: « C’est vraiment grâce au football que je suis resté à l’école », affirme le Sherbrookois Marc-Olivier Côté qui entamera prochainement sa première saison de football auprès des Voltigeurs du Cégep de Drummondville.
: « C’est vraiment grâce au football que je suis resté à l’école », affirme le Sherbrookois Marc-Olivier Côté qui entamera prochainement sa première saison de football auprès des Voltigeurs du Cégep de Drummondville.

Persévérance scolaire et COVID-19 : quels seront les impacts?

Sabrina Lavoie
Sabrina Lavoie
La Tribune
Selon Marc-Olivier Côté, « il faut absolument s’accrocher à un but ». Celui qui commencera sous peu sa première saison avec l’équipe de football des Voltigeurs au Cégep de Drummondville se dit « motivé et focus » malgré les conséquences de la pandémie actuelle.

Pourtant, Marc-Olivier Côté confie être l’un de ceux pour qui l’école n’a pas toujours été une partie de plaisir. Dès les premières années, à l’école primaire Notre-Dame-du-Rosaire, le jeune homme avait été ciblé comme un étudiant vulnérable.

« J’avais un professeur d’orthophonie avec lequel je passais quelques heures par semaine, mais c’est vraiment en arrivant au secondaire que j’ai su que ça allait être difficile. J’étais dans un cheminement particulier à l’École internationale du Phare où j’ai pu terminer ma sixième année de primaire et entamer mon secondaire », explique le jeune homme originaire de Sherbrooke.

Marc-Olivier Côté se trouvait alors dans une classe d’appui où se côtoyaient environ 15 jeunes en difficulté d’apprentissage. « Les profs avaient vraiment plus de temps pour faire des suivis personnalisés », raconte-t-il. C’est seulement à partir de la troisième année du secondaire qu’il a pu joindre ses amis dans le cheminement régulier.

« L’école ce n’était pas ce que je préférais le plus, disons. Fallait vraiment que je me trouve un but pour avancer. Et j’ai réussi », mentionne celui qui a récemment obtenu son diplôme à l’âge de 19 ans.

« C’est vraiment grâce au football que je suis resté à l’école »

 Marc-Olivier Côté a persévéré grâce à sa passion, soit le football. « J’ai commencé à jouer pour le plaisir vers la fin du primaire. Chaque année, je gagnais des prix d’excellence. Pour moi, c’était évident que c’était le chemin à prendre. »

Vers la troisième année du secondaire, il a été approché par l’équipe de niveau collégial des Voltigeurs de Drummondville alors qu'il était âgé de 17 ans, l'âge habituelle d'entrer au Cégep. « On m'avait expliquer à ce moment que je devais terminer mes études pour être repêché plus tard », raconte le Sherbrookois qui avait alors eu la dose d’énergie nécessaire pour continuer son parcours scolaire.

Ainsi, Marc-Olivier Côté entreprendra sa première année au Cégep de Drummondville dès l’automne. Si tout se passe comme prévu, il aimerait poursuivre ses études universitaires afin de devenir professeur d’éducation physique.

« Je carbure aux défis, révèle-t-il. Les mathématiques sont encore pour moi un vrai cauchemar, mais mon attitude positive m’a toujours permis de réaliser mes objectifs », indique celui qui aimerait être recruté dans une équipe de football universitaire par la suite.

Pour l’instant, même si la saison régulière de football a été repoussée de quelques semaines à cause de la pandémie, Marc-Olivier Côté mentionne être plus motivé que jamais.

« Je ne suis pas vraiment inquiet ni stressé. Le taux de réussite scolaire est excellent dans l’équipe des Voltigeurs. J’ai un plan d’intervention afin d’assurer un certain équilibre entre le sport et les études et je n’ai jamais eu peur de demander de l’aide quand c’est nécessaire », révèle celui qui devra d’abord faire une session de transition avant de commencer son diplôme d’études collégiales en sciences humaines.

La campagne « Reste à l’école » plus nécessaire que jamais?

 Dans le but de valoriser la poursuite des études auprès des jeunes de 3e, 4e et 5e secondaire, le Centre de services scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSSRS) en collaboration avec la Fondation pour les élèves de la CSRS lance à nouveau cette année sa campagne « Reste à l’école » pour encourager la persévérance scolaire.

Bien que certains jeunes comme Marc-Olivier Côté s’en sortent plutôt bien, le directeur de la Fondation pour les élèves de la CSRS, Serge Audet, affirme qu’une augmentation du taux de décrochage pourrait être remarquée compte tenu les circonstances actuelles.

« Les statistiques s’améliorent d’année en année, mais on remarque que certains élèves ont profité de la récente période d’arrêt pour se trouver du travail. D’autres n’ont tout simplement pas assisté aux cours en ligne par manque d’intérêt », mentionne M. Audet.

Dans le cadre de la relance 2020-2021, près de 300 élèves ont été ciblés par les équipes-écoles du secondaire du CSSRS. « Habituellement, le nombre varie plutôt entre 200 et 250 », note celui qui garde toutefois espoir.

Depuis le mois de mars 2020 et jusqu’à la fin de la dernière année scolaire, les élèves absents aux cours en ligne ont fait l’objet de dépistage et ont été invités à participer à des rencontres collaboratives. Un suivi soutenu et personnalisé a également été fait auprès des élèves en questionnement sur leur cheminement scolaire.

« Ces élèves font l’objet d’une vigie constante par les différents partenaires pour s’assurer qu’ils poursuivent leur cheminement scolaire, en plus d’être référés au Goéland, en formation professionnelle ou au Centre Saint-Michel, en cas de besoin », assure-t-on.