La cour de l’école Centrale, à Saint-Joachim-de-Shefford, a aussi un chapiteau transformé en classe extérieure.
La cour de l’école Centrale, à Saint-Joachim-de-Shefford, a aussi un chapiteau transformé en classe extérieure.

Profiter de l’extérieur pour fuir la chaleur dans les classes

Les ventilateurs portatifs pourront être utilisés dans les classes de la Commission scolaire du Val-des-Cerfs, à condition d’être fixes et de ne pas projeter l’air sur quelqu’un. Même si les écoles de la région peuvent utiliser des ventilateurs avec précaution, certains enseignants ont changé leur façon de faire afin de transformer la cour d’école en salle de classe.

Depuis le début du retour en classe, les enseignants des écoles de Sutton et de Saint-Armand exploitent au maximum la cour de l’école. Choyés, les élèves de Sutton profitent notamment d’un boisé et d’une petite rivière qui passe dans la cour de l’école.

«On est privilégié parce qu’on a accès à une forêt et qu’il fait beaucoup plus frais sous les arbres, souligne Frédérique Bruneau, qui enseigne à une classe de cinquième et sixième année. Depuis le début du retour à l’école, on en profite pour aller travailler dans le bois. C’est plus facile de faire respecter les mesures de distanciation physique.»

Habituellement, ce n’est que dans les derniers jours d’école, lorsque la chaleur se fait plus présente, que les élèves de Sutton font la classe à l’extérieur. C’est alors plus difficile de travailler. En intégrant cette pratique dès le retour, les enfants ont été capables de se concentrer plus facilement, constate Mme Bruneau.

Le fait qu’il n’y ait pas de tests ni d’examens du ministère enlève aussi un grand stress sur les épaules des enfants et de leurs enseignants.

«Ce sont des conditions gagnantes pour essayer de nouvelles techniques d’enseignement. Les élèves de quatrièmes, cinquièmes et sixièmes années sont arrivés à l’école avec une chaise de camping et on sort dehors le plus souvent possible. C’est facile pour eux de se mettre à la tâche. Les élèves trouvent aussi que le bruit fort de l’eau leur permet de se concentrer.»

Les cinq minutes de marche pour se rendre à la rivière leur permettent aussi de bouger et la rivière leur donne la possibilité de se rafraichir en y trempant ses pieds. «Cet après-midi on a fait de l’aquarelle et plusieurs avaient les pieds dans l’eau.»

Les cinq minutes de marche pour se rendre à la rivière leur permettent aussi de bouger et la rivière leur donne la possibilité de se rafraichir en y trempant ses pieds.

La mission des enseignants est que cette pratique devienne naturelle afin de pouvoir l’intégrer dans la routine habituelle lorsqu’elle reprendra.

Sous chapiteau

La petite école Notre-Dame-de-Lourdes, à Saint-Armand, a opté pour des cours à l’extérieur depuis le retour de ses élèves. Les quatre enseignants et leurs protégés passent 90 % de leur temps à l’extérieur. Et les enfants adorent ça.

Ils voient ça comme un privilège, observe Alexandra Couture, qui enseigne aux enfants de troisième cycle. Chaque élève a accès à un outil techno, soit une tablette ou un portable, qu’il ne partage pas parce qu’on en a assez. Et on leur a dit, dès le début, de s’habiller en conséquence de la température. On va dehors beau temps, mauvais temps, tant que ce n’est pas dangereux. Avec la classe extérieure, on a essayé de faire ressortir le positif dans le négatif.»

Il leur arrivait souvent de sortir de l’école pour travailler dehors, notamment pour certains cours comme les sciences, mais jamais pour autant d’apprentissages.

«On essaie d’être créatives pour trouver des endroits à l’ombre pour nos élèves, mais avec les grosses chaleurs, on s’est dit qu’on pourrait lancer un appel à tous dans la communauté, qui répond toujours à nos demandes.»


« Les enfants voient ça comme un privilège. »
Alexandra Couture, enseignante

Et la communauté a répondu à l’appel. Six abris ont été installés dans la cour pour offrir un peu plus d’ombre aux quatre classes, à tour de rôle. Et puis, Construction Beaudoin, à Bedford, a avisé l’école mardi qu’elle irait installer un chapiteau de 12 mètres par 12 mètres que l’école pourra garder jusqu’à la fin de l’année scolaire.

«On était vraiment contentes et touchées de voir cet élan de générosité là ! On a toujours une belle réponse de la communauté», commente Mme Couture.

Des 56 élèves, divisés par cycle, 31 ont fait un retour à l’école. Les autres participent à un cours en ligne. Les classes entrent en alternance à l’intérieur le temps de donner ce cours en ligne.

L’école Centrale, à St-Joachim-de-Shefford, a aussi opté pour le chapiteau en guise d’abri contre le soleil plombant. Selon nos informations, il s’agit d’une initiative de l’équipe-école, qui a trouvé un commanditaire pour le prêt jusqu’à la fin de l’année scolaire. L’ameublement se trouvait déjà à l’école.

Les élèves de l’école Notre-Dame-de-Lourdes, à Saint-Armand, profitent de la présence d’abris prêtés par la communauté pour avoir un peu d’ombre.