La tornade de dimanche vue à partir de l'est de Gatineau.

Phénomènes météorologiques violents: la fréquence «pourrait augmenter»

La fréquence des phénomènes météorologiques violents comme la tornade qui a frappé Ottawa dimanche «pourrait augmenter» en raison des changements climatiques, prévient Environnement Canada.

Météorologue pour l’agence fédérale, André Cantin a fait savoir, lundi, que certains de ses collèges se trouvaient sur le terrain, pour mesurer l’ampleur des dommages causés par la tornade qui a balayé le secteur Orléans en début de soirée dimanche.

« On ne mesure pas directement la force des vents, parce que c’est très rare que la tornade va tourner au-dessus d’une station – et si ça passait au-dessus, probablement que la station ne résisterait pas », a-t-il expliqué.

Puisque la tempête a frappé en zone urbaine, la technologie a évidemment permis la multiplication des photos et vidéos de l’événement. Il n’y a donc « pas de doute » que c’était une tornade, souligne M. Cantin. Les données préliminaires recueillies dimanche soir avaient permis à Environnement Canada de classer la tornade dans la catégorie EF1, une position qui était maintenue lundi.

« Cette tornade est en bas de la catégorie EF1, dont les vents atteignent entre 100 et 140 km/h », a indiqué M. Cantin, en précisant que ce type de tornade n’est pas étranger à la région de l’Est ontarien.

Selon Environnement Canada, la tornade s’est déplacée sur une distance de 27 à 30 kilomètres, entre le boulevard Orléans et le secteur Cumberland. Elle a été observée au-dessus de l’île Pétrie et de la rivière des Outaouais. L’œil de la tornade aurait frôlé la rive québécoise, où de la grêle est tombée. « C’est possible qu’il y ait eu deux tornades, mais cela reste à confirmer, poursuit M. Cantin. Il pourrait s’agir de la même qui s’est reformée ailleurs. »

Fréquence

Les tornades du 21 septembre dernier sont encore bien fraîches dans la mémoire des résidents de la région. La plus intense, qui avait atteint la catégorie EF3 avec des vents allant jusqu’à 265 km/h, avait durement frappé les quartiers Dunrobin, à Ottawa, et Mont-Bleu, à Gatineau.

André Cantin souligne que toutes catégories confondues, de six à sept tornades par année sont confirmées au Québec. Ce nombre grimpe à 12 pour l’Ontario. Dans « la grande majorité » des cas, il s’agit de tornades de force EF0 ou EF1.

« Avec les changements climatiques et le réchauffement des températures moyennes, ce qui est prévu, c’est que la fréquence de ce genre de phénomènes pourrait augmenter, expose M. Cantin. Mais ça peut être des orages violents avec de forts vents sans que ce soit nécessairement une tornade, et ce ne sera pas une augmentation de fréquence astronomique. »

Prévisibilité limitée

La tornade de dimanche a frappé quelques minutes avant que le système En alerte envoie un avertissement. André Cantin a expliqué que dans le cas de tornades EF0 ou EF1, les conditions observées dans les moments qui précèdent leur formation sont souvent à la limite de ce qui cause simplement des orages violents.

« Si les conditions avaient été très favorables à une tornade EF2 ou plus, l’alerte aurait pu être donnée plus tôt, mais généralement, c’est de 15 à 30 minutes maximum avant, a mentionné le météorologue. Pour les EF0 et EF1, ce sont celles qu’on a le plus fréquemment au Québec, mais ce sont celles qui sont le plus difficilement prévisibles. Si la tornade est détectée, les alertes sont émises par la suite pour les régions en amont, mais pour les premiers endroits, l’alerte est malheureusement en retard. C’est souvent le cas pour ce type de tornade. »

Avec Louis-Denis Ebacher, Le Droit