La journaliste au quotidien La Voix de l’Est et auteure du livre Extinction de voix, Marie-Ève Martel, était à Trois-Rivières mardi à l’occasion d’une rencontre animée par la journaliste au Nouvelliste et présidente de la FPJQ Mauricie, Paule Vermot-Desroches.

Plaidoyer pour les médias régionaux

TROIS-RIVIÈRES — «Une fois qu’un média n’est plus là, c’est à ce moment qu’on constate qu’il y a un vide». Ces dernières années, plusieurs communautés du Québec ont été confrontées à cette réalité lorsque le média local est disparu, a rappelé la journaliste Marie-Ève Martel mardi lors d’une conférence présentée à Trois-Rivières.

Journaliste au quotidien La Voix de l’Est et auteure du livre Extinction de voix, publié chez Somme toute, sur la situation des médias locaux et régionaux, Marie-Ève Martel était l’invitée de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) section Mauricie à l’occasion d’une rencontre tenue à la librairie Poirier.

Cette discussion à laquelle assistait une quarantaine de personnes, dont le député de Trois-Rivières, Robert Aubin, et des conseillers municipaux de Trois-Rivières, était animée par la journaliste au Nouvelliste et présidente de la section régionale de la FPJQ, Paule Vermot-Desroches.

«Les médias locaux et régionaux ne seront pas là pour toujours si rien n’est fait pour les aider», estime Marie-Ève Martel, journaliste et auteure du livre Extinction de voix.

Lors de la conférence, Marie-Ève Martel a démontré l’importance qu’ont les médias locaux et régionaux pour leurs communautés. «On les tient un peu pour acquis. Ils sont toujours présents lors des événements ou des conférences de presse, mais on oublie qu’ils peuvent disparaître avec la conjoncture actuelle», précise-t-elle.

Le glissement des revenus publicitaires des médias régionaux et locaux vers les géants du web que sont Facebook et Google fragilise énormément ces organes de presse.

«On est dans une tempête parfaite. On a des médias qui continuent à payer pour produire de l’information et à la diffuser. Et malheureusement, les consommateurs ne paient pas pour s’informer et les annonceurs se détournent vers Facebook, Google et compagnie. Donc finalement, ces médias n’ont plus de redevances pour les contenus qu’ils produisent à perte», ajoute Marie-Ève Martel.

L’auteure d’Extinction de voix rappelle que ces dernières années, les compressions de personnel et les fermetures sont nombreuses dans les médias régionaux et locaux. «Il y a une quarantaine d’hebdomadaires qui ont fermé au Québec uniquement depuis les huit dernières années. C’est énorme», note-t-elle.

Depuis la publication de son livre l’automne dernier, la journaliste à La Voix de l’Est a participé à plusieurs rencontres avec des citoyens intéressés par l’état de la presse écrite et de l’information régionale. Mardi soir, les questions ou commentaires du public touchaient notamment l’importance d’une presse en santé pour les collectivités ainsi que sur le rôle des médias professionnels à l’heure des fausses nouvelles et autres «faits alternatifs».

Chaque rencontre avec des citoyens permet aussi de bien définir le métier de journaliste et son rôle dans une saine démocratie. Ce fut d’ailleurs le cas mardi à Trois-Rivières.

«Beaucoup de personnes comprennent mal notre métier, alors c’est l’occasion de leur expliquer comment ça fonctionne un média. On aborde aussi souvent tout le processus de collecte d’information et ce qui guide les décisions de parler d’un sujet. Il y a encore des gens qui pensent qu’il faut payer pour être dans le journal, ce qui est totalement faux», note l’auteure et journaliste.

«Beaucoup de gens ne comprennent pas non plus que nous sommes neutres et que nous ne prenons pas parti.»

Paule Vermot-Desroches était très heureuse de la réponse du public. «De voir autant de gens s’intéresser à l’information régionale, c’est très motivant. Des citoyens étaient ici pour poser des questions très lucides et intéressées, c’est encourageant», a-t-elle mentionné après la rencontre.