission scolaire des Premières-Seigneuries, Martine Chouinard, indique que Beaumont avait un contrat d’enseignement de l’anglais à l’école des Sentiers. La commission scolaire a appris mercredi matin que des accusations avaient été portées contre lui. L’enseignant a été aussitôt été relevé de ses fonctions. 

«Selon les informations qu’on a, il n’y aurait pas d’élèves de la commission scolaire concernés par la situation», précise Mme Chouinard. 

Soutien aux élèves

Mercredi, des élèves et le personnel de l’école ont été rencontrés pour être informés de la suspension de Raphaël Beaumont. Les parents ont aussi été avertis par courriel. 

Des psychologues, des psychoéducateurs et des techniciens en éducation spécialisés ont été mobilisés pour soutenir les élèves qui en ont besoin. 

«Ce sont des évènements qui ont un impact et qui bouleversent le milieu scolaire», dit Martine Chouinard. «C’est sûr qu’on va rester disponible et très près de notre établissement secondaire pour voir comment les jeunes réagissent.»

Selon Mme Chouinard, Beaumont ne s’était pas présenté à l’école des Sentiers depuis le 20 février. Il n’avait pas informé l’établissement de son arrestation. Les antécédents judiciaires de l’enseignant avaient été vérifiés avant son embauche en octobre 2017, assure la secrétaire générale. 

Autres accusés

Raphaël Beaumont n’était pas le seul à être accusé à la suite du coup de filet du SPVQ. Thierry Ismaël Kamgha Kenkouo, 38 ans, de Québec, Miguel Angel Cazares Palacios, 50 ans, de Québec, Stéphane Fleury, 50 ans, de Saint-Augustin-de-Desmaures, Dave Hamel, 39 ans, de Québec ont aussi été accusés de leurre à l’endroit d’une personne mineure et d’avoir communiqué avec une personne de moins de dix-huit ans pour acheter ses services sexuels. 

Les accusés pourront rester en liberté sous plusieurs conditions, notamment ne pas se trouver dans les bars de danseuses, salons de massage et motels associés à des activités de prostitution. Ils ne pourront pas non plus fréquenter les sites de clavardage à caractère sexuel.

Ils doivent s’abstenir d’être en présence de jeunes de moins de 18 ans sauf en présence d’adultes au courant des accusations. Leurs dossiers reviendront à la cour le 4 avril.

Tactique secrète

La police de Québec avait arrêté les cinq accusés au début du mois de février grâce à une tactique qui ne peut pas être dévoilée, indique David Poitras, porte-parole du SPVQ. 

C’était la première «opération d’envergure» ciblant spécifiquement des clients depuis la création de l’unité contre l’exploitation sexuelle des mineurs (ESM) en septembre 2015, indique David Poitras, porte-parole du SPVQ. 

La stratégie de l’ESM se divise en deux volets, explique M. Poirtras. La première, «c’est d’arrêter des proxénètes qui, eux, utilisent des personnes mineures pour faire de la prostitution sur leur dos. Et l’autre partie, c’est d’arrêter des clients qui savent pertinemment qu’ils vont obtenir des services sexuels d’une personne mineure». 

Sept enquêteurs du SPVQ font partie de l’unité contre l’exploitation sexuelle des mineurs.