Geneviève Guilbault n’a pas voulu dire vendredi si elle était flattée que son chef François Legault pense à elle pour le poste de vice-première ministre. «Ce qui me flatte, c’est qu’on voit grand pour la CAQ.»

Plusieurs recrues dans un éventuel conseil des ministres de la CAQ

Le conseil des ministres d’un éventuel gouvernement caquiste ferait la part belle aux recrues.

Parmi celles qui pourraient y accéder, si elles l’emportaient lundi soir et si la Coalition avenir Québec (CAQ) formait le prochain gouvernement, mentionnons les noms de Nadine Girault (candidate dans Bertrand, qui a oeuvré dans plusieurs grandes institutions financières), d’Éric Girard (dans Groulx, qui a été trésorier de la Banque Nationale), de Gilles Bélanger (dans Orford, un entrepreneur), de Danielle McCann (dans Sanguinet, qui a été pdg de l’Agence de santé et de services sociaux de Montréal), de l’avocat Jean Boulet (qui se présente dans Trois-Rivières), de Pierre Fitzgibbon (dans Terrebonne, qui a notamment travaillé dans le domaine bancaire) et de Sonia LeBel (l’ex de la Commission Charbonneau, qui court dans la circonscription de Champlain) —  et qui, même si elle a été conseillère au sein du cabinet de François Legault depuis février 2017, postule pour la première fois une fonction de députée.

Chez les nouveaux venus, la haute direction de la CAQ ferait également une place au conseil des ministres à Chantal Rouleau (candidate dans Pointe-aux-Trembles, qui a été mairesse d’arrondissement à Montréal), ainsi qu’au docteur Lionel Carmant (qui se présente dans Taillon). Mais l’élection de ces deux derniers n’est pas acquise à cette heure-ci, pas plus qu’elle ne l’est pour les candidats caquistes dans Orford et dans Bertrand.

Il y aurait aussi, dans cet éventuel conseil des ministres de la CAQ, Christian Dubé et Marguerite Blais, qui eux ont déjà siégé à l’Assemblée nationale. 

Mentionnons également les noms de Simon Jolin-Barrette, de Jean-François Roberge, de François Bonnardel, de François Paradis, de Nathalie Roy, d’Éric Caire et aussi celui de Geneviève Guilbault — tous des députés sortants, ceux-là.

Ne feraient pas partie de la première cohorte ministérielle, et ce, même s’ils étaient élus, selon ce qui est envisagé pour l’instant : l’ex-policier Ian Lafrenière, l’ancien journaliste Louis Lemieux, l’économiste Youri Chassin et l’ex-numéro deux de la Ville de Québec, Jonatan Julien, qui en seraient tous à leurs premiers pas au Parlement.

Vice-première ministre

Le nom de Geneviève Guilbault, députée sortante de Louis-Hébert, a pris du galon aux côtés de celui de Sonia LeBel pour occuper le poste de vice-première ministre d’un éventuel gouvernement Legault. Les deux sont pressenties à l’heure actuelle.

Ce qui est sûr, c’est qu’un gouvernement caquiste conférerait davantage de poids à la fonction de vice-premier ministre, indique un volet du «plan de transition» de la Coalition avenir Québec obtenu par Le Soleil plus tôt cette semaine.

Cet éventuel conseil des ministres serait «paritaire», composé d’une moitié d’hommes et d’une moitié de femmes. Il devrait compter entre 20 et 25 ministres. Le conseil des ministres sortant du gouvernement de Philippe Couillard compte 26 membres.

La formation du conseil des ministres d’un éventuel gouvernement Legault interviendrait à la mi-octobre, ce qui est conforme au délai s’écoulant habituellement à partir du jour de scrutin.

Fin novembre au Parlement

Selon ce que prévoit le plan de transition de la Coalition avenir Québec, le retour à l’Assemblée nationale s’effectuerait à la fin novembre. Il s’écoulerait donc plus d’un mois entre la formation du conseil des ministres et le retour des élus au Salon bleu de l’Assemblée nationale.

Le gouvernement sortant, s’il était réélu lundi, a prévu, lui, que le retour au Parlement s’effectuerait le 13 novembre.

Que ce soit celle de Philippe Couillard ou une autre, toute nouvelle équipe gouvernementale peut fixer la date de son choix pour le retour au Parlement, ce qui se fera par une proclamation du lieutenant-gouverneur — sur avis de ce nouveau gouvernement.

La direction de l’Assemblée nationale rappelle que la seule limite constitutionnelle concernant la date de convocation des députés découle de l’article 5 de la Loi constitutionnelle de 1982, qui oblige les assemblées à tenir au moins une séance tous les douze mois.

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GUILBAULT ET LEBEL RESTENT PRUDENTES

Pressentie pour devenir vice-première ministre du Québec, la candidate Geneviève Guilbault a réagi prudemment en point de presse vendredi. «Ma seule ambition, je vous la donne de but en blanc, c’est d’être députée de Louis-­Hébert le 2 octobre au matin.» Mme Guilbault n’a pas voulu dire si elle était flattée que le chef pense à elle pour ce poste. «Ce qui me flatte, c’est qu’on voit grand pour la CAQ.»

La candidate semblait toutefois d’accord avec l’idée que le poste de vice-premier ministre soit réservé à une femme. «Si il y a effectivement une volonté d’attribuer un poste-clé, quel qu’il soit, à une femme, bien c’est certainement pas moi qui serai opposée.» 

Sonia LeBel, qui était vendredi à Sept-Îles et Baie-Comeau, ne s’est pas commise directement sur son intérêt à jouer un rôle-clé dans un éventuel gouvernement de la CAQ comme celui de vice-première ministre. «Quand j’ai joint le cabinet de François Legault il y a un an et demi comme directrice adjointe, on était troisièmes dans les sondages», a-t-elle souligné.

«J’ai toujours dit à M. Legault que peu importe le rôle qu’il m’attribuerait, je serais présente et je serais là pour faire valoir mon opinion, c’est certain», a ajouté la candidate de la CAQ dans Champlain, affirmant également que M. Legault s’était entouré d’une équipe «forte et compétente», ce qui, selon elle, était «le signe d’un vrai chef». 

Patricia Cloutier et Steeve Paradis