Préposés aux bénéficiaires: formation rémunérée et poste permanent garanti [VIDÉO]

Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale a annoncé mercredi de nouvelles mesures pour favoriser le recrutement et la rétention de préposés aux bénéficiaires (PAB) dans ses CHSLD: non seulement il rémunérera les aspirants PAB pendant leur formation pratique, mais il leur garantira aussi un poste permanent au terme de leurs études, comme il en offrira un à ses 2300 préposés déjà à l’emploi.

Chaque élève qui complète la formation pour devenir préposé en CHSLD recevra une rémunération de près de 15 000$. La formation donnée par le centre de formation professionnelle Fierbourg en est une de 870 heures, mais c’est seulement la portion pratique de 665 heures en CHSLD qui sera rémunérée, précise la directrice des ressources humaines du CIUSSS, France Gaudreault. 

«Le fait de rémunérer plus de 75% de la formation permettra aux élèves de quitter leur emploi actuel pour suivre leur formation. Ils pourront aussi savoir rapidement si le milieu de travail leur convient ou pas», explique Mme Gaudreault, qui croit aussi que la formation «en techno-pédagogie, avec iPad» saura attirer les jeunes recrues. 

Le CIUSSS vise avec cette mesure à recruter 125 nouveaux PAB, ce qui comblera près de la moitié des besoins actuels, estimés à 300. L’investissement s’élève à 1,5 million $. «Il provient d’un surplus qu’on a fait bien malgré nous, soit des quarts de travail qui sont restés à découvert, qu’on n’arrivait pas à remplacer», mentionne France Gaudreault. 

Le mois dernier, le manque de préposés était à ce point criant qu’un appel aux cadres, gestionnaires et infirmières avait été lancé pour qu’ils viennent prêter main-forte le temps d’un week-end. Une cinquantaine de quarts de travail devaient alors être comblés sur un total de 1600. Depuis le 1er avril 2018, environ 300 préposés ont été embauchés, mais les besoins sont toujours en croissance, expliquait-on au CIUSSS.

Prime de supervision

Pendant leur formation pratique, les élèves seront supervisés par un PAB déjà à l’emploi. Celui-ci se verra offrir une prime d’environ 550$ pour prendre deux élèves sous son aile, précise la directrice des ressources humaines du CIUSSS. 

Dès la fin de leurs études, les aspirants PAB obtiendront un poste permanent dans le réseau et bénéficieront «d’avantages sociaux intéressants et d’une sécurité d’emploi», fait encore valoir Mme Gaudreault. Les 2300 préposés déjà à l’emploi se verront également offrir une permanence, qu’ils travaillent à temps plein ou à temps partiel. «Ils auront le choix de continuer à temps partiel ou d’aller vers un temps plein», précise-t-elle. 


« Le fait de rémunérer plus de 75 % de la formation permettra aux élèves de quitter leur emploi actuel pour suivre leur formation »
France Gaudreault, directrice des ressources humaines du CIUSSS-CN

Si cette mesure n’a pas été adoptée avant, c’est que le CIUSSS n’avait pas «la marge de manoeuvre» pour la mettre en application. «Il fallait respecter les anciennes accréditations syndicales [datant de l’ère pré-CIUSSS]. Mais maintenant qu’elles ont été fusionnées, on a les leviers pour offrir des postes permanents à tous les préposés», explique Mme Gaudreault.

Selon elle, les deux mesures annoncées mercredi sont «la meilleure formule qu’on a vue jusqu’à maintenant» pour contrer la pénurie de main-d’oeuvre, diminuer la charge de travail des PAB et améliorer leurs conditions. 

Au Syndicat (CSN) des travailleuses et des travailleurs du CIUSSS de la Capitale-Nationale, si on se réjouit des initiatives lancées par l’employeur pour favoriser le recrutement et la rétention de la main-d’oeuvre, on se demande comment les PAB déjà débordés trouveront le temps de superviser des élèves. «On est en sous-effectifs... Mon inquiétude, c’est s’ils arriveront à trouver des préposés qui accepteront de superviser des élèves en plus de tout le reste» pour environ 5$ de plus par jour, dit le président du Syndicat, Richard Boissinot.