Alors que des travailleurs ramassaient les carcasses des poissons morts, le ministère québécois de l’Environnement déployait un poste de commandement aux abords de la rivière des Outaouais pour faciliter son enquête.

Poissons morts en Outaouais: l’enquête du ministère se met en branle

L’enquête du ministère québécois de l’Environnement s’intensifie aux abords de la rivière des Outaouais pour déterminer la cause exacte de la mort de centaines de poissons au cours des dernières semaines.

Une porte-parole du ministère confirme qu’un poste de commandement mobile a été déployé près du traversier entre Masson et Cumberland « afin de poursuivre les vérifications en continu sur le terrain ».

Le Droit a pu constater la présence de nombreux experts du ministère sur les lieux, vendredi matin, au lendemain de propos du ministre de l’Environnement, Benoit Charette, qui a affirmé que les opérations de l’entreprise Brookfield sur la rivière du Lièvre seraient en cause.

Il a toutefois été impossible d’en connaître davantage sur la nature du travail réalisé dans le secteur et des analyses conduites par le gouvernement du Québec.

« Dans le contexte où le Ministère a initié une enquête formelle, nous n’émettrons pas de commentaire supplémentaire notamment concernant la nature des actions posées dans le cadre de l’enquête », a répondu la conseillère en communication du ministère de l’Environnement, Sophie Gauthier.

Plus tôt en matinée, un citoyen du secteur Masson-Angers rencontré par Le Droit près du traversier se plaignait de l’absence d’information disponible pour les citoyens.

« Il me semble qu’une séance d’information pour les citoyens, avec les députés de la région et des experts du ministère de l’Environnement, ça serait la moindre des choses, affirme Marc Sarazin. J’aurais beaucoup de questions à poser. »

De leur côté, des citoyens du chemin du Fer à Cheval rencontrés vendredi matin en avaient surtout contre l’odeur nauséabonde causée par la putréfaction de tous ces poissons.

Des travailleurs de l’entreprise Lafleur de la Capitale était justement dans le secteur pour ramasser des carcasses de tous ces animaux aquatiques. 

En bateau, ils ramenaient des sacs remplis de poissons à la berge pour les laisser dans la zone de chargement d’une camionnette, pour en disposer plus tard dans un endroit approprié.

Brookfield veut collaborer

Vingt-quatre heures après avoir été pointée du doigt, l’entreprise Brookfield – qui opère une centrale hydro-électrique sur la rivière du Lièvre – affirme qu’elle souhaite « collaborer avec toutes les entités gouvernementales dans ce dossier » et souligne qu’on ne lui a toujours pas partagé d’information supplémentaire.

Une porte-parole a réitéré dans un courriel que tout le monde au sein de l’entreprise a appris dans les médias que Brookfield était mise en cause. 

Elle répète également que leurs opérations « sont demeurées les mêmes » au cours des dernières semaines et qu’aucun produit n’est ajouté dans l’eau de la rivière pour produire l’électricité.