Le 26 mars 2015, lors d’une houleuse manifestation contre l’austérité devant l’Assemblée nationale, la manifestante Naomie Tremblay-Trudeau a été atteinte au visage par un tir de l’agent Charles-Scott Simard.

Policier de Québec blâmé pour un tir sur une manifestante

Le policier Charles-Scott Simard, préposé aux irritants chimiques à la police de Québec, n’a pas utilisé son fusil «avec prudence et discernement» à l’endroit d’une jeune manifestante en mars 2015, conclut le Comité de déontologie policière.

Le président du Comité, Me Pierre Gagné, en arrive à ce constat après avoir entendu des témoins civils, policiers et experts durant huit jours en septembre.

Le 26 mars 2015, lors d’une houleuse manifestation contre l’austérité devant l’Assemblée nationale, la manifestante Naomie Tremblay-Trudeau a été atteinte au visage par un tir de l’agent Charles-Scott Simard, préposé aux irritants chimiques et membre de l’unité de contrôle de foule. La jeune femme a dû être hospitalisée brièvement pour soigner de larges ecchymoses à la bouche et au bas du visage. 

Tous les témoins policiers et experts, y compris le policier Charles-Scott Simard, ont affirmé devant le Comité qu’un préposé aux irritants chimiques doit viser le «centre-masse» soit la partie du corps allant de la ceinture aux épaules. 

L’agent Simard a manifestement visé trop haut, fait remarquer le président du Comité Me Pierre Gagné. « L’agent Simard n’a pas visé le «centre-masse», il a visé au niveau du visage, sachant que cela pouvait être dangereux.» 

Le Comité conclut aussi que le policier n’a pas maintenu une distance sécuritaire minimale de 1 mètre entre la bouche du canon et sa cible. Naomie Tremblay-Trudeau se trouvait à environ 0,91 mètre de la bouche du canon.

Un expert en balistique entendu par le Comité a évalué la vitesse moyenne des débris à 98 mètres par seconde pour une distance de 107 cm. «Cette vitesse moyenne des débris permet de comprendre aisément pourquoi il est dangereux de viser à la hauteur du visage d’une personne», écrit Me Pierre Gagné.

Naomie Tremblay-Trudeau

Le Comité de déontologie policière souligne que la jeune manifestante aurait pu être encore plus gravement blessée si, au lieu d’atteindre son menton, les débris l’avaient frappée quelques centimètres plus haut, au niveau des yeux. Le Comité rappelle que lors d’un tir de Muzzle Blast, les débris sont projetés de manière complètement aléatoire.

Un autre préposé aux irritants chimiques, qui se trouvait à quelques mètres de Charles-Scott Simard lors de la manifestation, a visé «en bas du corps», note Me Gagné, et a lui atteint les hanches des manifestants. Dans un autre peloton, un troisième policier a atteint la poitrine d’un manifestant.

Le Comité de déontologie policière devra maintenant déterminer la sanction à imposer à l’agent Simard, préposé aux irritants chimiques pour la police de Québec depuis 2011.

Charles Scott-Simard en septembre 2017