L'Agence des services frontaliers ont mené mardi une perquisition à l'entreprise Delastek.

Perquisition des services frontaliers chez Delastek

SHAWINIGAN — L’étau se resserre autour de la direction de Delastek soupçonnée par son syndicat en grève depuis avril 2015 d’avoir recours à des briseurs de grèves et des travailleurs étrangers illégaux. L’Agence des services frontaliers du Canada a d’ailleurs mené une perquisition mardi afin de «recueillir de la preuve» pour son enquête.

«Nous avons des agents de notre section des enquêtes criminelles qui sont là pour effectuer une perquisition dans le cadre d’une enquête sur l’embauche de travailleurs illégaux», a confirmé en après-midi Véronique Lalime, conseillère en communications à l’Agence des services frontaliers du Canada.     

Si l’enquête démontre que Delastek a bien embauché des travailleurs étrangers illégaux, l’entreprise et ses dirigeants peuvent faire face à des accusations en vertu de la Loi sur les douanes et de la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés. 

Le président du Local 1209 d’Unifor, Alexandre Maranger, n’était pas surpris d’apprendre mardi matin que l’Agence des services frontaliers menait une perquisition. Il affirme qu’il s’agit de la deuxième fois en quelques semaines que des agents se présentent à l’entreprise. À la mi-octobre, des agents s’étaient rendus sur place pour des vérifications administratives. 

«On voit des travailleurs mexicains passer les lignes de piquetage tous les matins, ils sont entre 15 et 20, et on se demande vraiment ce qu’ils font là. [...] Nous n’avons pas eu aucune visite de l’usine depuis janvier dernier», soutient le président du syndicat en grève depuis avril 2015. 

«Officiellement, l’employeur dit qu’ils sont là pour de la formation. Et pourquoi la formation ne se donne pas au Mexique et pourquoi est-elle aussi longue? On se pose des questions sur ça, mais on ne peut rien affirmer.»

Rappelons que l’employeur avait déjà affirmé vouloir ouvrir une usine au Mexique et disait donner, pour cette raison, de la formation à ses installations de Shawinigan. «Nous attendons comme tout le monde le dénouement de l’enquête. [...] Si ces gens travaillent sur nos emplois alors qu’ils n’ont pas le droit, nous voulons qu’ils quittent rapidement. Déjà que nous avons des problèmes avec les briseurs de grève réguliers», ajoute Alexandre Maranger.

À cet effet, le Tribunal du travail a toutefois déterminé à deux occasions, soutient Alexandre Maranger, que Delastek avait recours à des briseurs de grève. Et une troisième décision sur cette question est attendue prochainement. «Si le conflit dure depuis si longtemps, c’est que l’employeur utilise d’autres travailleurs. [...] Depuis le début, on dit que l’employeur utilise des briseurs de grève et chaque fois qu’on est allé devant le Tribunal du travail, on en a révélé certains», déplore-t-il. 

Le conflit de travail chez Delastek est le plus long en cours au Québec. Les 49 employés tiennent le piquet de grève depuis avril 2015, mais le président du syndicat avoue que le moral des membres est plutôt bas à l’approche de la période des Fêtes. 

«Le conflit est tellement long, que nous nous préparons à vivre notre troisième Noël en grève. Ce n’est pas évident pour les travailleurs», fait-il valoir. «Nous avons perdu quelques membres au début du conflit, mais maintenant c’est stable. Ils sont courageux et veulent continuer le combat.»

Malgré une tentative de notre part, il a été impossible mardi de discuter avec la direction de Delastek.