Poursuite contre Mitsubishi: le patron de Bombardier est intervenu

MONTRÉAL - À deux reprises, le président et chef de la direction de Bombardier est intervenu pour tenter de régler le différend entre l’avionneur québécois et Mitsubishi à propos d’un vol présumé de propriété intellectuelle, qui se retrouve maintenant devant les tribunaux américains.

Par l’entremise de missives, Alain Bellemare a prévenu le président du conseil d’administration de Mitsubishi Heavy Industries, Hideaki Omiya, que les pratiques de sa filiale Mitsubishi Aircraft causaient des «préjudices importants» à Bombardier.

Dans une lettre envoyée le 27 janvier 2017, M. Bellemare souligne que son équipe a reçu l’ordre de prendre «tous les moyens nécessaires afin de protéger la propriété intellectuelle (de l’entreprise) ainsi que de son savoir-faire».

Ce document fait partie de la preuve déposée par l’avionneur québécois auprès du tribunal du district ouest de Seattle avec sa poursuite, dans laquelle il allègue que certains de ses employés, dont plusieurs Québécois, ont illégalement transmis à la société japonaise des documents contenant des secrets industriels pour ensuite venir gonfler ses rangs.

La poursuite vise également Aerospace Testing Engineering & Certification (AeroTEC), qui épaule Mitsubishi dans le cadre du développement de son avion de ligne MRJ, qui accumule les retards et dont la mise en service est désormais attendue en 2020.

Dans ses reproches, Bombardier affirme que Mitsubishi Aircraft et AeroTEC auraient recruté pas moins de 92 de ses employés au Québec et aux États-Unis. Des secrets industriels concernant le processus de certification auprès de Transport Canada et son pendant américain - la Federal Aviation Administration - auraient été transmis.

Dans sa lettre du début 2017, M. Bellemare indique clairement qu’il craint que les travailleurs recrutés par la société japonaise n’utilisent la propriété intellectuelle de Bombardier afin d’aider au développement du MRJ, qui peut transporter jusqu’à 90 passagers et concurrencer des appareils de la société québécoise.

Les allégations avancées dans la poursuite n’ont pas encore été prouvées devant un tribunal.