Le conflit trouve ses racines dans les inégalités salariales perçues entre les facteurs urbains majoritairement masculins et la majorité de leurs homologues dans les régions rurales et suburbaines, qui sont des femmes.

Postes Canada attribue une perte au deuxième trimestre à l'équité salariale

OTTAWA — Le service postal du Canada a enregistré une perte de près d'un quart de milliard de dollars au deuxième trimestre, ce qu'il a attribué à un immense paiement qu'il s'attend à devoir faire pour régler un conflit sur l'équité salariale avec son plus gros syndicat.

Postes Canada a affiché mardi une perte avant impôts de 242 millions $ au deuxième trimestre, ce qui représente une baisse spectaculaire par rapport au bénéfice de 27 millions $ réalisé au cours de la même période en 2017.

Tout de même, Postes Canada a laissé la porte ouverte à une révision importante de ces chiffres, en fonction des résultats des négociations en cours avec le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP) visant à parvenir à une entente en matière d'équité salariale.

«Un processus de médiation est en cours pour parvenir à une entente négociée», a souligné Postes Canada par communiqué.

«Lorsque le processus sera terminé, la société sera en mesure de divulguer les répercussions financières de l'entente, qui pourraient différer fortement des estimations constatées au cours de ce trimestre», a-t-on ajouté.

La société de la Couronne et le STTP ont convenu d'entamer des pourparlers de médiation au début de juin, dans le but de parvenir à un accord d'ici la fin du mois d'août sur la rémunération des facteurs dans les régions suburbaines et rurales.

Ces pourparlers sont en cours, mais l'arbitre Maureen Flynn a prévenu qu'elle imposerait une décision finale si les deux parties n'arrivaient pas à conclure un accord avant le 31 août.

Facteurs urbains et facteurs ruraux

Le conflit trouve ses racines dans les inégalités salariales perçues entre les facteurs urbains majoritairement masculins et la majorité de leurs homologues dans les régions rurales et suburbaines, qui sont des femmes.

Mike Palecek, président national du STTP, a affirmé que la perte de la société au deuxième trimestre incluait un «paiement non récurrent» qu'elle devra faire pour être en conformité avec la loi.

«Pendant des décennies, Postes Canada a traité les facteurs dans les régions rurales et suburbaines comme des travailleurs de deuxième classe», a-t-il déclaré.

«Finalement, la justice est à l'horizon pour ces travailleurs. Postes Canada ne peut plus se soustraire à l'équité salariale», a soutenu M. Palecek.

Le STTP et Postes Canada sont aussi dans le processus de négocier une nouvelle convention collective. La précédente est venue à échéance en décembre 2017, et le syndicat a demandé à ses membres de voter sur des moyens de pression avant le 9 septembre.

Postes Canada a également annoncé mardi qu'elle avait subi une perte d'ensemble avant impôts de 172 millions $ pour le premier semestre de 2018, comparativement à un bénéfice de 77 millions $ pour la même période l'an dernier.

La société a déclaré que les pertes étaient survenues malgré une augmentation de près de 20 % des revenus tirés de la livraison de colis au deuxième trimestre, par rapport aux trois mêmes mois en 2017.

Grâce à la popularité des achats en ligne, le service de colis de la société a connu une croissance constante ces dernières années.

Certains observateurs de l'industrie ont prédit que les recettes tirées des colis pourraient encore augmenter, en particulier si les négociations visant à mettre à jour l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) entraînent une augmentation de la quantité de marchandises expédiées des États-Unis exemptes de tarifs douaniers.