Le procès devant jury d’Éric Michaud pour voies de fait graves sur un bébé de 15 mois s’est poursuivi, mercredi, au palais de justice de Shawinigan.

Procès d'Éric Michaud: à la recherche des sources de chaleur

SHAWINIGAN — Le procès devant jury d’Éric Michaud pour voies de fait graves sur un bébé de 15 mois s’est poursuivi, mercredi, au palais de justice de Shawinigan, avec les témoignages de policiers, dont l’enquêteur et le technicien en scène de crimes qui ont passé au peigne fin le logement du suspect.

Dans le cadre de leur travail, Bruce Lord et Philippe Martin ont ratissé l’endroit à la recherche des sources de chaleur pouvant être à l’origine des brûlures de l’enfant. Sachant que l’une des hypothèses avancées était que l’enfant pouvait s’être ébouillanté les mains avec l’eau du bain (selon les dires du suspect), la température a donc été évaluée avec un thermomètre infrarouge. Les examens fait sur place pendant cinq minutes, à pleine pression, ont révélé que la température maximale de l’eau chaude s’écoulant du robinet est de 51,3 degrés Celsius. Des experts devraient éventuellement venir témoigner à ce sujet.

Selon le technicien en scène de crimes, Philippe Martin, l’eau s’accumulait un peu autour du drain dans le fond du bain mais pas de façon significative. Lui et son collègue, l’enquêteur Lord, ont également pris en note les informations relatives au chauffe-eau. Les policiers ont aussi saisi, dans la salle de bain, une débarbouillette tachée de sang pour analyse.

Lorsqu’il a été contre-interrogé par l’avocate de la défense, Me Pénélope Provencher, Philippe Martin a cependant admis qu’il n’avait pas procédé au calibrage et à l’étalonnage du thermomètre avant de l’utiliser. Il avait par contre pris soin de s’assurer auprès du service d’incendie lui ayant fourni l’appareil que celui-ci était en bon état.

Une attention particulière a également été portée du côté de la friteuse. On sait que la procureure de la Couronne, Me Émilie Goulet, entend faire la preuve que le suspect a délibérément plongé les mains du bébé dans l’huile de la friteuse après le repas du soir le 29 juillet 2017. Même s’ils sont arrivés quelques heures plus tard dans le logement, les policiers ont indiqué avoir senti une odeur de friture. Dans la friteuse, un petit résidu d’origine inconnue, a d’ailleurs été prélevé pour analyse. L’appareil de cuisson, qui se trouvait sur le comptoir, a évidemment été saisi avec tout son contenant. Les résultats devraient être dévoilés plus tard dans le cadre du procès.

Des vêtements présentant des tâches, qui pourraient être ceux du bébé de 15 mois, ont aussi être retrouvés sur le comptoir, non loin de la friteuse. Ils ont été saisis et envoyés pour expertise au Laboratoire de médecine légale et de sciences judiciaires. À une question de Me Provencher, le technicien Martin a par contre répondu n’avoir pas remarqué de gouttelettes d’huile sur le comptoir et le plancher.

Par ailleurs, les policiers ont noté la présence d’un trou dans un mur de l’appartement. Selon eux, cela pourrait correspondre à un coup de poing. Ils ont aperçu aussi des résidus de peinture et de gypse par terre.

Enfin, le sergent Lord a indiqué s’être rendu quelques jours plus tard dans un autre logement à proximité pour y saisir un drap et des housses de coussin se trouvant sur un sofa.

Le procès devrait durer encore trois semaines.