Les gels désinfectants et les masques de protection sont presque impossibles à trouver sur les étalages des pharmacies d'Ottawa et de Gatineau.

Pharmacies, églises et agences de voyages touchées par le COVID-19

Les impacts du coronavirus se font sentir dans la région de la capitale fédérale, des bancs d’église aux tablettes des pharmacies en passant par les réservations de croisières auprès d’agences de voyages.

Les fidèles qui fréquentent la cinquantaine de paroisses de l’Archidiocèse de Gatineau remarqueront par exemple lors de leur prochaine visite que tous les bénitiers ont été retirés à l’entrée des églises afin de limiter la propagation des microbes et infections.

Sous la recommandation de l’Assemblée des évêques catholiques du Québec, l’organisation a distribué dans les derniers jours des avis aux paroisses pour leur demander à ce que le curé présente les hosties exclusivement aux paumes des mains des gens lors de la communion et non à la bouche, comme c’est de coutume dans certains cas. Bien entendu, on recommande au curé de se laver les mains à la fois avant et après l’opération.

Jusqu’à nouvel ordre, fini aussi les poignées de main, car le geste de la paix ne sera plus effectué lors des messes.

Des bouteilles de gel antiseptique ont été installées à l’entrée des églises et on demande aux paroissiens de s’abstenir de fréquenter les églises s’ils sont malades.

«Toutes les mesures de précaution sont prises pour parer à toute éventualité. C’est pris très au sérieux», affirme la porte-parole de l’Archidiocèse, Suzie Arsenault.

Pénurie de masques et de désinfectants

Par ailleurs, une petite visite dans les pharmacies d’Ottawa ou de Gatineau vous permettra de constater que les gels désinfectants et les masques de protection sont presque impossibles à trouver sur les étalages.

«Des masques, ça fait au moins trois semaines qu’on n’en a plus. Quand tout le dossier du coronavirus a commencé à prendre de l’ampleur, tout le monde s’est garroché là-dessus, alors que c’est quelque chose qu’on vend très rarement en temps normal. On a reçu une commande de 50 ou 60 et c’est parti le temps de le dire. Pour les désinfectants, nos fournisseurs sont à court de stock, mais on va en recevoir d’autres. Il y a une pénurie, le même scénario qu’il y a 20 ans avec le SRAS se répète», affirme le pharmacien Daniel Coulombe, propriétaire d’une succursale Uniprix.

La même histoire se répète à la pharmacie Brisson, dans le marché By.

«On attend une commande de masques depuis presque un mois, elle nous avait été promise pour aujourd’hui (mardi). On ne peut même plus communiquer avec les fournisseurs, ils sont débordés d’appels et de courriels. On a reçu des désinfectants à l’alcool, mais tout a été vendu. En fait, pour n’importe quel produit qui contient de l’alcool, y compris de l’alcool tout simplement (à friction), du gel ou des tampons, il y a une pénurie. On essaie que ce soit distribué de façon raisonnable», lance le pharmacien Jean Brisson.

Selon lui, la panique est une «réaction naturelle» étant donné la forte médiatisation du dossier, mais il est d’avis que le respect des mesures d’hygiène de base suffit et qu’il est inutile de faire des achats en grande quantité.

Et les croisières...

Quant aux agences de voyages, elles subissent sans surprise les contrecoups de la recommandation du gouvernement fédéral d’éviter tout voyage en bateau de croisière.

Selon la copropriétaire de l’agence Club Voyages Guertin, Johanne Mondor, la situation est un peu exagérée même si elle comprend que les gens aient des craintes. À son avis, les compagnies de croisières devraient par exemple systématiquement obliger les voyageurs à se laver les mains quand ils entrent dans les salles à manger, une mesure qui n’était pas en vigueur il y a quelques semaines.

«Je trouve qu’on joue sur les mots. Hier (lundi) était une journée difficile, mais on a passé au travers. Ça fait peur à beaucoup de gens, avec raison sachant tout ce qui s’est passé et le fait que les 65 ans et plus sont notre clientèle cible pour ce type de voyage. Notre travail, c’est de les rassurer. Quand ils téléphonent pour savoir s’ils doivent annuler leur voyage, on leur rappelle que rien ne les oblige à prendre une décision dans l’immédiat. Ceux qui choisiront d’annuler recevront un remboursement complet ou un crédit pour une future croisière. D’autres qui ne voyagent qu’en septembre s’informent déjà, mais on leur dit qu’il est beaucoup trop tôt pour savoir ce qui se passera», dit-elle.

Cette dernière souligne toutefois qu’on ne constate pour l’instant pas de répercussions sur les réservations pour des voyages en Italie, un pays très affecté par le coronavirus, puisque la haute saison pour y faire une escapade s’étale plutôt de mai à octobre. Quant aux voyages en formule tout inclus dans le Sud, on ne dénombre qu’une seule annulation depuis quelques semaines.