Selon le Regroupement québécois des résidences pour aînés, près de 20 000 préposés travaillent actuellement dans les résidences pour aînés de la province.

Plaidoyer pour les travailleurs des résidences et des CHSLD privés

Le Parti québécois, Québec solidaire et le syndicat des Teamsters demandent au gouvernement Legault d’agir pour améliorer les conditions des travailleurs et des travailleurs des CHSLD privés et des résidences privées pour aînés.

En conférence de presse, mardi matin, le représentant des Teamsters, Stéphane Lacroix, a souligné que les préposés aux bénéficiaires, par exemple, sont payés entre 13 $ et 15 $ de l’heure au privé, alors que ceux du secteur public gagnent autour de 20 $ de l’heure. 

«Cette disparité de salaire est inacceptable, et elle crée une pénurie de main-d’œuvre qui a un impact sur la qualité des soins qui sont donnés aux aînés des résidences et des CHSLD privés et sur la santé des travailleurs et des travailleuses», a fait valoir M. Lacroix, qui réclame un décret «qui ferait en sorte d’améliorer les conditions du personnel des résidences et des CHSLD privés».

«On demande également au gouvernement Legault de faire un changement au niveau des ratios résidents-travailleurs. Il va falloir que le gouvernement se penche sur le nombre de gens dont on a besoin», ce qui aurait pour effet de diminuer les accidents de travail et les cas d’épuisement professionnel, a-t-il ajouté.

Selon lui, «on a autant besoin du privé qu’on a besoin du public». «Il faut donc offrir les mêmes conditions de travail aux gens qui œuvrent dans un secteur ou dans l’autre», juge M. Lacroix.

C’est aussi ce que croit le député Harold Lebel, porte-parole du PQ en matière d’aînés et de proches aidants. «Le public n’arrivera pas à offrir la place pour tous les aînés. On a besoin des résidences privées, on a besoin que ce soit des services de qualité, on a besoin aussi que les gens qui travaillent dans ces résidences-là aient des conditions de travail qui sont humaines et qui font en sorte qu’on donne des bons services», a-t-il dit.

Dans un communiqué de presse diffusé mardi après-midi, le Regroupement québécois des résidences pour aînés (RQRA) a tenu à «rétablir certains faits». «Plus de 140 000 aînés ont choisi d’élire domicile dans les quelque 1800 résidences pour aînés que compte le Québec. Les résultats d’un récent sondage mené par la firme Léger sont très clairs : les gens adorent leur milieu de vie», alors que 94 % se sont dits satisfaits de leur résidence, rappelle-t-on.

Selon le président-directeur général du RQRA, Yves Desjardins, «il est important de souligner que la clientèle et les besoins de celle-ci ne sont pas les mêmes que ceux des gens hébergés en CHSLD». «Il n’y a pas de comparaison qui tienne», estime-t-il.

Réseau fragile

Selon le RQRA, près de 20 000 préposés travaillent actuellement dans les résidences pour aînés de la province. Le réseau est en croissance, mais fragile, souligne-t-on. «On déplore en effet la fermeture de près de 450 résidences pour aînés depuis 2014, entraînant le déracinement de milliers d’aînés contraints de trouver un nouveau milieu de vie adapté à leurs besoins», rappelle M. Desjardins.

Le pdg du RQRA attribue cette situation à l’augmentation importante des dépenses d’exploitation des résidences pour aînés et au resserrement des exigences gouvernementales, notamment. 

Selon lui, il faut tenir compte de la capacité de payer limitée des aînés. «On assiste depuis quelques années à un rehaussement des salaires des employés du secteur. Sa progression doit s’effectuer en tout respect des ressources financières des résidents. Il en va de la survie de centaines de résidences pour aînés, qui, rappelons-le, s’avèrent des partenaires essentiels d’un réseau public de santé ne pouvant assumer seul la grande responsabilité de prendre soin de nos aînés», fait valoir M. Desjardins.