Dès le 17 octobre, la SQDC prévoit posséder un réseau d’une vingtaine de succursales à travers la province.

Plus de 5300 CV à la Société québécoise du cannabis

Alors que plusieurs employeurs peinent à dénicher de nouveaux talents, la Société québécoise du cannabis (SQDC) fait courir les foules, et ce, même avec un salaire de 14 $ de l’heure. L’organisation a reçu plus de 5300 curriculum vitæ... pour combler ses 400 postes à court terme, a appris Le Soleil.

Dès le 17 octobre, la SQDC prévoit posséder un réseau d’une vingtaine de succursales à travers la province, dont au moins trois dans la grande région de Québec. Chaque point de vente devrait compter une vingtaine de travailleurs.

L’objectif de la direction est d’augmenter son nombre de magasins à 80 d’ici mars 2021. À terme, la société d’État pourrait être une famille de près de 2250 employés.

Selon une demande d’accès à l’information, déjà une dizaine de paires de bras travaillaient pour la SQDC au début du mois d’août. Le conseil d’administration est également sur le point d’être officialisé.

Au cours des derniers mois, l’organisation était principalement à la recherche de conseillers, de directeurs et de directeurs adjoints pour ses succursales. Quatorze sites ont jusqu’à présent été confirmés.

«Nous avons reçu des candidatures de partout à travers le Québec. Nous collaborons avec une firme pour évaluer ces personnes. Une fois qu’elle est sélectionnée, il y a une première entrevue téléphonique. Ensuite, il y a une entrevue par Skype», explique au Soleil Mathieu Gaudreault, porte-parole pour la Société des alcools du Québec (SAQ), l’organisation qui chapeaute le déploiement de la SQDC.

Il précise que tous les dossiers des candidats demeureront dans une banque de candidatures pour une période d’un an. Il ajoute que cette liste sera «exclusive» à la SQDC. Elle ne servira pas lors des processus d’embauche à sa filiale soeur, la SAQ.


« Nous sommes très satisfaits de l’évolution des appels de candidatures, du nombre et de la qualité des candidats »
Mathieu Gaudreault, porte-parole pour la Société des alcools du Québec (SAQ), l’organisation qui chapeaute le déploiement de la SQDC

Par ailleurs, chaque candidat retenu doit montrer patte blanche. Il ne doit pas détenir de casier judiciaire. Les dossiers sont analysés par la Sûreté du Québec.

«Très satisfaits»

«Nous sommes très satisfaits de l’évolution des appels de candidatures, du nombre et de la qualité des candidats», note M. Gaudreault, précisant que son organisation ne s’était pas fixé d’objectif. Et qu’il est aussi toujours possible de postuler.

Comment expliquer cet engouement? «Nous avons des avantages sociaux substantiels. On parle d’un régime de retraite et d’une assurance collective avantageux ce qu’on ne retrouve pas toujours dans le commerce de détail», répond M. Gaudreault.

Pour le 14 $ de l’heure pour un poste de conseiller, il faut dire que les employés de la SQDC pourraient faire rapidement une demande de syndicalisation. Il ne serait pas surprenant de voir que l’un des enjeux des négociations porte sur la rémunération. Actuellement, une progression salariale est prévue après 1040 heures travaillées.

En juin, le président de la CSN, Jacques Létourneau, mentionnait que «de façon générale, dans le secteur public québécois, il n’y a pas personne qui commence en dessous de 19,50 $ l’heure».

Au Québec, le salaire minimum est de 12 $ de l’heure.

Pour les amateurs de chiffres, à titre de comparaison, en juin dernier, près de  23 800 personnes ont répondu à l’appel de candidatures dans la fonction publique. Environ 1500 postes étaient à pourvoir.