La centrale hydro-électrique de Brookfield à Gatineau pourrait être en cause dans la mort de milliers de poissons dans la rivière des Outaouais.

Poissons morts en Outaouais: le barrage de Brookfield peut-être en cause

La centrale hydro-électrique de Brookfield à Gatineau pourrait être en cause dans la mort de milliers de poissons dans la rivière des Outaouais, a indiqué le ministre québécois de l’Environnement, Benoit Charette.

«On ne parle plus d’un déversement chimique ou d’un contaminant de nature chimique, mais bien au niveau des opérations de la centrale hydro de Brookfield, a indiqué le ministre Charette en entrevue avec Le Droit. C’est la piste qui est présentement sous enquête.»

Sans dévoiler de détails «pour ne pas nuire aux éléments d’enquête», le ministre a précisé que «les derniers éléments nous permettent de concentrer nos efforts à cet endroit», au barrage de la rivière du Lièvre, dans le secteur Buckingham.

Dans un courriel, la vice-présidente des affaires publiques et développement durable d’Énergie renouvelable Brookfield, Vanessa Pilotte, affirme avoir eu vent par les médias que l’entreprise était pointée du doigt.

«Je peux vous dire que nos opérations sont demeurées les mêmes et rien n’a changé dans notre façon de produire de l’électricité», a-t-elle répondu.

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«Il faut rappeler que nous n’ajoutons rien dans l’eau de la rivière pour produire de l’électricité. Nous continuons d’offrir notre entière collaboration aux différentes entités gouvernementales responsables.»

Malgré cette nouvelle piste, aucun autre scénario n’est exclu pour autant par le ministère de l’Environnement.

Un poste de commandement de type motorisé, «avec tous les outils nécessaires», sera mis en place afin de continuer le triage des différentes analyses et de communiquer les progrès de l’enquête, a expliqué le ministre Charette.

«Depuis la toute première vague de poissons morts, nous sommes en communication quotidienne entre le ministère de l’Environnement du Québec, le ministère de la Faune, des Forêts et des Parcs et la Santé publique.» 

Le ministre Charette a aussi tenu à rassurer la population en affirmant que ces nouveaux éléments «sont encourageants, qu’on se rapproche potentiellement de la source du problème».

Il s’est aussi dit soulagé que la mort de ces poissons ne devrait pas affecter la santé publique, étant donné qu’il ne s’agirait pas d’un déversement ou d’un contaminant de nature chimique. C’est, selon le ministre, par un procédé d’élimination que «les éléments les plus inquiétants ont pu être écartés». 

Le ministère de l’Environnement ne craint pas non plus, pour l’instant, pour l’écosystème de la rivière et pour l’impact de ces événements sur l’environnement.

Une centaine de spécimens morts mercredi

Par ailleurs, le ministère de la Faune, des Forêts et des Parcs a rapporté un quatrième épisode de mortalité massive de poissons dans l’est de Gatineau, mercredi.

Le porte-parole du ministère, Nicolas Bégin, ne précise pas dans quel cours d’eau les poissons ont été retrouvés, mais souligne qu’il y a environ une centaine de spécimens cette fois-ci. Ils ont été trouvés dans le secteur Masson-Angers.

«Notre équipe était sur les lieux mercredi jusqu’en soirée. De nouveaux échantillons seront transmis pour des analyses. Nous retournons sur place aujourd’hui (hier).»

Il s’agit du quatrième épisode du genre depuis le début de l’été. Chaque fois, des poissons de plusieurs espèces différentes ont été retrouvés sur la rive, soit de la rivière du Lièvre ou de la rivière des Outaouais – à l’est de l’endroit où la Lièvre coule dans la rivière des Outaouais.

Chaque fois, des poissons de plusieurs espèces différentes ont été retrouvés sur la rive, soit de la rivière du Lièvre ou de la rivière des Outaouais – à l’est de l’endroit où la Lièvre coule dans la rivière des Outaouais.

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LA VILLE DE GATINEAU S'OCCUPERA DES CARCASSES

La Ville de Gatineau procédera à l’enlèvement des carcasses de poissons au cours de la journée de vendredi. 

À partir de la matinée, un entrepreneur privé se déplacera à bord d’un bateau sur la rivière du Lièvre et jettera les poissons morts aux ordures, a confirmé le directeur des communications de Gatineau, Jean Boileau.

La Direction de santé publique (DSPU) du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l’Outaouais a tenu à rappeler certaines consignes de précaution. 

Pour les pêcheurs, notamment, la DSPU recommande fortement de ne pas consommer les poissons pêchés «dans les zones où il existe un risque de contamination bactérienne (interdiction de baignade), une pollution évidente (rejets d’égouts industriels ou municipaux, etc.), ou des poissons morts». 

L’organisme conseille aussi de ne pas consommer de poissons qui sont déjà morts, affaiblis ou dont l’apparence est anormale ou différente. 

Pour ceux qui souhaitent se baigner ou pratiquer des sports aquatiques dans les rivières du Lièvre et des Outaouais, «n’avalez pas l’eau dans laquelle vous vous baignez. Baignez-vous si possible dans des endroits où la qualité de l’eau est régulièrement analysée et où les résultats des analyses sont affichés. Si l’eau a une couleur ou une odeur particulière ou anormale, évitez la baignade à cet endroit et avisez les autorités municipales.»

Quant à la consommation de l’eau de rivière ou de lac, «nous ne recommandons pas la consommation d’eau non traitée». 

Par ailleurs, l’eau des puits résidentiels doit respecter les critères du Règlement sur la qualité de l’eau potable.